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Touchette : Une histoire de l'œuf ou l'argent

En optant pour Shea Weber, les Canadiens ont choisi ce qu'ils voyaient comme étant une valeur sûre

par Serge Touchette / Chroniqueur LNH.com

Je m'étais bien promis de ne pas revenir sur l'échange P.K. Subban /Shea Weber avant octobre prochain.

Respirons par le nez, que je me suis dit.

Incapable de tenir ma promesse.

Dans une ville où un joueur des Canadiens de Montréal, en saison régulière ou en vacances, fait la manchette dès qu'il éternue, un chroniqueur ne devrait jamais au grand jamais faire une telle promesse.

Ça m'apprendra.

Montréal a été secoué par un séisme le 29 juin dernier et un peu tout le monde continue d'en ressentir les contrecoups.

Rarement vu pareil phénomène.

Levez la main ceux qui n'ont pas encore commenté la transaction.

L'autre jour, je me suis surpris à me demander comment les fans des Canadiens auraient réagi si leurs favoris avaient échangé Guy Lafleur contre Marcel Dionne au milieu des années 1970 ...

Curieusement, j'ai soudainement eu une pensée pour les vitrines de la rue Ste-Catherine. Anyway.

Maintenant que la poussière retombe graduellement, j'essaie d'y voir un peu plus clair même si j'ai toujours l'impression d'avoir encore une ou deux poussières dans l'œil.

Pas facile d'analyser froidement la situation car je suis un pro-Subban, le premier défenseur à être échangé après avoir déjà gagné le trophée James Norris depuis Chris Pronger, qui était passé des Blues de St. Louis aux Ducks d'Anaheim en août 2005.

Mon œil de spectateur est peiné, mais mon œil de critique reconnait la pertinence de la transaction pour les deux équipes.

L'œuf ou l'argent ? Les Canadiens ont choisi l'argent car ils savent exactement ce qu'ils ont acquis en Weber: un défenseur responsable qui cogne dur, qui lance des roquettes et qui est un leader naturel.

Les Predators, pour leur part, ont préféré l'œuf, c'est à dire un défenseur capable du meilleur comme du pire, un défenseur talentueux et à haut risque capable aussi d'enflammer la foule et de gagner un match à lui seul ou presque.

Bref, les Predators visent le gros lot qu'ils ont été incapables d'atteindre avec Weber.

Et ils le toucheront peut-être.

La question

Cela dit, est-ce que les Canadiens forment véritablement une meilleure équipe ?

Je réponds oui, mais pas seulement à cause de l'arrivée de Weber.  

Ils seront meilleurs d'abord parce que Carey Price, l'homme qui transporte l'équipe sur ses épaules, sera de retour.

Meilleurs aussi en raison de la progression démontrée par Alex Galchenyuk en deuxième moitié de parcours, l'année dernière, et de l'addition d'Andrew Shaw, qui donnera des dents au troisième trio de l'équipe.

Alexander Radulov ? Une intéressante acquisition certes, mais il a encore tout à prouver dans un contexte qui, vous en conviendrez, ne ressemble en rien à la KHL.

Faire danser la ville

Faut-il en déduire que les Canadiens sont mûrs pour rapatrier la Coupe Stanley ?

Un instant, papillon.

À mes yeux, ils sont toujours à court de munitions à l'attaque.

Les neuf meilleurs attaquants des Canadiens, jusqu'à preuve du contraire, sont inférieurs aux neuf meilleurs attaquants des champions en titre, les Penguins de Pittsburgh.

Les Predators ?

Ils seront aussi bons sinon meilleurs avec Subban.

Le défenseur, avec ses qualités comme avec ses défauts, donnera une nouvelle énergie à cette équipe.

Une nouvelle identité aussi.

Et surtout, il voudra prouver plein de choses à ceux qui ont cessé de croire en lui.

Un animal blessé est toujours plus dangereux. Et Subban, quoiqu'on en dise, a été blessé par cette transaction aussi spectaculaire que surprenante.

Pas plus tard que dimanche, il a débarqué dans sa nouvelle ville d'adoption avec toute la splendeur qu'on lui connait.

Il a rencontré les fans et il a saisi l'occasion pour interpréter un succès de Johnny Cash.

Non, il n'a rien à son épreuve, P.K.  

Reste à voir maintenant si, le printemps venu, il réussira à faire danser toute la ville.

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