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Touchette : Un duel de générations

La folle course au trophée Art Ross pour le meilleur marqueur représente la vielle garde contre les intrus

par Serge Touchette / Chroniqueur LNH.com

Avec trois semaines à écouler d'ici la fin de son calendrier régulier, la LNH vit son heure de pointe.

Un peu partout, il y a congestion. Pas seulement parmi les équipes en quête d'une place dans les séries éliminatoires de la Coupe Stanley, mais aussi parmi les premiers de classe engagés dans la course au championnat des marqueurs.

Une course endiablée, enlevante s'il en est une. 

Il n'y pas de limite de vitesse. Juste des joueurs qui se doublent ou s'entrecroisent à une allure folle.

Qui gagnera le trophée Art Ross ?

Faudra probablement un photo-finish pour trancher la question.

Peut-être même deux.

Je souris toujours un peu quand les athlètes, le plus sérieusement du monde, déclarent que les honneurs individuels ont bien peu d'importance à leurs yeux.

J'ai mes doutes là-dessus.

Gagner le trophée Art Ross, ça ne change pas le monde, sauf que ...

À voir notamment Sidney Crosby, des Penguins de Pittsburgh, Connor McDavid, des Oilers d'Edmonton, Brad Marchand, des Bruins de Boston, et Patrick Kane, des Blackhawks de Chicago, jouer du coude depuis des semaines au sommet de la pyramide, le prochain gagnant du Art Ross aura une bien bonne raison de se péter les bretelles.

Et de célébrer sa victoire avec modération.

Non seulement parce que la course est particulièrement corsée, mais aussi parce qu'elle est un peu devenue la bataille des générations.

Le premier depuis Jagr ?

Avant les rencontres de lundi, Crosby, qui fêtera ses 30 ans le 7 août, partageait le sommet avec McDavid, qui a eu 20 ans le 13 janvier.

Les deux joueurs montraient chacun 80 points, un de plus seulement que Marchand et Kane.

Au cinquième échelon, on retrouvait Nicklas Backstrom, des Capitals de Washington, avec 75 points.

Et vous savez quoi ?

La course serait encore plus serrée si Evgeni Malkin, des Penguins, n'avait pas été blessé au cours des dernières semaines. Pour le moment, il affiche 72 points en 62 matchs, un rendement de 1,16 point par match qui est deuxième dans la LNH derrière Crosby (1,23).

Pour un, Kane tente de devenir le premier joueur à enlever le titre une deuxième année de suite depuis Jaromir Jagr, alors avec les Penguins, qui s'était offert quatre Art Ross de suite entre 1997-98 et 2000-01.

Il n'y pas si longtemps, il n'était même pas dans le peloton de tête, Kane. Mais une récolte de 30 points (17 buts, 13 passes) à ses 20 derniers matchs l'a ramené au plus fort de la course.

Il est en feu, monsieur Kane.

Crosby, qui vise un troisième titre, ne dérougit pas non plus. À chaque fois qu'il donne l'impression d'être essoufflé, il revient en force.

Pas plus tard que dimanche, le capitaine des Penguins, qui récemment a connu une séquence de sept matchs sans but, a signé le dixième tour du chapeau de sa carrière face aux Panthers de la Floride.

Les motivations de Crosby sont multiples. Mais il y a fort à parier que l'une d'elles porte le nom de Connor McDavid. Le contraire est également vrai.

Le roi et son dauphin, qu'on se le dise, sont engagés dans un bras de fer à finir.

À la manière de Benn

Cette course n'est pas sans rappeler celle de 2015, qui avait vu Jamie Benn, des Stars de Dallas, se faufiler au sommet contre toute attente.

Récapitulons les faits: Avant le dernier match de la saison régulière, Benn accusait un point de retard sur les co-meneurs, John Tavares, des Islanders de New York, et Crosby.

Puis, coup de théâtre.

Benn a récolté quatre points (trois buts et une aide) dans la victoire des Stars, 4-1 contre les Predators de Nashville, y compris un but et une passe avec seulement deux minutes et des poussières à jouer.

Pendant ce temps, Tavares se payait un but et une passe dans la défaite de 5-4 des Islanders contre Columbus.

Résultat, Benn, grâce à une récolte de dix points à ses trois dernières rencontres, a franchi le fil d'arrivée bon premier avec 87 points.

Et à en juger par les derniers événements, la course de cette année promet une fin non moins spectaculaire.

Qui l'emportera ?

Mon choix: Kane.

Pourquoi ? Aucune idée.

Mais un conseil: ne pariez pas vos vieilles pantoufles là-dessus ! 

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