Skip to main content

Touchette : Un autre coup de dés de Marc Bergevin

L'embauche d'Alexander Radulov représente un autre pari pour les Canadiens, mais celui-là risque d'être un gagnant

par Serge Touchette / Chroniqueur LNH.com

C'est l'histoire du gars qui n'a jamais gagné au loto.

« Je ne gagne jamais, se plaint-il. Je n'achète donc pas de billet ... »

Drôle de raisonnement, en effet.

Marc Bergevin n'a toujours pas gagné le gros lot, mais il a au moins le mérite de tenter sa chance. 

L'autre jour, le directeur général des Canadiens de Montréal s'est procuré un billet de loto. Il a payé 5,75 millions $ pour convaincre Alexander Radulov, l'ex-enfant terrible des Predators de Nashville, de reprendre du service dans la LNH.

Pourquoi ? Pourquoi pas ?

À ceux qui, à l'annonce de la nouvelle, ont fait la grimace, je réponds: « Qu'est-ce que vous préférez ? Un directeur général qui ne prend jamais de risque ou un autre qui n'hésite pas à lancer les dés de temps à autre. »

Poser la question, c'est y répondre.

L'homme de presque 6 millions $ n'est peut-être pas le gros lot, mais il représente une solution de rechange intéressante.

Il aura 30 ans, mardi, et il était un joueur dominant dans la deuxième meilleure ligue sur la planète, la KHL.

Trop fort pour la ligue

Un peu tout le monde l'a dit; Radulov était trop fort pour la KHL.

Je vous ferai grâce de son passé trouble. Plusieurs de mes confrères se sont chargés de raconter, menus détails à l'appui, les multiples débordements d'un parcours qui a été tout sauf banal.

Il n'était pas de tout repos, monsieur Radulov. Comme l'impression que ses professeurs d'école en auraient long à raconter !

Un peu tout le monde affirme qu'il a mûri depuis. Attendons voir un peu avant de lui donner la bénédiction. Pour les joueurs venus d'ailleurs, mûrs ou moins mûrs, l'Amérique est et sera toujours un immense piège.

Radulov n'est pas un enfant de chœur, mais il a du talent.

Et il ne se compare en rien à Alexander Semin, qui s'est révélé un flop durant son court séjour avec les Canadiens, la saison dernière.

La vitesse 

La grande différence entre les deux joueurs ?

Semin était carrément au bout du rouleau. Il avait peine à suivre le jeu tellement il avait ralenti.

À l'observer, on avait souvent l'impression qu'il avait du plomb dans les patins.

En revanche, Radulov a toujours une arme susceptible de lui valoir une place parmi les six meilleurs attaquants des Canadiens: la vitesse.

Non, rien n'est acquis.

Mais il y a des coups de dés qui valent la peine.

L'autre jour, Bergevin en a réalisé un qui pourrait surprendre.

L'histoire du sport professionnel n'est-elle pas là pour nous rappeler qu'un nombre incalculable d'athlètes ont réussi après avoir profité d'un xième chance ?

Coups de cœur  

Cela dit, le marché des joueurs autonomes nous a réservé quelques surprises.

À commencer par Steven Stamkos, qui a choisi de rester à Tampa Bay.

Au cours des semaines qui ont précédé l'ouverture du marché, tout le monde le voyait déjà ailleurs qu'à Tampa.

Aux yeux d'une foule de gens, il portait déjà l'uniforme des Maple Leafs de Toronto. Ou encore celui des Red Wings de Detroit.

C'était mal connaitre l'homme.

Ce n'est pas souvent qu'une vedette en position de force privilégie cette option.

Règle générale, il opte pour le plus offrant.

Or, Stamkos a écouté son cœur. Et sa raison.

Il a décroché un contrat de 68 millions $ pour huit ans et il retrouve sa place au sein d'une équipe qui a des chances de gagner la Coupe Stanley à court terme.

Et quel joueur, je vous le demande, n'aime pas se rendre à l'aréna vêtu d'un bermuda ?

Une excellente acquisition 

Autre coup de cœur: l'embauche de Kyle Okposo par les Sabres de Buffalo.

Âgé de 28 ans, Okposo était probablement le joueur autonome le plus attrayant après Stamkos.

Il est au nombre des attaquants les plus constants du circuit depuis trois ans, lui qui, l'an passé, a accumulé 64 points, le même nombre qu'un certain ... Stamkos.

Et il n'a que 28 ans.

Vraisemblablement, la période de reconstruction tire à sa fin à Buffalo. Avec des joueurs comme Jack Eichel, Sam Reinhart, Ryan O'Reilly, Rasmus Ristolainen, Jake McCabe et Okposo, entre autres, les Sabres n'ont plus rien d'une équipe ordinaire.

En voir plus