Skip to main content

Touchette : Quand l'homme remplace la machine

Le capitaine des Penguins Sidney Crosby est en mission encore une fois

par Serge Touchette / Chroniqueur LNH.com

Je vous lance un défi: Trouvez-moi un compétiteur plus acharné, plus féroce que Sidney Crosby.

Je vous donne dix minutes. Pas plus.

Si vous trouvez mieux, faites-moi signe.

En attendant, je vous souhaite bonne chance. 

Les Penguins de Pittsburgh, bien sûr, ce n'est pas uniquement Sidney Crosby.

Ce serait bien mal les connaitre que d'affirmer le contraire.

Depuis le début des séries éliminatoires de la Coupe Stanley, ils sont nombreux à contribuer aux succès des Penguins, probablement l'équipe qui possède le plus de profondeur à travers le circuit.

Evgeni Malkin, Phil Kessel, Marc-André Fleury, bien qu'il ait cédé le flambeau à Matt Murray, les joueurs de soutien et une défense anonyme en l'absence de son général Kris Letang sont autant de bonnes raisons qui justifient l'avance de 3-2 des Penguins dans la finale de l'Association de l'Est contre les Sénateurs d'Ottawa.

Mais peu de capitaines occupent une place aussi importante que Crosby au sein de leur formation.

La machine, depuis fort longtemps déjà, a remplacé l'homme, mais, à Pittsburgh, on a parfois l'étrange impression que l'homme a remplacé la machine.

Dans le rétroviseur

Crosby continue de rouler à un train d'enfer.

Ses passages à vide sont toujours brefs. Et ses performances toujours aussi inspirantes.

Il suffit de jeter un coup d'œil dans son rétroviseur pour s'en convaincre.

Après un été écourté en raison de la conquête de la Coupe Stanley par les Penguins, l'année dernière, Crosby a juste eu le temps d'enlever ses patins et de les remettre en prévision du tournoi de la Coupe du Monde.

Résultat, il a pivoté le meilleur trio du Canada, qui a remporté les grands honneurs.

Puis le temps de le dire, c'était le début d'une nouvelle saison dans la LNH.

Et Crosby, comme si de rien n'était, s'est remis en selle.

Et il est reparti au galop.

Il a remporté le trophée Maurice Richard grâce à une récolte de 44 buts et il a terminé au deuxième rang des meilleurs marqueurs avec 89 points derrière celui qui a déjà été sacré comme son dauphin, Connor McDavid, des Oilers d'Edmonton.

Et depuis le début des présentes séries, Crosby a accumulé sept buts et 12 mentions d'aide en 16 rencontres. L'année dernière il a signé 19 points en 24 matchs, ce qui lui a valu le trophée Conn Smythe.

La frousse

Son bilan se lit donc comme suit: à ses 97 derniers matchs (Coupe du Monde, saison régulière et séries éliminatoires incluses), il a inscrit pas moins de 118 points, dont 54 buts.

Dur à battre, en effet.

Fatigué, Crosby ?

Allez-y voir !

Voilà un joueur qui, il n'y pas si longtemps, est revenu en force après avoir subi une autre commotion cérébrale.

Quand on l'a vu s'écrouler lors du match numéro trois de la série contre les Capitals de

Washington, on a aussitôt anticipé le pire scénario.

Fini pour les séries, Crosby ?

Et bien non.

Après avoir raté le match suivant, il était de retour dans la formation. Et il a aidé les siens à éliminer Alexander Ovechkin et les Capitals.

Et depuis le quatrième match de la série contre les Sénateurs, match au cours duquel il a marqué un but comme lui seul peut le faire, il affiche sa forme des grands jours.

Obsédé

Crosby est aussi motivé qu'à ses débuts.

Comme s'il était obsédé à l'idée d'être le meilleur en tout temps.

Il n'est jamais rassasié, Crosby. Jamais.

Dans le monde du hockey, on répète souvent que « tes meilleurs joueurs doivent être les meilleurs » quand vient le temps de trancher.

Et dans les matchs importants, Crosby, on s'entend, est rarement éclipsé. Au contraire, Il trouve une façon d'être meilleur encore.

Une machine, Crosby ?

Bien sûr que non.

Les blessures, parfois sérieuses, qui ont ponctué sa carrière sont là pour nous rappeler qu'il n'en n'est pas une.

Mais ses performances, certains soirs, nous laissent croire qu'il a parfois le pouvoir d'en être une. 

En voir plus