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Touchette : Le Roadrunner et le Coyote

Les Sharks ont pourchassé les Penguins tout au long de la Finale sans jamais réussir à les attraper

par Serge Touchette / Chroniqueur LNH.com

Pour la première fois depuis 2011, la meilleure équipe de la LNH ne se trouvait pas dans l'Association de l'Ouest mais bien dans l'Est.

Les Penguins de Pittsburgh en ont fait la preuve en remportant la Coupe Stanley pour la quatrième fois de leur histoire, dimanche soir. 

Si on retourne quelques jours en arrière, on constate que bien des observateurs, à vrai dire la majorité, avaient prédit une victoire des Sharks de San Jose. Parce qu'ils sont lourds et rapides, qu'on disait sur un ton convaincant.

Tout ce beau monde s'est planté royalement. Moi le premier.

En bout de ligne, l'équipe la plus rapide du circuit a enlevé le précieux trophée. La plus rapide, la plus créative aussi.

Et certainement l'une des plus divertissantes.

Les Penguins, ce n'est pas uniquement une affaire de gardiens de but et d'une défense qui s'applique à faire le mur dans l'attente d'une bonne occasion de marquer.

Non. Les Penguins, c'est une équipe, qui a compris que la meilleure défense passe par l'attaque.

Ils sont constamment en mode attaque, les Penguins.

C'est là une philosophie qui n'est pas sans rappeler celle de son illustre propriétaire, Mario Lemieux, l'un des plus grands joueurs de l'histoire.

L'ancienne vedette des Penguins, qui compte maintenant quatre victoires de la Coupe Stanley à sa collection (deux comme joueur et deux autres comme propriétaire) n'a jamais été un partisan de la formule échec et mat. Il a toujours privilégié la possession de la rondelle, la créativité et la rapidité au détriment du jeu hermétique et trop peu audacieux.

Son directeur général Jim Rutherford a bien compris le message et il a façonné une équipe pour le moins spectaculaire.

Le Roadrunner et le Coyote 

Même si les pointages ne sont pas là pour en témoigner, les Penguins ont dominé cette série finale.

Dans les faits, ils auraient enlevé la série plus tôt si le gardien Martin Jones n'avait pas littéralement volé le match numéro cinq, l'autre jour, à Pittsburgh.

Dimanche, Jones, bien qu'excellent, était à court de miracles.

Les Sharks se sont bien défendus, mais, à l'exemple du Coyote qui, aux dernières nouvelles, n'avait toujours pas attrapé le Roadrunner, ils ont passé la série à courir après les Penguins.

Ils les ont également frappés à souhait, mais ils ne les ont jamais ralentis. Ou si peu.

Il s'en trouvera sûrement pour blâmer les vétérans Joe Thornton, Joe Pavelski et

Patrick Marleau, entre autres, pour l'élimination des champions de l'Ouest.

Mais les gros canons des Sharks ont simplement été éclipsés par les gros canons des

Penguins. Je pense évidemment à Sidney Crosby, Evgeni Malkin et Phil Kessel pour ne nommer que ceux-là.

Crosby et Letang 

Sidney Crosby a été déclaré récipiendaire du trophée Conn Smythe, mais son coéquipier Kristopher Letang le méritait tout autant.

Crosby a excellé dans toutes les facettes du jeu, sans exception. Et surtout, il a réalisé des jeux clés dans les moments importants.

Quand ça comptait, il a déclaré présent à tout coup.

Letang ? Il a participé aux quatre buts gagnants des Penguins; il a fourni une mention d'aide sur les trois premiers et, avec la complicité de Crosby, il a marqué celui de dimanche.

Ce n'est pas tout.

Tout au long des séries, il a joué en moyenne près de 30 minutes par match (28:52) et il a contribué trois buts et 12 aides.

Bref, il a été remarquable. Il a été le quart-arrière par excellence des séries.

Oui, une belle et grande équipe a soulevé la Coupe Stanley, dimanche, à San Jose.

Voilà une très bonne raison pour inciter plusieurs équipes à essayer de l'imiter.

Gordie Howe (suite et fin) 

Parmi les 20 meilleurs buteurs de l'histoire de la LNH, un seul n'a jamais réalisé une saison de 50 buts.

Qui est-il ?

Réponse: Gordie Howe. Surprenant, en effet. Surtout si l'on considère que Howe a marqué 801 buts au cours de son illustre carrière dans la LNH.

À la suite du décès de Monsieur Hockey, on a fait grand état au cours des derniers jours de la grande rivalité entre lui et Maurice Richard dans les années cinquante.

À ce sujet, j'ai été interpellé, l'autre jour, par un extrait tiré de la biographie de Howe (éditions Hurtubise).

Laissez-moi vous racontez: En 1952-53, Howe totalisait 49 buts lorsqu'il a disputé son dernier match de la saison régulière face au Rocket, détenteur du record de 50 buts en 50 matchs à l'époque, et aux Canadiens de Montréal.

Les Canadiens tenaient mordicus à préserver le record du Rocket et l'entraîneur de l'équipe, Dick Irvin, avait pris les grands moyens en confiant à Bert Olmstead le mandat de suivre Howe comme son ombre.

Et Howe avait été tenu en échec.

« Après la rencontre, raconte Howe, Irvin avait laissé exploser sa joie. Il a même été détestable en manifestant la jouissance qu'il retirait à l'idée de m'avoir blanchi. Il s'est aventuré sur la glace et il a levé le bras du Rocket en l'air comme s'il demeurait le champion mondial des poids lourds ... »

Voilà un geste qui, vous l'aurez deviné, n'a surtout pas apaisé la rivalité entre les deux numéros 9. 

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