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Touchette : Le CH doit gérer l'utilisation de Price

Si les Canadiens aspirent aux grands honneurs, ils doivent mettre les chances de leur bord

par Serge Touchette / Chroniqueur LNH.com

Le débat est animé, parfois musclé.

Pourquoi est-ce que Carey Price, du moins occasionnellement, ne pourrait pas commencer deux matchs en l'espace de 24 heures ?

Depuis le début de la présente saison, l'entraîneur des Canadiens de Montréal, Michel Therrien, enflamme les gérants d'estrades en partageant le 24 heures chrono entre Price et Al Montoya, son auxiliaire.  

À cela, ma réponse est la suivante: l'excellent début de saison des Canadiens procure à Therrien une marge de manœuvre inespérée.

Pas sûr que Price n'aurait pas déjà commencé deux matches en autant de soirs si l'équipe avait raté son décollage.

Mais quoiqu'on en dise, la stratégie de Therrien, à défaut de faire l'unanimité, est défendable. Et certainement pas dénuée de logique.

De toute évidence, les Canadiens ont entrepris de ménager, de protéger le meilleur gardien de but de la planète.

Et vous savez quoi ? Ils n'ont pas tort.

Price, c'est bien connu, a souvent été blessé au cours des dernières années. À cet effet, pas besoin de rappeler ses misères de la dernière saison.

Une équipe, on s'entend, peut difficilement protéger son gardien contre les blessures car les blessures, bien souvent, sont le résultat d'une malchance.

Mais un gardien au sommet de sa forme sera toujours moins vulnérable qu'une autre victime d'un excès de fatigue.

Et parce que les Canadiens iront aussi loin que leur joueur numéro un voudra bien les mener, ils ont certainement intérêt à économiser ses forces, à le garder top niveau le plus longtemps possible.

Des attentes élevées

Bref, les Canadiens ont décidé de mettre toutes les chances de leur bord.

Et à voir comment ils utilisent Price depuis le début de la saison, leurs attentes, peu importe le discours qu'ils véhiculent sur la place publique, sont beaucoup plus élevées qu'une simple participation aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley.

Je sais, je sais: pour bien des inconditionnels des Canadiens, Price est le Bon Dieu masqué, donc un gardien capable d'en prendre, quitte à faire des heures supplémentaires si la situation l'exige.

À ceux-là, je tiens seulement à  rappeler que même le Bon Dieu trouvait le moyen de se reposer lors du septième jour !

Qui est le meilleur ?

Lorsque Auston Matthews, des Maple Leafs de Toronto, s'est offert une récolte de quatre buts lors de son baptême de feu dans la LNH, ils ont probablement été nombreux à croire que la course au trophée Calder serait finalement l'affaire d'un seul joueur.

Erreur !

La situation a considérablement évolué depuis.

Les Jets de Winnipeg ont franchi le premier quart de leur calendrier et leur premier choix du dernier repêchage, Patrik Laine, mène non seulement les recrues, mais la ligue tout court avec 12 buts sur un pied d'égalité avec Sidney Crosby, des Penguins de Pittsburgh en date du 21 novembre.

Le Finlandais de 18 ans possède un tir peu ordinaire. Souvent, il marque des buts à la manière d'Alexander Ovechkin, des Capitals de Washington, un joueur qui, selon ses propres dires, l'a toujours inspiré.

Question: Qui a été le dernier joueur-recrue à dominer le circuit pour les buts ?

Donnez-vous votre langue au chat ?

Réponse: Teemu Selanne, des Jets.

En 1992-93, Selanne avait partagé le premier rang avec Alexander Mogilny, des Sabres de

Buffalo. Les deux joueurs avaient inscrit chacun 76 buts. Oui, 76 buts s'il vous plait.

En attendant, Laine continue d'épater la galerie.

Avant le dernier repêchage, bien des observateurs étaient d'avis que Laine était aussi bon, sinon

supérieur à Matthews.

Ça reste à voir. 

Est-ce que la course au Calder tranchera la question ? J'en doute. Qui est le meilleur entre Matthews et Laine ? Dans dix ans, il y a de fortes chances qu'on se pose encore la question.

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