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Touchette : À la manière de John Tortorella

La passion de l'entraîneur des Blue Jackets de Columbus lui a permis d'accumuler 500 victoires dans la LNH

par Serge Touchette / Chroniqueur LNH.com

Congédié trois fois, contesté, critiqué des centaines et des centaines de fois.

John Tortorella n'est pas un entraîneur comme les autres.

Tantôt calme, tantôt explosif. Jamais drabe.

Mais qu'on l'aime ou pas, il est devenu, dimanche, le 24e entraîneur de l'histoire de la LNH à atteindre le cap des 500 victoires. Il se retrouve sur un pied d'égalité avec le légendaire Toe Blake, qui a multiplié les conquêtes de la Coupe Stanley à la barre des Canadiens de Montréal. 

Cinq cents victoires, ce n'est pas uniquement un joli chiffre rond. À une époque où bien des équipes exigent des résultats à court terme, c'est un véritable tour de force. Un congédiement peut parfois marquer la fin d'une carrière ou le début d'un long, d'un très long purgatoire avant l'obtention d'un nouveau volant.

Et à trois reprises, Tortorella s'est vu montrer la sortie.

Il n'y pas si longtemps, il était considéré comme un entraîneur passé date, une espèce de dinosaure.

Aujourd'hui, il dirige l'équipe la plus surprenante de la LNH, les Blue Jackets de Columbus, qui connaissent le meilleur départ de leur histoire.

Soudainement, l'entraîneur passé date est un sérieux candidat au trophée Jack Adams.

L'entraîneur n'est évidemment pas le seul responsable du succès d'une formation, mais tout le monde reconnait qu'il y a du Tortorella là-dedans.

Des tempêtes 

Depuis le début de sa carrière, Tortorella a passé à travers plusieurs tempêtes provoquées parfois par ... Tortorella lui-même.

Ses prises de bec ne se comptent plus.

S'il a toujours été perçu comme un bon prof, un motivateur, sa façon de faire a souvent été dénoncée, remise en question.

La controverse, on s'entend, ne l'a jamais effrayé.

Mais tout le monde sera d'accord sur un point: l'homme est un passionné.

Et les passionnés, s'ils ne gagnent pas à tout coup, reviennent souvent à la surface. Il se trouve toujours quelqu'un pour leur lancer une bouée de sauvetage, pour leur offrir une nouvelle chance.

En octobre 2015, les Blue Jackets avaient déjà la tête sous l'eau lorsque leur président, opérations hockey, John Davidson s'est tourné vers Tortorella.

À ses yeux, il était l'homme le plus susceptible de redresser la barre, de relancer une concession en déroute.

Davidson a frappé dans le mille. Les Blue Jackets n'ont jamais volé aussi haut.

Comme en 2004 

Tortorella, on s'en souvient, a mené le Lightning de Tampa Bay à la conquête de la première Coupe Stanley de son histoire en 2004.

Cette année-là, il misait sur trois jeunes ténors en Vincent Lecavalier, Martin Saint-Louis et Brad Richards.

Il ne compte pas sur trois ténors comparables chez les Blue Jackets, qui sont menés, notamment, par Cam Atkinson, Nick Foligno et Alexander Wennberg, sans compter leur gardien de but Sergei Bobrowsky.

Les prophètes de malheurs diront sans doute que l'effet Tortorella ne dure jamais longtemps, que la tempête ne tardera pas à se pointer à l'horizon. Faudra voir.

En attendant, il y a longtemps, fort longtemps même, que le beau temps ne s'est pas fait aussi persistant à Columbus.

Et, curieusement, l'une des raisons a un nom synonyme de tempête: John Tortorella. 

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