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Touchette : Un joueur pas comme les autres

Joe Thornton des Sharks démontre tous ses talents sous les réflecteurs des séries éliminatoires

par Serge Touchette / Chroniqueur LNH.com

Son prénom est commun, mais son jeu ne l'a jamais été. 

Joe Thornton n'est pas un joueur comme les autres. 

Le gros centre des Sharks de San Jose connait une carrière peu ordinaire, mais, pour une raison ou une autre, ses échecs, bien souvent, font jaser plus que ses exploits. 

Comme s'il était condamné à porter, à tout coup, l'odieux de l'élimination de ses équipes dans les séries éliminatoires de la Coupe Stanley. 

Cette année, Thornton, à 36 ans, donne l'impression d'être en mission. Son but ? Soulever la Coupe Stanley à bout de bras pour la première fois de sa carrière.

Il joue du hockey inspiré, lui qui se veut l'un des meilleurs joueurs depuis le début des présentes séries. 

Il est omniprésent sur la glace. 

Ça n'a pas toujours été le cas. 

J'ai encore frais à la mémoire les séries éliminatoires, cuvée 2004. 

Cette année-là, les Canadiens de Montréal, avec José Théodore comme chef de file, avaient éliminé Thornton et les Bruins en sept matchs après avoir tiré de l'arrière 3-1 dans la série. Une bien grosse surprise s'il en fut une. 

Théodore avait été magistral au fil de la série alors que Thornton, ennuyé par un mal de dos, avait été complètement neutralisé: aucun but, aucune mention d'aide en sept rencontres. Un dossier pour le moins embarrassant pour un joueur de son rang. 

Un sauveur malmené  

Les médias de Boston avaient été impitoyables envers celui qui, à l'époque, était considéré comme le nouveau sauveur des Bruins depuis son arrivée dans la LNH en 1997-98. 

Depuis cette série, on lui a collé dans le dos l'étiquette peu flatteuse réservée aux joueurs jugés incapables de s'imposer dans les situations importantes. 

Un an plus tard, il était échangé aux Sharks en retour des attaquants Wayne Primeau et Marco Sturm et le défenseur Brad Stuart.  

Thornton et les Sharks ont connu du succès, mais ils ont souvent déçu en séries. 

Et à chaque fois que l'équipe était évincée du décor printanier, Thornton, invariablement, était pointé du doigt, lui qui a été cavalièrement dépouillé de son titre de capitaine en 2014. 

Il avait peut-être ses torts, mais certainement pas tous les torts. Un bon joueur est aussi bon que le reste de son équipe. 

C'est vrai pour Thornton, c'était vrai également pour toutes ces grandes vedettes qui, comme Marcel Dionne, Gilbert Perreault, Daniel Alfredsson, Paul Kariya, Pavel Bure, Dale Hawerchuk, Pat Lafontaine et Cam Neely, entre autres, n'ont jamais trempé les lèvres dans le précieux trophée. 

Comme Jagr ?

N'empêche que Thornton a une feuille de route pour le moins impressionnante. Ses 1341 points en 1367 matchs en saison régulière, un trophée Art Ross et un trophée Hart sont là pour en témoigner. 

Aux journalistes, l'autre jour, l'entraîneur des Sharks Peter DeBoer a bien décrit le parcours de son vétéran: « Si Thornton avait évolué dans une marché comme celui de New York, Montréal ou Toronto, il serait considéré comme une légende vivante ... »

DeBoer n'a pas entièrement tort. 

Mais pour bien des gens encore, Thornton demeure un grand joueur qui n'a encore rien gagné. 

Cela dit, les choses pourraient changer d'ici peu. 

Thornton, s'il n'a plus sa vitesse d'antan, se veut toujours un passeur exceptionnel, un créateur sans pareil d'occasions de marquer. 

À vrai dire, Thornton ne donne nullement l'impression d'être en fin de parcours. Cette année, il a récolté pas moins de 82 points, sa meilleure récolte depuis 2009-10 alors qu'il en avait inscrit 89, et, à le voir performer depuis le début des séries, il y a lieu de croire qu'il pourrait prolonger sa carrière pendant encore quelques années. 

Un certain Jaromir Jagr est là pour nous rappeler qu'il ne faut jamais sous-estimer un vieux guerrier. 

En attendant, Thornton continue son petit bonhomme de chemin dans l'espoir de réaliser la dernière grande mission qui clouera à jamais le bec de ses dénigreurs. 

L'enfant a grandi  

Avez-vous regardé la finale du championnat du monde entre le Canada et la Finlande, dimanche ? 

Si non, vous avez raté l'une des grandes performances de l'équipe canadienne dans le cadre d'un tournoi international. 

Les Canadiens ont été parfaits, ou presque. Ils l'ont emporté, 2-0. 

Franchement impressionnant. 

Et Connor McDavid a été étourdissant. À 19 ans, le premier choix au repêchage 2015 de la LNH n'est encore qu'un enfant dans un monde d'adultes. 

Mais l'enfant a grandi d'un pouce ou deux, dimanche, au cours d'un match où l'or était enjeu. 

Il a formé un trio avec Matt Duchene et Brad Marchand et il a été, sans l'ombre d'un doute, le meilleur joueur de l'équipe canadienne. 

L'enfant est en train de devenir un homme. 

Ça promet pour la saison prochaine. 

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