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Thomas Chabot a une dette à rembourser

Le défenseur des Sea Dogs de Saint-Jean est à deux victoires de ramener la Coupe du Président dans la ville qui l'a fait grandir

par Guillaume Lepage @GLepageLNH / Journaliste LNH.com

BOISBRIAND - Thomas Chabot n'était encore qu'un adolescent quand il a mis les pieds à Saint-Jean, Nouveau-Brunswick, pour la première fois. Il parlait à peine l'anglais et venait de quitter le nid familial à 16 ans.

Quatre ans plus tard, le petit gars de Sainte-Marie-de-Beauce est désormais le pilier de la formation des Sea Dogs de Saint-Jean et il est considéré par plusieurs comme le meilleur défenseur de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

Et comme s'il avait une dette à rembourser, il a maintenant la ferme intention de ramener la Coupe du Président dans la ville qui a fait de lui un homme et qui lui a aussi permis d'être sélectionné par les Sénateurs d'Ottawa au 18e rang au total au repêchage 2015 de la LNH.

« Mon passage à Saint-Jean va toujours rester un des plus beaux moments de ma carrière, s'est souvenu Chabot, un brin nostalgique. Je viens d'une petite région et de quitter la maison à 16 ans, de vivre dans une famille que je ne connaissais pas en anglais, ç'a amené beaucoup de positif dans ma vie.

« Quand on avait 16 ans, les vétérans nous disaient de profiter au maximum de notre stage junior parce que ça passe très vite. À l'époque on se disait qu'ils exagéraient, mais ils avaient raison. »

Chabot en aura amplement profité, et il pourrait le faire encore davantage. En avance 3-0 dans la série finale contre l'Armada de Blainville-Boisbriand, la formation des Maritimes est à unevictoire d'atteindre l'objectif qu'elle s'était fixé en début de saison.

Arrivé à Saint-Jean à l'an deux d'une reconstruction qui a suivi deux conquêtes consécutives de la Coupe du Président (2011 et 2012) et une de la Coupe Memorial (2011), Chabot et la majorité du noyau de l'équipe ont grandi ensemble à travers les épreuves et ils pourraient bientôt voir leurs efforts récompensés.

« La majorité des gars dans ce vestiaire ont tous commencé à jouer ici à 16 ans, nous sommes tous de très bons amis, a-t-il expliqué. Il faut se considérer énormément chanceux d'avoir la chance d'aller jusqu'au bout ensemble. »

« En même temps, ce sont tous les efforts qu'on a mis dans les quatre dernières années », a-t-il ajouté après un moment de réflexion.

Parce que le chemin parcouru était loin d'être pavé à l'avance. Au cours des deux premières saisons de Chabot à Saint-Jean, les Sea Dogs ont raté les séries une fois (2013-14) et ont été éliminés en cinq matchs au premier tour par le Drakkar de Baie-Comeau (2014-15).

Le vent a commencé à tourner l'an dernier alors qu'ils ont baissé pavillon en cinq rencontres en demi-finale face aux Cataractes de Shawinigan. La formation s'approchait à nouveau du sommet au même rythme que Chabot poursuivait son développement.

« Je dirais qu'il a franchi un bon pas l'an dernier après avoir été repêché en première ronde, a analysé son entraîneur Danny Flynn. Ç'a été formidable pour sa confiance, il a vraiment amélioré son jeu sans la rondelle et a continué d'évoluer. »

Un échec profitable

Après avoir amorcé la saison 2016-17 avec les Sénateurs en disputant un match dans la LNH, Chabot a été renvoyé chez les Sea Dogs pour parfaire son jeu. L'arrière de 6 pieds 2 pouces et 188 livres savait dès lors que cette campagne ne serait pas comme les autres.

Comme il avait fait partie de la formation canadienne qui avait été éliminée en quarts de finale au Championnat mondial junior en 2016 en Finlande, Chabot était bien au courant qu'il allait jouer un rôle prédominant au sein de l'édition 2017 lors du tournoi présenté à Toronto et à Montréal.

Et il a répondu aux attentes. En sept rencontres, il a récolté quatre buts et six mentions d'aide en plus de jouer pendant près de 44 minutes lorsque le Canada s'est incliné 5-4 en tirs de barrage contre les États-Unis en finale.

« J'ai probablement joué les sept meilleurs matchs de ma carrière, a-t-il lancé en riant. Je m'étais bien préparé mentalement et physiquement et je n'ai pas été surpris de mes résultats personnels. »

Dur de ne pas être satisfait personnellement quand on est nommé joueur par excellence d'un évènement d'envergure mondiale. Mais l'objectif de Chabot n'était certainement pas d'en sortir avec la médaille d'argent. Loin de là.

Et il n'a aucune intention de terminer deuxième une nouvelle fois.

« Quand je suis revenu, je me suis promis qu'il n'y avait aucune chance dans ce monde que je revive ça, a-t-il dit avec assurance. Je me suis rendu jusqu'au bout au Championnat mondial et j'ai eu la chance de revenir dans une équipe qui va jusqu'au bout. Je suis très affamé. »

Qu'on se le tienne pour dit.

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