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Thibault: Turbulence passagère en Floride

Sergei Bobrovsky connaît des débuts difficiles avec les Panthers, mais il retrouvera vite son aplomb, croit notre chroniqueur

par Jocelyn Thibault @tibs41 / Chroniqueur LNH.com

Choix de première ronde des Nordiques de Québec au Repêchage 1993 de la LNH, Jocelyn Thibault a disputé 586 matchs au cours de sa carrière de 15 saisons dans la LNH. Il a porté l'uniforme des Nordiques, de l'Avalanche du Colorado, des Canadiens de Montréal, des Blackhawks de Chicago, des Penguins de Pittsburgh et des Sabres de Buffalo, signant 238 victoires. Il a été entraîneur des gardiens de l'Avalanche pendant deux saisons et il est désormais propriétaire et directeur général du Phoenix de Sherbrooke dans la LHJMQ. Il a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com pour traiter des dossiers chauds devant les 31 filets de la Ligue.

Les Panthers de la Floride avaient de grandes attentes quand ils ont sorti le chéquier pour s'assurer des services de Sergei Bobrovsky pour les sept prochaines années, cet été. Après le premier mois de la saison, ils restent probablement sur leur faim.

Après ses 10 premiers départs avec sa nouvelle équipe - et quelques minutes en relève - le gardien russe affiche un dossier respectable de 5-2-3, mais une ronflante moyenne de buts alloués de 3,70 et un faible taux d'efficacité de ,873. Comme première impression, difficile de faire bien pire.

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N'importe quel joueur qui signe un gros contrat veut arriver dans sa nouvelle équipe et avoir un impact immédiat. Ce n'est pas le cas de Bobrovsky en ce moment, mais quand on regarde au classement, on remarque que les Panthers (6-3-4, 16 points) s'en tirent tout de même de belle façon.

C'est quand même surprenant parce qu'un gardien no 1 qui connaît de telles difficultés peut avoir un impact négatif assez direct sur les aspirations aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley d'une équipe. Heureusement, même s'ils présentent la quatrième pire défensive de la LNH avec 48 buts contre en 13 matchs, leur puissante attaque leur permet de compenser pour le moment.

La question est maintenant de savoir pour combien de temps encore ce modus operandi tiendra le coup.

Je n'ai pas de boule de cristal, mais je doute fort qu'une équipe puisse continuer à gagner de cette façon dans la LNH d'aujourd'hui avec la parité qu'il y a. C'est exactement ce qui a causé la perte des Panthers au cours des dernières années. Ce n'est pas réaliste de penser gagner en marquant quatre ou cinq buts à chaque match.

La bonne nouvelle, c'est que je crois que ce n'est qu'un problème passager. Quand on regarde l'historique de Bobrovsky, on se rend vite compte que c'est un gardien qui a tendance à connaître de lents départs et à reprendre du poil de la bête au fur et à mesure que la saison avance. À pareille date l'an dernier avec les Blue Jackets de Columbus, il montrait une fiche de 3-5-0 avec une moyenne de 3,24 et un pourcentage d'arrêts de ,899.

Il a finalement conclu la saison avec une moyenne de 2,58 et une efficacité de ,913 avant d'améliorer ces chiffres à 2,41 et à ,925 en 10 matchs éliminatoires. C'est bizarre à dire, mais d'une certaine façon, ce lent départ est peut-être bon signe pour les Panthers.

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Je le croyais capable de poursuivre sur sa lancée du printemps dernier, mais il faut se rappeler qu'il doit s'adapter à son nouvel environnement et à une nouvelle façon de jouer. Je crois beaucoup à ça, surtout dans le cas des gardiens. C'est difficile pour eux de changer de système et de couverture défensive. Tout à coup, les lancers ne proviennent pas du même endroit, les joueurs ne se replient pas de la même façon, le désavantage numérique ne fonctionne plus de la même manière, etc. C'est beaucoup de changement en peu de temps.

C'est loin d'être impossible de s'adapter, c'est simplement que ça prend quelque temps. C'est encore plus flagrant chez les Panthers étant donné que toute l'équipe vit ce gros changement en raison de l'arrivée de Joel Quenneville derrière le banc. Le camp d'entraînement a été relativement court, et il n'a probablement pas eu le temps d'inculquer tous les détails de son système. Ça peut expliquer bien des choses.

L'homme de la situation

Malgré tout, je n'ai aucun doute que Quenneville saura redresser la barque plus tôt que tard. Le jeu défensif est la grosse lacune des Panthers et son embauche n'était pas du tout étrangère à ça. Pendant ses années à Chicago, il a démontré qu'il était capable de mettre sur pied un système fort efficace dans cet aspect.

J'ai personnellement connu Joel Quenneville comme adjoint à mes premières saisons avec les Nordiques de Québec et ensuite avec l'Avalanche du Colorado. C'est un « monsieur », une personne de grande qualité qui impose le respect. Il s'intéresse à ses joueurs, à leur vie personnelle et à leur famille.

Comme entraîneur, il donne toujours l'heure juste; c'est blanc ou noir. Les joueurs adorent un entraîneur exigeant, juste, honnête et qui dit les vraies choses. Avec cette approche, il parviendra à faire des Panthers une bonne équipe défensive et ça aidera grandement le sort de Bobrovsky.

* Propos recueillis par Guillaume Lepage, journaliste LNH.com

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