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Thibault : Bobrovsky peut (et doit) faire mieux

Notre chroniqueur analyse l'écart qui se creuse entre le gardien russe et son adjoint Chris Driedger

par Jocelyn Thibault @tibs41 / Chroniqueur LNH.com

Choix de première ronde des Nordiques de Québec au Repêchage 1993 de la LNH, Jocelyn Thibault a disputé 586 matchs au cours de sa carrière de 15 saisons dans la LNH. Il a porté l'uniforme des Nordiques, de l'Avalanche du Colorado, des Canadiens de Montréal, des Blackhawks de Chicago, des Penguins de Pittsburgh et des Sabres de Buffalo, signant 238 victoires. Il a été entraîneur des gardiens de l'Avalanche pendant deux saisons et il est désormais propriétaire du Phoenix de Sherbrooke dans la LHJMQ. Il a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com pour traiter des dossiers chauds devant les 31 filets de la Ligue.

Tout va pour le mieux chez les Panthers de la Floride en ce début de saison. Enfin presque tout.

La troupe de Joel Quenneville n'a toujours pas perdu en temps réglementaire (6-0-2) et son attaque nouvellement équilibrée fonctionne à plein régime. Jonathan Huberdeau est époustouflant, Aleksander Barkov est à la hauteur et Aaron Ekblad devient lentement, mais sûrement, le général à la ligne bleue.

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Ce n'est pas compliqué, quand tes vedettes jouent comme des vedettes et que tes hauts salariés t'en donnent pour ton argent, tout va comme sur des roulettes. Ce qui m'amène au cas du gardien Sergei Bobrovsky - le seul point d'interrogation au sein de la formation floridienne au moment d'écrire ces lignes.

Nul besoin d'être un féru de statistiques pour conclure que le portier russe connaît encore des difficultés après une première saison difficile avec les Panthers. Après quatre matchs, il présente une moyenne de buts alloués de 3,57 et un taux d'efficacité de ,881. Ce n'est clairement pas très glorieux.

Mais j'ai envie de pousser l'analyse un peu plus loin parce que ces chiffres ne disent pas tout. La question est intéressante puisque son adjoint Chris Driedger affiche quant à lui un rendement digne de l'élite de la LNH avec une moyenne de 1,72 et une efficacité de ,942 à ses quatre premiers matchs.

L'écart entre les prestations des deux est assez impressionnant, malgré qu'ils jouent derrière la même équipe. Donc, est-ce que le jeu défensif fait défaut quand Bobrovsky est devant le filet, ou bien est-ce que ce dernier est vraiment le maillon faible de l'équipe?

Pour moi, l'élément le plus important dans l'évaluation des gardiens - j'ai toujours procédé ainsi, et je le fais encore aujourd'hui chez le Phoenix de Sherbrooke - est le ratio que l'on obtient en divisant les chances de qualité allouées dans un match par le nombre de buts encaissés. Je considère qu'un gardien fait un travail acceptable quand il accorde un but pour cinq chances de marquer. C'est le minimum.

En bas de cinq, c'est difficile de gagner des matchs de façon régulière. À l'inverse, quand un gardien donne un but à toutes les sept ou huit chances de qualité, ton équipe est en voiture. Si elle ne réussit pas à gagner, c'est que le problème se trouve ailleurs. Vous comprenez le principe?

En comparant les ratios de Bobrovsky et de Driedger grâce aux données du site spécialisé Natural Stat Trick, on en vient rapidement à confirmer ce que nous indiquent les statistiques de base des deux gardiens : le Russe de 32 ans est loin d'être dans son assiette.

Pour mieux vulgariser, le ratio nous indique qu'un adversaire n'a besoin de générer que quatre chances de qualité pour inscrire un but contre Bobrovsky, tandis qu'il doit en produire le double pour venir à bout de Driedger. À la fin d'un match, on peut parler d'une différence potentielle de deux buts. C'est énorme.

Quand on sait que le dernier n'a que 19 matchs d'expérience dans la LNH, et que l'autre a déjà remporté deux fois le trophée Vézina, il est facile de constater que c'est le monde à l'envers. Quelque chose ne tourne pas rond!

Entre les deux oreilles

Ce n'est donc pas surprenant de voir qu'après les huit premiers matchs de la saison, la tâche a été séparée équitablement entre les deux hommes devant la cage des Panthers.

Quenneville veut gagner autant que n'importe quel entraîneur dans la LNH, et il n'a d'autres choix que d'utiliser le gardien qui lui donne statistiquement le plus de chances de l'emporter. Et ce, peu importe le salaire et la réputation qu'a l'un ou l'autre de ses poulains.

C'est d'ailleurs ce qui rend toujours très intéressante la dynamique entre un directeur général et un entraîneur. Dans le cas qui nous occupe, ce n'est pas vraiment un problème parce que ce n'est pas Bill Zito qui a offert un contrat de sept ans et 70 millions $ à Bobrovsky, mais bien son prédécesseur Dale Tallon. 

Attention, je ne suis pas en train de dire qu'il s'agit d'une mauvaise signature. Les Panthers étaient à la recherche d'un gardien no 1 depuis le départ à la retraite de Roberto Luongo, et Bobrovsky était le choix logique. Je suis d'ailleurs toujours convaincu qu'il retrouvera ses repères.

Il est simplement trop bon pour connaître une autre saison de misère. Surtout qu'il semble désormais avoir une équipe bien équilibrée devant lui. Ma lecture des choses, c'est que son problème est entre les deux oreilles. Un gagnant du trophée Vézina ne peut avoir oublié comment garder les buts en l'espace de deux saisons.

C'est une question de confiance et c'est un beau défi pour l'entraîneur des gardiens Robb Tallas. Il doit travailler avec Bobrovsky avec une approche positive et constructive, sans jamais semer le doute dans son esprit. Quand tu perds la confiance, c'est difficile de la retrouver, mais souvent, il suffit de connaître quelques bonnes prestations consécutives pour redémarrer la machine.

Si Bobrovsky parvient à le faire, les Panthers seront vraiment à surveiller.

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