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Terry ne laisse pas son succès lui monter à la tête

L'attaquant des Ducks connaît une séquence de 16 matchs avec un point et pourrait représenter les États-Unis aux Jeux olympiques

par Nicholas J. Cotsonika @cotsonika / Chroniqueur NHL.com

On pourrait penser que Troy Terry est au septième ciel. L'attaquant des Ducks d'Anaheim est l'un des joueurs qui ont explosé cette saison, ce qui en a fait un candidat pour représenter les États-Unis lors des Jeux olympiques 2022 de Pékin.

Terry connaît une séquence de 16 matchs avec au moins un point, ce qui a aidé les Ducks à passé de l'avant-dernier rang de la LNH la saison dernière au troisième rang de la section Pacifique à l'aube de leur duel contre les Predators de Nashville lundi (20 h HE; BSSO, BSSC, BSSD, ESPN+, NHL LIVE).

L'attaquant de 24 ans a déjà inscrit des sommets personnels pour les buts (12) et les points (22), alors que son total de passes (10) n'est qu'à trois de sa meilleure marque dans la LNH. Il est à égalité au cinquième rang de la Ligue pour les buts avec Connor McDavid, Matt Duchene et Kyle Connor. Il occupe aussi la quatrième place pour les points, à égalité avec trois autres joueurs. Chez les joueurs américains de la LNH, Terry, Connor et Johnny Gaudreau sont à égalité au premier rang pour les points.

« Je joue avec confiance, a affirmé Terry. Il y a plusieurs choses qui vont bien pour moi, et je construis là-dessus. »

Terry garde toutefois les choses en perspective, et c'est l'une des raisons qui lui ont permis de se placer dans cette position.

« Avant, je me laissais entraîner par les montagnes russes, et c'est ce qui me définissait comme joueur de hockey, a-t-il admis. J'avais un bon match et j'étais au septième ciel. Je connaissais une mauvaise rencontre et je m'en voulais tellement. »

C'est l'histoire d'un jeune joueur qui a dû s'ajuster au hockey professionnel, un jeune homme qui prend de la maturité dans la vie, quelqu'un habitué à trop réfléchir qui doit apprendre à se laisser aller.

Retournons en octobre 2018. Terry a amorcé la saison 2018-19 avec les Ducks, mais après avoir été blanchi en six matchs, il a été cédé aux Gulls de San Diego, dans la Ligue américaine de hockey (LAH).

« Je me souviens encore de notre première conversation », a raconté l'entraîneur des Ducks Dallas Eakins, qui dirigeait alors les Gulls. « Je me souviens où c'était. C'était devant le banc des visiteurs à San Diego. Ce jeune est arrivé avec l'équipe, et les premiers mots qui sont sortis de sa bouche sont : "J'ai perdu toute ma confiance. " »

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Terry était comme beaucoup de joueurs quand ils débarquent dans la LNH. Il était habitué à connaître du succès.

Les Ducks l'ont sélectionné en cinquième ronde (148e au total) du repêchage en 2015. Il était issu du Programme de développement de l'équipe nationale de USA Hockey (NTDP).

Il a passé trois saisons à l'Université de Denver, prenant le premier rang des pointeurs des Pioneers avec 45 points (22 buts, 23 passes) en 35 matchs lorsqu'ils ont remporté le championnat de la NCAA en 2016-17. Par la suite, il a récolté 48 points (14 buts, 34 aides) en 39 rencontres en 2017-18.

Entre-temps, il a amassé sept points (quatre buts, trois mentions d'aide) en sept parties avec les États-Unis au Championnat mondial junior 2017 de la FIHG (CMJ), incluant le but vainqueur dans un gain de 5-4 en tirs de barrage contre le Canada dans le match de la médaille d'or. Il a pris part aux Jeux olympiques 2018 de Pyeongchang, auxquels les joueurs de la LNH n'ont pas participé, et il a obtenu cinq passes en autant de rencontres.

Il a signé un contrat avec les Ducks et joué deux parties à la fin de la saison 2017-18, faisant ses débuts dans la LNH à l'âge de 20 ans.

« Lorsqu'il évoluait à Denver, il était probablement le meilleur joueur de l'équipe, a souligné Eakins. Ces jeunes joueurs-là se présentent ici et ils pensent qu'ils vont dominer. Et j'adore ça. Ils ont de grandes attentes. Ils ont des standards élevés pour eux-mêmes. C'est génial et c'est inspirant de voir ça. Le hic, c'est que tous les autres qui sont ici étaient également les meilleurs de leur équipe respective. »

Quand Terry a fait face à de l'adversité au début de la saison 2018-19, le fait qu'il soit de nature anxieuse ne l'a pas aidé.

« Je voulais tellement faire ma place immédiatement dans la LNH, a raconté Terry. Je me suis éloigné des choses qui faisaient de moi un très bon joueur de hockey, et j'ai commencé à me soucier d'être au bon endroit à chacune des secondes d'un match. "Est-ce le bon moment pour tenter un jeu ou non?" J'ai atteint un point où je réfléchissais constamment sur la patinoire. »

Terry se souvient lui aussi de sa première conversation avec Eakins. Ce dernier lui a dit que s'il commettait des revirements, il n'allait pas être cloué au banc. Il lui a demandé de simplement sauter sur la glace et jouer. Résultat, Terry a inscrit trois points (deux buts, une passe) à ses débuts dans la LAH ainsi que 16 points (sept buts, neuf aides) au cours d'une série de 11 rencontres avec au moins un point. Il a fini par récolter 41 points (16 buts, 25 mentions d'aide) en 41 parties dans la LAH ainsi que 13 points (quatre buts, neuf passes) en 32 matchs dans la LNH cette saison-là.

« J'ai tout de suite vu de quoi il était capable », s'est remémoré le défenseur des Ducks Cam Fowler, avec qui Terry a habité à ses débuts chez les professionnels. « Nous avons toujours su que dès qu'il trouverait son rythme, il serait un joueur capable de jouer dans le top-6, de générer beaucoup d'offensive et d'évoluer sur le jeu de puissance. »

Terry avait toutefois encore beaucoup de chemin à faire. Il a récolté 16 points (sept buts, neuf aides) en 14 rencontres dans la LAH ainsi que 15 points (quatre buts, 11 mentions d'aide) en 47 parties dans la LNH en 2019-20, puis 20 points (sept buts, 13 passes) en 48 sorties la saison dernière.

Non seulement échangeait-il souvent avec Eakins, qui est devenu l'entraîneur des Ducks en 2019-20, mais il se tournait également vers plusieurs autres ressources : ses parents - Susan et Chuck -, Jim Montgomery, son entraîneur à Denver, qui a été entraîneur des Stars de Dallas de 2018 à 2020 et qui est actuellement entraîneur adjoint chez les Blues de St. Louis, ainsi que le gardien Ryan Miller, qui a passé ses quatre dernières saisons dans la LNH avec les Ducks entre 2017 et 2021. Miller avait l'habitude d'utiliser le mot « fluide ». Quand Terry est à son mieux, son jeu est fluide. Il ne pense pas, il ne fait que jouer.

Terry a également une fiancée maintenant - Dani - et deux chiens - Sullivan et Lucy.

« J'ai vraiment grandi comme personne, a noté Terry. Et je pense que ça m'a permis de réaliser que le hockey est toute ma vie, que j'ai travaillé pour ça toute ma vie, mais que ce n'est pas vraiment ce qui me définit comme personne. Avec cet état d'esprit, je fais simplement me dire que je vais travailler le plus fort possible et faire les bonnes choses. Et si ça se passe bien, tant mieux, mais sinon, ce n'est pas la fin du monde. »

Terry avait l'habitude d'analyser chacune de ses présences après chaque match. Maintenant, il regarde moins de vidéos et fait preuve d'un peu plus de laisser-aller. Il avait l'habitude d'attendre une chance en or pour décocher un tir. Maintenant, il tire plus souvent, plus rapidement, et depuis les zones dangereuses sur la glace. En moyenne, il décoche 2,53 lancers par match et joue 17:23, de loin des sommets en carrière dans ces deux catégories.

Video: CAR@ANA: La belle séquence de Terry se poursuit

Ça change la donne pour quatre raisons.

Premièrement, attendre l'occasion parfaite peut te nuire plutôt que t'aider dans la LNH.

« Ce qu'il était capable de faire dans les rangs universitaires et un peu dans la LAH, c'était de battre le défenseur de vitesse avant de décocher un tir plutôt que de lancer depuis l'enclave en se servant du défenseur comme écran, a analysé Eakins. Il voulait battre le défenseur avant de tirer. Mais ça n'améliore pas vraiment tes chances de marquer parce que tu es déjà là. Tu es déjà dans l'enclave. Tu ne te déplaces plus de gauche à droite. Donc, même si tu es trois ou quatre pieds plus près du filet, ça n'améliore pas vraiment ton tir. »

Deuxièmement, Terry évolue sur un trio avec le joueur de centre Ryan Getzlaf et l'attaquant Adam Henrique. Getzlaf cumule 721 passes en carrière, au quatrième rang parmi les joueurs actifs et au 51e rang dans l'histoire de la LNH. Par le passé, Getzlaf et Terry avaient une bonne chimie, mais ils ne marquaient pas beaucoup, car les deux ne décochaient pas énormément de tirs. Terry s'est concentré à être prêt à décocher des tirs sur les passes de Getzlaf.

« Avec lui, la rondelle va se retrouver sur la lame de ton bâton au moment où tu ne t'y attends pas », a lancé Terry.

Troisièmement, tirer peut ouvrir des lignes de passe.

« Les défenseurs me respectent plus comme tireur, et c'est à ce moment-là que mes instincts de joueur de hockey et mes talents de passeur font la différence, a dit Terry. Parfois, je peux attaquer le filet et chercher à tirer, mais un bâton va bouger et instinctivement, je le vois et je décide de remettre la rondelle à un coéquipier. Mais quand je cherche seulement à passer, je suis beaucoup plus facile à contrer. »

Enfin, Eakins souligne constamment que ce sont les joueurs qui dictent le temps de jeu qui leur est donné, pas l'entraîneur. Si tu joues bien, tu joues plus. 

« Ç'a été plaisant pour notre organisation de voir Troy gagner en maturité, et ce qui s'est produit dans son cas, c'est qu'il a choisi d'être en confiance, de miser sur ses habiletés et de laisser de côté une mauvaise performance afin de ne plus y penser sans arrêt, a expliqué Eakins. Ce jeune a les résultats de l'équipe à cœur. Il se soucie de l'équipe et il veut faire la différence. Tôt dans sa carrière, quand il n'y arrivait pas, il s'apitoyait sur son sort. Ça faisait en sorte qu'il n'arrivait pas à saisir les occasions qui se présentaient à lui dans le moment présent. C'est quelque chose qui prend du temps. »

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Terry va éventuellement ralentir. Son pourcentage de tirs s'élève à 27,9 pour cent, ce qui, en principe, est insoutenable.

Et c'est correct ainsi. Il sait qu'aucun joueur ne récolte un point dans chacun de ses 82 matchs. Son approche devrait toutefois lui permettre de continuer à créer des occasions de marquer.

« Je me sens mieux maintenant, car j'ai prouvé à moi-même, à l'organisation et à la Ligue que je peux être un joueur d'impact, a dit Terry. Auparavant, c'était difficile de m'extirper des passages à vide sur le plan mental, car je ne savais pas exactement quelque genre de joueur je pouvais être. Je me sens mieux équipé pour affronter une séquence où les points seront difficiles à amasser - et je sais que ça va arriver. Je devrai continuer à faire ce que je faisais en sachant que le vent finira par tourner. »

Il va garder les pieds sur terre, même au sujet des Olympiques.

« J'ai amorcé la saison en ne m'attendant pas à faire partie de l'équipe olympique, et les choses ont très bien été pour moi, a-t-il mentionné. Je prends les choses un match à la fois et j'essaie d'être constant. Ça ne sert à rien de forcer les choses pour tenter de faire ma place sur l'équipe olympique.

« Je me suis placé dans une position où je pense que ça pourrait se produire, et si oui, ce serait un immense honneur. J'ai toujours adoré porter les couleurs des États-Unis et participer à des événements internationaux. J'ai pu y aller en 2018, mais d'y aller avec les joueurs de la LNH serait quelque chose de très spécial pour moi. »

Il y a lieu de croire que Terry pourrait propulser les États-Unis vers la médaille d'or.

« Tu dois y aller avec les joueurs qui jouent leur meilleur hockey au bon moment », a dit Fowler, qui est de nationalité américaine lui aussi. « Et Troy est en train de montrer au monde ce qu'il est en mesure d'accomplir. »

*Avec la contribution du directeur principal de la rédaction NHL.com Shawn Roarke et du journaliste principal NHL.com Dan Rosen.

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