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Gagner sa vie grâce au hockey, le rêve de Julie Chu et des vedettes du hockey féminin

par Mike Brophy @hockeybroph / Correspondant LNH.com

Julie Chu rêve au jour où les hockeyeuses pourront bien gagner leur vie en évoluant au sein de la Ligue canadienne de hockey féminin.

« Nous rêvons que des milliers de spectateurs assistent aux matchs, avance Chu. Nous rêvons d'avoir une ligue où les joueuses seront suffisamment payées pour que le hockey devienne leur gagne-pain. Nous avons encore un bon de chemin à faire, nous le savons. Mais pour nous, dans le moment, l'important est d'avoir une ligue viable qui permet aux joueuses de jouer et de s'entraîner. »

Chu a pris part au deuxième match des étoiles annuel de la LCHF au Air Canada Centre samedi. Les Noirs ont vaincu les Blancs 5-1.

Chu, âgée de 33 ans, est une joueuse vedette multi-décorée de l'équipe américaine qui porte les couleurs des Canadiennes de Montréal dans la Ligue canadienne féminine.

La LCHF a dans ses rangs cinq équipes : Les Canadiennes, les Blades de Boston, le Thunder de Brampton, l'Inferno de Calgary et les Furies de Toronto. Les joueuses ne sont pas rémunérées, mais Sasky Stewart, directrice des communications et du marketing de la ligue, souhaite que ça change sous peu.

« Nous mettons tout en œuvre pour que les joueuses reçoivent un salaire dès la saison 2016-17, indique Stewart. Ces filles-là sont les meilleures joueuses au monde et elles méritent d'être payées. Si tout le monde qui suit le Canada aux Jeux olympiques venait assister aux matchs, nous n'aurions pas cette discussion au sujet des salaires. »

L'an dernier, l'accès au match des étoiles au Air Canada Centre était gratuit et l'événement a attiré 5000 spectateurs. Cette année, la ligue a demandé 10$ par personne et Stewart a estimé qu'un peu plus de 5000 spectateurs se sont déplacés.

Chu reconnaît l'importance que revêt la présentation du match des étoiles pour la croissance de la ligue.

« C'est très gros, lance-t-elle. L'an dernier, c'était une première. Cette année, on constate l'engouement que ça crée au sein de la ligue. Les joueuses ont le sentiment d'être des véritables étoiles et que la ligue passe à un palier supérieur en mettant en valeur ses vedettes. »

La composition des équipes a été faite à l'occasion d'une séance de repêchage qui a eu lieu vendredi, avec les deux capitaines Chu et Natalie Spooner qui procédaient aux choix.

Marie-Philip Poulin, auteure des buts gagnants du Canada dans les deux derniers matchs de la médaille d'or aux Jeux olympiques et meilleure marqueuse de la ligue avec 13 buts et 26 points en 14 matchs, a réussi deux des buts de l'équipe des Noirs.

Hayley Wickenheiser, Jill Saulnier et Kim Deschenes ont été les autres buteuses des gagnantes tandis que Jessica Campbell a été l'unique marqueuse de l'équipe des Blancs.

Poulin a savouré l'expérience et elle a dit avoir apprécié l'enthousiasme du public.

« C'était formidable, a-t-elle mentionné. Vous pouviez voir tous ces jeunes dans les gradins avoir du plaisir. Pour nous, c'est super de voir les amateurs être présents en grand nombre. Les gens ont payé un coût d'entrée cette année. C'est très important pour le développement de la ligue. »

Comme Chu, la Beauceronne Poulin, qui porte les couleurs des Canadiennes, rêve au jour où elle sera payée pour pratiquer son sport préféré.

« C'est ce que nous essayons d'obtenir, a-t-elle relevé. Nous adorons tellement le sport. Nous jouons parce que nous sommes des passionnées. J'espère que ce sera mon emploi un jour. »

L'expérimentée Wickenheiser, âgée de 37 ans, dit croire que le jour n'est pas très loin.

« Je ne suis pas sûre que je jouerai pendant suffisamment longtemps pour voir ça, a-t-elle dit. Nous sommes encore très loin d'envisager de gagner de très bons salaires. Dans le moment, on nous rembourse nos dépenses, mais je suis confiante que ça arrive un jour. »

Peu importe, Chu juge que les amateurs qui n'ont jamais assisté à un match de la Ligue canadienne féminine ne savent pas ce qu'ils manquent.

« C'est du très bon hockey, prêche-t-elle pour sa paroisse. Si les gens venaient voir, ils réaliseraient combien le jeu est rapide et que les filles ont du talent, et combien aussi elles sont compétitives. Les gens disent qu'il n'y a pas de mises en échec, ils croient donc qu'il n'y a aucun contact physique. Mais quiconque est déjà familier avec le calibre peut témoigner que le jeu est physique et rapide. »

La LCHF va présenter les matchs des demi-finales vers la fin de février. Le trophée emblématique du championnat de la ligue, la Coupe Clarkson, sera disputé dans un seul match par les deux équipes restantes à Ottawa, en mars.

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