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Tout au long de la saison, les experts du LNH.com participeront à des tables rondes pour répondre à diverses questions. En interagissant entre eux, nos experts donnent leur opinion sur plusieurs sujets chauds à travers la LNH. Aujourd'hui, on leur a demandé ceci :
Les jeux sont pratiquement faits dans l'Association de l'Ouest pour trois équipes qui étaient des habitués des longs parcours en séries il y a de cela quelques saisons à peine. Les Blackhawks, les Ducks et les Kings vont tous rater les séries, mais aucune de ces équipes n'a lancé un véritable processus de reconstruction. Laquelle de ces formations a le plus de chances de rebondir dès l'an prochain et de retrouver sa place parmi l'élite de la ligue le plus rapidement possible?

Hugues Marcil, Pupitreur LNH.com

Messieurs, je commence fort avec une réponse qui ne fera sûrement pas l'unanimité, mais je pense que les Ducks vont rebondir dès la saison prochaine.
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Je suis d'avis qu'ils sont meilleurs que ce qu'ils démontrent. Ils comptent sur un gardien de premier plan en John Gibson, qui est l'un des meilleurs jeunes portiers de la LNH à seulement 25 ans et sera crucial dans la relance de l'équipe. Un gardien en pleine possession de ses moyens peut aider son équipe à déjouer les pronostics. Parlez-en à un certain Carey Price… Gibson et les Ducks peuvent assurément s'en inspirer.
L'autre élément qui joue en faveur des Ducks est leur rendement au repêchage. Les succès répétés des Ducks au fil des années ont fait en sorte qu'ils ont rarement parlé tôt au repêchage, mais leur équipe de dépisteurs a fait du travail colossal pour mettre la main sur des joueurs qui sont en mesure de contribuer dans la LNH. Ça leur a notamment permis de bâtir une défensive avec de bons éléments autour desquels construire avec les Cam Fowler, Hampus Lindholm et Josh Manson.
En fait, le problème des Ducks est surtout leur attaque, et encore là, je pense que le repêchage leur viendra en aide plus tôt que tard. Maxime Comtois, Sam Steel, Troy Terry, Max Jones et Isac Lundestrom, entre autres, sont remplis de promesse et proches de jouer dans la LNH sur une base régulière. Ils viendront assurer la relève des attaquants vieillissants de l'équipe.

ANA@SJS: Comtois marque son premier but en carrière

Et c'est sans compter le prochain repêchage. Avec un peu de chance à la loterie, Anaheim pourrait repêcher parmi les cinq premières équipes et mettre la main sur un joueur qui changera le visage de sa concession.
Mais surtout, les Ducks devront éviter les blessures. Leurs joueurs clés ont visité l'infirmerie beaucoup trop souvent au cours des deux dernières saisons, ce qui leur a mis énormément de bâtons dans les roues. Feront-ils partie de l'élite de la LNH la saison prochaine? Je n'irai pas jusque-là, mais peuvent-ils participer aux séries? Selon moi, oui.

Nicolas Ducharme, Journaliste LNH.com

Pour toutes les raisons nommées par Hugues, je me range derrière sa prédiction. Les Ducks ont connu une saison de misère en matière de blessures. Le vent peut rapidement tourner et l'équipe a de bons jeunes qui pourraient rapidement avoir un impact. Une participation en séries éliminatoires l'an prochain ne me surprendrait pas du tout.
Ce sera tout autre chose pour les Kings de Los Angeles, qui sont à mon avis l'équipe parmi les trois qui risque de se tenir dans le bas du classement dans les prochaines années.
Certains diront qu'Anze Kopitar connaît une saison décevante, mais la réalité est que sa production se compare à celle des saisons 2015-2016 et 2016-2017. Ses 92 points de l'an dernier sont l'exception.
Il n'y a pas d'éléments dominants en offensive à Los Angeles en comparaison avec Chicago et Patrick Kane. Dylan Strome et Alex DeBrincat connaissent aussi d'excellents moments et Jonathan Toews fonctionne à plus d'un point par match. Voilà quatre joueurs de Chicago qui sont supérieurs à tout ce qu'on retrouve à Los Angeles outre Kopitar.

Drew Doughty et Jonathan Quick vieillissent et ils ont ralenti, tout comme Alec Martinez Jeff Carter et Dustin Brown. Quant à Ilya Kovalchuk, le contrat de trois ans qui lui a été octroyé l'été dernier s'avère une erreur qui pèse lourd sur le cap salarial des Kings, tout comme le contrat de Dion Phaneuf auquel il reste encore deux saisons.
Bref, il y a beaucoup trop de vieilles jambes à Los Angeles pour permettre aux Kings de remonter la pente. Contrairement aux Ducks et aux Blackhawks, ils devront amorcer une reconstruction complète.
Surtout, l'équipe obtiendra très peu de renforts de la part des jeunes qu'elle a repêchés dans les dernières années. Leur meilleure prise depuis 2011 est Adrian Kempe… qui est le seul joueur à avoir disputé plus de 100 matchs dans la LNH qui est encore avec l'équipe. Les Kings n'ont repêché que deux fois en première ronde entre 2011 et 2016 et ça se voit.
Il est temps pour Rob Blake d'amorcer une reconstruction complète et d'échanger les quelques éléments qui ont encore une bonne valeur dans sa formation.

Sébastien Deschambault, Directeur de la rédaction LNH.com

Si les Ducks ont effectivement une bonne base sur laquelle bâtir, leurs véritables leaders sont vieillissants et leur rendement n'est plus l'ombre de ce qu'il était il y a quelques années à peine. Ryan Getzlaf, Corey Perry et Ryan Kesler sont tous sur le déclin, et John Gibson, bien que très bon, ne pourra remplir le filet adverse. Il faudra encore quelques années pour que la transition s'effectue complètement à Anaheim, même si l'avenir s'annonce prometteur.
C'est pourquoi je me tourne plutôt vers les Blackhawks de Chicago, dont le noyau est formé de joueurs qui affichent encore un rendement digne de l'élite. Patrick Kane et Jonathan Toews ont montré cette saison qu'ils forment toujours l'un des meilleurs duos de la ligue. Kane va tenter de chauffer Nikita Kucherov au premier rang des pointeurs de la LNH tandis que Toews est en voie de connaître la meilleure saison de sa carrière à l'âge de 30 ans. Il reste encore à ces deux joueurs quelques bonnes saisons dans le corps.
Les Blackhawks ont également effectué l'une des meilleures transactions de la saison en mettant la main sur Dylan Strome, qui joue comme un troisième choix au total au repêchage, ce qui fut son cas en 2015, depuis qu'il patine aux côtés d'Alex DeBrincat. Ce jeune tandem donne une belle profondeur à l'attaque de Chicago.
À la ligne bleue, les vétérans Brent Seabrook et Duncan Keith ont peut-être ralenti, mais la relève est incroyablement prometteuse. Erik Gustafsson montre déjà qu'il peut diriger le jeu de puissance, alors que Henri Jokiharju a montré qu'il pouvait tenir son bout dans la LNH à 19 ans seulement. Ajoutez à ces deux-là les noms de Gustav Forsling, Nicolas Beaudin et Adam Boqvist, tous âgés de 22 ans ou moins, et on parle d'une brigade défensive qui pourrait être dominante pendant plusieurs saisons.

CHI@SJS: Gustafsson bat Jones à travers le trafic

C'est la situation devant le filet qui fera foi de tout pour les Blackhawks à court terme. Si Corey Crawford parvient à demeurer en santé pendant une saison complète, Chicago sera non seulement des séries l'an prochain, mais pourrait faire du bruit dans la section Centrale. Si l'organisation parvient à faire l'acquisition d'un adjoint de qualité, ou encore d'un autre partant, au cours de la saison morte, j'aime beaucoup les chances des Blackhawks.

John Ciolfi, producteur senior LNH.com

J'aime également les chances des Blackhawks pour toutes les raisons que Seb a mentionnées au-dessus, mais surtout en raison de leur puissante attaque. Les Blackhawks n'ont jamais marqué moins de deux buts dans un match depuis le 16 novembre, et ça pourrait s'expliquer en partie par la transaction qui a fait passer Strome à Chicago le 25 novembre. Il n'a pas pris beaucoup de temps avant de rétablir la chimie qu'il avait forgée avec DeBrincat chez les Otters d'Erie dans la Ligue de hockey de l'Ontario : en 43 matchs, le duo a amassé 40 buts et 47 mentions d'aide. Autre bonne nouvelle pour Chicago, les deux sont sous contrat jusqu'à la fin de la prochaine saison.
La mauvaise nouvelle, c'est que Brent Seabrook et Duncan Keith sont sous contrat pendant au moins quatre ans de plus. Seabrook a été remplacé par Gustafsson cette saison, et il sera difficile pour les Blackhawks de continuer de se battre pour une place en séries s'ils continuent d'accorder plus de 6 millions $ par saison à un défenseur du deuxième duo. Le directeur général Stan Bowman ne voudrait certainement pas se séparer d'un défenseur qui a aidé l'équipe à remporter la Coupe Stanley trois fois, mais s'il peut obtenir quelques joueurs ou choix de repêchage en retour, il pourrait suffisamment renforcer son alignement afin d'effectuer une poussée vers les séries dès la saison prochaine.
La situation qui me fascine, c'est celle que vivent les Ducks d'Anaheim. Oui, l'équipe a dû gérer de nombreuses blessures cette saison, mais même avec un alignement en santé, elle a eu du mal à trouver le fond du filet pendant toute la saison (153 buts, le pire total dans la LNH). Quand le DG Bob Murray a remplacé Randy Carlyle derrière le banc, il indiquait qu'il aurait l'occasion d'observer ses joueurs plus étroitement afin de mieux déterminer ce qu'il fera pendant l'été. Comme Hugues a dit, l'organisation possède beaucoup de jeunes joueurs talentueux, tant dans la LNH que dans la Ligue américaine : Korbinian Holzer est le seul défenseur des Ducks ayant plus de 27 ans, et il deviendra joueur autonome sans compensation le 1er juillet.

À mon avis, les succès des Ducks en 2019-20 dépendront énormément du plan de Murray cet été : va-t-il miser sur la jeunesse et entamer une lente reconstruction en faisant l'acquisition des joueurs de soutien, ou sortira-t-il le boulet de démolition? Et s'il décide d'y aller avec une vente de feu, quels joueurs seront intouchables?
Le plan de Murray demeure un mystère jusqu'ici. Mais en raison de la profondeur considérable de leur organisation, les Ducks ne sont jamais trop loin d'un retour en séries, peu importe leurs actions sur le marché cet été.