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Table ronde : Nos souvenirs les plus marquants du Mondial junior

Les experts du LNH.com reviennent sur les moments les plus mémorables du prestigieux tournoi

par LNH.com @LNH_FR

Tout au long de la saison, les experts du LNH.com participeront à des tables rondes pour répondre à diverses questions. En interagissant entre eux, nos experts donnent leur opinion sur plusieurs sujets chauds à travers la LNH. Aujourd'hui, on leur a posé la question suivante :

Quel est votre souvenir le plus marquant du Championnat mondial junior (le tournoi junior le plus prestigieux au monde)?

John Ciolfi, producteur senior LNH.com

Il faut d'abord admettre que jusqu'à récemment, le Championnat mondial junior n'était pas du tout gravé dans le cœur des Américains comme il l'est au Canada. Pendant la majeure partie de l'existence du tournoi, les Américains se contentaient parfaitement d'une rare médaille de bronze. Tout simplement, c'était un cas de « loin des yeux, loin du cœur » pour la plupart des amateurs au sud de la frontière. J'avoue que je n'avais même jamais entendu parler du Championnat mondial junior jusqu'à ce que j'aie 13 ans, mais même si j'avais su que le tournoi existait, je n'aurais pas eu l'occasion de le regarder parce qu'aucun de nos réseaux ici ne l'aurait diffusé!

La première vraie occasion que j'ai eue d'observer le Championnat mondial junior en personne est survenue lors de ma première année à l'emploi de la LNH, en 2010. Je me souviens de toutes les comparaisons que les experts ont faites entre la version d'ÉCJ de 2005 et celle de 2010. Le Canada était le grand favori pour remporter une sixième médaille d'or consécutive, et avec raison : une équipe qui compte Martin Jones, Ryan Ellis, Alex Pietrangelo, Adam Henrique, Nazem Kadri et Taylor Hall (entre autres) rendrait toutes les autres formations de la LNH vertes avec jalousie. Mais je me souviens également que l'équipe américaine, menée par Derek Stepan, a fait tourner des têtes pendant tout ce tournoi, incluant une défaite dans un match serré face au Canada en ronde préliminaire. Tout le monde attendait la finale avec impatience, et elle a absolument été à la hauteur des attentes.

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Le Canada a effacé un déficit de deux buts lors des trois dernières minutes du match, et tout le monde croyait qu'il allait enfoncer le dernier clou dans le cercueil en prolongation. John Carlson a cependant touché la cible avec un tir des poignets parfait du cercle gauche en surtemps pour donner aux États-Unis leur deuxième médaille d'or dans l'histoire du tournoi, une incroyable surprise pour moi et mes amis.

J'estime que la raison pour laquelle je trouve ce moment-là si marquant est le fait qu'il a été le point de départ d'une renaissance du hockey junior aux États-Unis. Lors des neuf derniers tournois, les Américains ont remporté plus de médailles (six) qu'ils en avaient remportées dans tous les tournois précédents (cinq). Cette victoire a également attiré l'attention des partisans américains, et je pense que cela a également eu une influence importante sur la croissance et la conscience accrue du hockey junior ici au cours de la dernière décennie. J'admets pleinement que le Canada demeure le roi du hockey junior, mais je suis fier que mon pays soit finalement capable de rivaliser régulièrement pour l'or.

Je crois qu'à ce point, mes chums canadiens, vous en avez marre de me voir m'éterniser sur les États-Unis, alors je vous cède la parole afin que vous puissiez glorifier la feuille d'érable…

Hugues Marcil, pupitreur LNH.com

Les affrontements Canada-Russie sont toujours très relevés et je garde un bon souvenir du CMJ 2015, quand les Canadiens avaient défait les Russes en finale à Toronto.

Je me rappelle que le Canada avait pris les devants 5-1 au cours des deux premières périodes, mais avait vu la Russie inscrire trois buts sans réplique avant la fin du deuxième vingt. Tout le monde était sur le bout de son siège au troisième engagement, et le Canada avait finalement tenu le coup pour l'emporter 5-4.

C'est une victoire marquante, car le Canada avait du même coup mis fin à une disette de cinq sans savourer la médaille d'or. Le pays comptait sur toute une équipe cette année-là, alignant notamment Connor McDavid, Max Domi, Brayden Point et Sam Reinhart.

Il y avait également une petite vengeance, car souvenez-vous, les Russes avaient vaincu les Canadiens de façon crève-cœur en 2011. Le Canada menait 3-0 après deux périodes, et la Russie avait inscrit cinq buts sans réplique pour l'emporter 5-3. C'est un autre souvenir marquant du CMJ que bien des Canadiens - y compris moi, je l'avoue - voudraient oublier.

Nicolas Ducharme, journaliste LNH.com

Pour moi, comme pour plusieurs Canadiens, l'édition 2009 du Championnat mondial junior est la plus mémorable. Par contre, ce n'est peut-être pas pour les mêmes raisons que tous les amateurs de hockey du pays.

Le match de demi-finale entre le Canada et la Russie est l'un des grands moments de sport au pays. On se souviendra que l'équipe canadienne tirait de l'arrière 5-4 avec dix secondes à faire en troisième période quand John Tavares a récupéré une rondelle perdue qu'il a envoyée en direction du filet. Elle a touché le défenseur Dmitri Kulikov, avant de rebondir directement sur la palette de Jordan Eberle, qui a feinté le gardien Vadim Zhelobnyuk pour marquer et faire lever le toit du Scotiabank Place d'Ottawa. 

Quelques minutes plus tard, le Canada a obtenu sa place en finale en l'emportant en fusillade sur un but d'Eberle, encore lui.

J'en ai encore des frissons quand j'entends la description de Stéphane Leroux de RDS 10 ans plus tard.

Je n'étais pas le seul à célébrer dans mon salon. Mon jeune frère Dominic, alors âgé de 21 ans, souriait lui aussi, mais n'était pas en mesure de sauter partout comme moi. Alors atteint d'un cancer, il avait été en mesure d'avoir assez d'énergie pour regarder tout le match, alors que nous nous étions réunis en famille et avec des amis pour cet important rendez-vous.

C'est l'un de mes derniers souvenirs de hockey avec mon frère. Il est décédé deux mois plus tard après une bataille courageuse. 

Ce moment témoigne de toute l'importance de ce championnat. À une époque où Internet a eu pour effet d'éloigner les gens, les performances d'Équipe Canada permettent à la population d'admirer les performances de cette jeunesse qui représente son pays avec fierté, mais aussi de se réunir entre proches et passer un bon moment ensemble. Il n'y a rien de plus précieux!

Robert Laflamme, journaliste principal LNH.com

Je suis désolé de casser votre party, estimés collègues, mais mon souvenir marquant est sans doute le moins glorieux pour l'équipe canadienne et le plus regrettable de l'histoire du Championnat mondial junior. 

On remonte dans le temps en 1987. Quelques-uns d'entre vous ne sont même pas dans les projets de vos parents! Moi, je suis un jeune adulte qui commence à s'intéresser au tournoi. Ça se passe dans la défunte Tchécoslovaquie. Le Canada est dirigé par Pat Burns et l'équipe a dans ses rangs quelques Québécois comme le jeune prodige abitibien Pierre Turgeon, âgé de 17 ans seulement. 

C'est le dernier match de la compétition. Un classique Russie-Canada. La Russie n'est plus dans le coup pour l'obtention d'une médaille. Le Canada doit l'emporter par au moins cinq buts pour gagner la médaille d'or. Il est assuré de remporter la médaille de bronze, même en perdant. Il mène 4-2 avec environ 14 minutes à jouer en troisième période.

Theoren Fleury reçoit un coup de bâton d'un rival et la bagarre éclate entre les deux. D'autres joueurs s'en mêlent et la situation dégénère. Les arbitres ne fournissent plus à la tâche, les bancs se vident. Au bout de plusieurs minutes d'une triste valse de violence, on décide d'éteindre les lumières dans l'amphithéâtre. La tentative désespérée de mettre fin aux hostilités fonctionne à moitié. Finalement, le calme revient, mais l'œil au beurre noir au hockey est fait. 

Les dirigeants de la Fédération internationale de hockey sur glace (FIHG) décident de disqualifier les deux équipes. Honteux, le Canada rentre au pays bredouille. Je n'étais pas très fier moi-même de mes jeunes compatriotes. L'incident n'aura toutefois pas été vain. Il a provoqué une fructueuse prise de conscience. Le pays allait remporter trois des quatre tournois suivants et huit en 10 ans afin de reléguer le malencontreux épisode aux oubliettes et bâtir sa tradition d'excellence.

Guillaume Lepage, journaliste LNH.com

John m'a ouvert la porte dès la première réponse de cette table ronde alors je saisis l'occasion pour glorifier la feuille d'érable. Tu parles de la finale de 2010, John, mais te souviens-tu de la demi-finale de 2007 entre le Canada et les États-Unis?

Un petit rappel : Jonathan Toews. Le capitaine des Blackhawks est entré dans la légende du tournoi en marquant pas moins de trois buts pour mener les siens à une victoire de 2-1 contre leurs éternels rivaux au terme d'une séance de sept rondes.

À l'époque, il faut rappeler que les règles étaient les mêmes que celles qui existent dans la LNH en ce moment, c'est-à-dire que le gagnant aurait pu être déterminer après trois tirs plutôt qu'après cinq comme c'est maintenant le cas dans les tournois régis par la FIHG. Le même joueur pouvait toutefois être envoyé à nouveau après la première vague de trois tireurs.

Ç'a duré longtemps puisque les deux gardiens, dont Carey Price pour le Canada, n'étaient tout simplement pas en mesure de faire les arrêts. En 14 tentatives, ils ont repoussé seulement cinq tirs!

On peut dire ce qu'on veut des tirs de barrage - je suis le premier à souhaiter leur disparition - mais il est difficile de passer par plus de gammes d'émotions que lors de cette séance. Comme ils tiraient en deuxième, les États-Unis ont survécu trois fois. C'est un mélange entre la joie, la nervosité et la frustration à chacun des tirs pour les partisans des deux équipes. Des montagnes russes!

Les tirs de barrage disparaîtront des tournois de la FIHG en 2019 et ce sera pour le mieux. Mais ce moment restera à jamais une pièce d'anthologie.

Sébastien Deschambault, directeur de la rédaction LNH.com

À mon tour, après John et Guillaume, de revenir sur un affrontement entre le Canda et les États-Unis, et de mon côté, je vais m'attarder sur la finale de l'édition 2004 du Championnat mondial junior.

Le Canada traversait alors une longue disette, avec six années sans médaille d'or. Après avoir remporté l'argent au cours des deux éditions précédentes, le Canada semblait en bonne voie pour finalement reprendre sa place au sommet du hockey junior alors qu'il menait 3-1 contre les Américains après deux périodes de jeu. Marc-André Fleury, qui avait été nommé meilleur gardien du tournoi l'année précédente, n'était qu'à 20 minutes de signer la victoire la plus importante de sa carrière, et d'ainsi prouver que les Penguins de Pittsburgh avaient eu raison de le sélectionner au tout premier rang du repêchage 2003 quelques mois plus tôt.

Les choses ne se sont toutefois pas passées comme Fleury et ses coéquipiers l'auraient souhaité. Patrick O'Sullivan a rapidement réduit l'écart à 3-2, puis Ryan Kesler a créé l'égalité quelques présences plus tard. Alors que tout était en place pour une fin de match enlevante, c'est plutôt l'un des buts les plus bizarres qu'il m'a été donné de voir à ce tournoi qui a décidé de l'issue de la rencontre.

Drew Stafford a tenté de rejoindre O'Sullivan avec une longue passe, mais le disque lui a échappé. Alors qu'O'Sullivan et le défenseur Brent Seabrook foncent pour reprendre la rondelle, Fleury sort de son filet et tente un dégagement. Le disque frappe son défenseur Braydon Coburn au haut du corps avant de pénétrer dans le filet.

Je vois encore Marc-André Fleury, étendu sur la glace la tête dans son filet après ce but. Jamais je ne m'étais senti aussi mal pour un joueur de hockey auparavant. Ce sentiment a été renforcé lorsque j'ai vu Fleury, les larmes aux yeux, l'air complètement abattu au cours des entrevues d'après-match.

La majeure partie des vedettes de cette équipe canadienne, menée par Sidney Crosby, Ryan Getzlaf, Dion Phaneuf et Mike Richards, allaient finalement mettre fin à la disette du pays l'année suivante avec la première conquête d'une séquence de cinq consécutives… c'est simplement dommage que Fleury n'ait pu ajouter cette distinction à son palmarès.

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