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Days of Our Lives, la belle époque pour Stéphane Richer

L'ancien no 44 des Canadiens de Montréal affirme que 'Carbo' a été plus qu'un coéquipier et un capitaine pour lui

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste LNH.com

TORONTO - Elle est loin l'époque où ils regardaient ensemble à l'étranger avec les Canadiens de Montréal les épisodes du feuilleton américain « Days of Our Lives » (Des jours et des vies), mais pour Stéphane Richer ça demeure des souvenirs impérissables passés en compagnie de Guy Carbonneau.

« Guy et moi avons été co-chambreurs sur la route pendant plusieurs saisons à mes débuts avec les Canadiens », a évoqué Richer avant de participer au Match des anciens du Temple de la renommée, dimanche. « Guy n'était pas le plus jasant. Les fois où on discutait le plus, c'est quand on regardait le 'soap' 'Days of Our Lives' ensemble, les après-midis des matchs. C'était ma façon d'apprendre l'anglais.

« C'était également devenu une superstition pendant la saison 1987-88 parce que j'approchais du plateau des 50 buts. Je ne voulais pas changer ma routine d'avant-match », a ajouté Richer en s'esclaffant.

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Tout ça pour dire que Richer considère Carbonneau comme un mentor. Il est donc on ne peut plus fier de le voir au sein de la cuvée 2019 du Temple de la renommée du hockey.

« J'ai été très proche de lui les deux années que j'ai 'scoré' 50 buts ou plus, ça montre l'influence positive qu'il a eue sur moi, a-t-il avancé. Je n'avais que 21 ans, je ne pouvais pas aller dans les bars aux États-Unis. 'Carbo' voyait à ce que je fasse bien ça. Il me disait de rester dans la chambre. ''Tu vas comprendre un jour. Tu auras bien le temps de te reprendre'', me répétait-il. Je l'écoutais. Je restais dans la chambre à manger des clubs-sandwichs et à siroter quelques bières.

« Je lui ai toujours été reconnaissant, je lui ai dit souvent. Il a été plus qu'un coéquipier et un capitaine pour moi. Il a été une bonne personne. »

L'ineffable Richer a dit que sans que Carbonneau le sache, il a fait de lui un meilleur joueur.

« Carbo était un étudiant du jeu. Il faisait ses devoirs avant chacun des matchs, il connaissait toutes les tendances de ses adversaires, a-t-il relevé. Ce qu'il ne réalisait pas, c'est qu'il a fait de moi un meilleur joueur. Quand je l'écoutais m'expliquer des choses et pratiquer, je comprenais à mon tour ce que je devais faire pour marquer des buts.

« Il disait tout le temps qu'il devait s'avancer à moins d'une longueur de bâton d'un joueur pour l'empêcher de tirer. J'appliquais donc la règle de mon côté pour pouvoir toucher le filet le plus souvent possible. »

« Tire-moi dessus! »

L'ancien no 44, qui a réussi 421 buts en 1054 matchs dans la LNH, a estimé que Carbonneau a été un précurseur dans les tirs bloqués.

« Avant lui, c'étaient principalement les défenseurs qui essayaient d'arrêter des lancers. 'Carbo' en a fait sa spécialité. L'équipement n'était pas ce qu'il est aujourd'hui et il n'était pas le plus imposant physiquement. Quand je le voyais à Boston se jeter devant des lancers de Raymond Bourque, je me fermais les yeux sur le banc. C'est ce qu'il voulait faire. Dans les pratiques, il me demandait parfois de lui tirer dessus. Je lui disais que je ne pouvais pas faire ça parce que j'allais le tuer! »

Pour Richer, Carbonneau a révolutionné l'art du jeu en défense pour un attaquant.

« Il a appris de Doug Jarvis et de Bob Gainey. Il était meilleur que Jarvis sur le plan offensif. Il savait jouer au hockey. Pour avoir joué souvent avec lui et Bob Gainey, j'ai compris bien des choses.

« 'Carbo' a changé la game, a-t-il continué. Bob (Gainey) a été super bon, mais c'était un ailier qui allait et revenait en ligne droite. 'Carbo' faisait tout : les mises au jeu, les lancers bloqués. Il a été une source d'inspiration pour plusieurs joueurs de la génération suivante. Maintenant, tout le monde bloque des lancers. »

Le hockeyeur natif de Ripon, en Outaouais, s'est dit surpris d'être le seul francophone et ancien joueur des Canadiens, de l'époque de Carbonneau, à prendre part au Match des anciens.

« Je pensais que c'était une erreur. Je me serais attendu à ce qu'il y ait plus d'anciens coéquipiers de 'Carbo'. Je ne sais pas comment ça fonctionne. Pour moi, c'est un bel honneur. C'est ma deuxième participation au Match des anciens du Temple de la renommée. J'apprécie énormément et je suis content.

« Je suis surtout content pour 'Carbo'. Il a dû patienter pendant plus longtemps que prévu, mais le voilà maintenant au Temple de la renommée et il le mérite. Un autre Québécois qui fait son entrée au Temple, on doit être fier de ça », a conclu Richer.

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