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Simon Gagné trouve insoutenable de voir ses coéquipiers à l'oeuvre

LNH.com @NHL

PITTSBURGH - Le premier match de la finale de l'Est, vendredi soir, était terminé depuis une vingtaine de minutes. A l'extérieur de l'exigu vestiaire des Flyers de Philadelphie au Mellon Arena, trois joueurs suent à grosses gouttes sur des bicyclettes stationnaires. Debout près d'eux, le dos appuyé au mur et les mains dans les poches, Simon Gagné leur fait la conversation.

L'attaquant vedette québécois fait ce qu'il peut afin de soutenir ses coéquipiers. Confiné au repos complet afin de récupérer d'une commotion cérébrale mal diagnostiquée, il paierait cher pour lutter dans les coins de patinoire avec eux. Il affirme trouver la situation insoutenable.

"C'est extrêmement difficile pour moi d'être là, à regarder mes coéquipiers, avoue Gagné. Je suis là pour eux, mais en même temps je me sens inutile. Je n'ai jamais connu un pire sentiment que celui-là depuis que je joue au hockey. Je vis la situation la plus dure de ma carrière."

La série de deuxième tour contre le Canadien a été particulièrement pénible à subir, convient-il.

"J'aurais tellement voulu affronter le Canadien", confie le hockeyeur natif de Sainte-Foy, âgé de 27 ans.

Gagné n'a d'autre choix que de prendre son mal en patience. Il ne reviendra pas au jeu cette saison, même si les Flyers devaient atteindre la limite des sept matchs de la finale de la coupe Stanley, dans un mois.

"Je ne souffre plus d'aucun symptôme et je dois recevoir sous peu le 'okay' des médecins pour commencer à faire de légers exercices", indique-t-il.

"Je me sens bien et la tentation de revenir est forte, mais je dois y résister. Même si je commençais à m'entraîner immédiatement, je ne pourrais pas. Le temps joue contre moi. Et il est préférable que je ne précipite pas les choses."

Les Flyers ne vont courir aucun risque, comme les Bruins de Boston l'ont fait avec Patrice Bergeron. Rencontré dernièrement à Québec, dans le cadre du championnat mondial de hockey, Bergeron a confié qu'il n'a pas réellement failli revenir au jeu contre le Canadien, au premier tour des séries.

"Même s'il y avait eu un match numéro huit, je ne l'aurais pas joué. Mais je serais fort possiblement revenu si on avait passé au tour suivant", a affirmé Bergeron, qui s'est entraîné avec ses coéquipiers pendant quelques semaines.

Gagné, lui, est encore très loin d'un retour sur patins, lui qui n'a pris part qu'à 25 matchs en saison régulière (18 points).

Une seule commotion

Gagné a subi la commotion cérébrale qui est à la base de tous ses maux le 24 octobre, résultat de la mise en échec au menton de Jay Bouwmeester des Panthers de la Floride. Il a raté quatre matchs, avant d'être ébranlé de nouveau le 7 novembre. Après avoir manqué 26 rencontres, il s'est reblessé dès sa première présence sur la glace au cours du match du 10 février, à Pittsburgh.

"Je n'ai pas subi trois commotions, contrairement à ce qu'on peut croire. C'est plutôt que la première n'a jamais guéri. Chacun des deux autres coups reçus à la tête a aggravé les symptômes de la commotion initiale", a-t-il expliqué.

En d'autres mots, Gagné serait peut-être de la partie en finale de l'Est s'il n'était pas revenu au jeu trop tôt, à la suite du coup de Bouwmeester. Mais ça, on ne le saura jamais.

Gagné n'a pas discuté avec Bergeron depuis un bout de temps. Les deux athlètes se connaissent bien. Ils patinent habituellement ensemble l'été à Québec.

"On va sûrement se voir cet été. On va avoir beaucoup de choses à se dire, des conseils à se donner", résume-t-il.

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