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Sidney Crosby et Evgeni Malkin ont l'œil sur l'histoire

Une troisième conquête de la Coupe Stanley placerait les attaquants des Penguins parmi les grands de leur sport

par Nicholas J. Cotsonika @cotsonika / Chroniqueur NHL.com

PITTSBURGH - Il y a un an, Mario Lemieux était debout sur la patinoire, seul dans son coin, à regarder en silence ses Penguins de Pittsburgh faire un dernier tour avec la Coupe Stanley.

Il avait remporté la Coupe deux fois en tant que joueur des Penguins, en 1991 et 1992. Ça lui avait permis de consolider son statut en tant qu'un des meilleurs joueurs dans l'histoire de la LNH. Il a maintenant obtenu la Coupe deux fois dans le rôle de propriétaire, en 2009 et 2016, tandis que Sidney Crosby et Evgeni Malkin l'avaient chacun décrochée deux fois en tant que joueurs, eux aussi.

« Je trouve que c'est important que de grands joueurs comme Sid et Malkin aient gagné deux fois la Coupe, avait alors déclaré Lemieux. C'est tellement difficile de la remporter d'année en année, qu'ils aient pu réussir cette année et remporter leur deuxième championnat... »

Il n'a pas terminé sa phrase, peut-être parce qu'il estimait qu'il y en aurait d'autres à venir.

« J'espère qu'il y en aura quelques autres pour eux, a-t-il dit. Ce sont des joueurs incroyables. »

Pour les Penguins, et pour Crosby et Malkin en particulier, la Finale de la Coupe Stanley 2017 représente bien plus qu'une simple occasion de décrocher un championnat. Dans leur cas, il est plutôt question du niveau d'excellence qu'ils vont atteindre.

Lorsqu'ils affronteront les Predators de Nashville, à commencer par le premier match de la série qui aura lieu lundi au PPG Paints Arena (20 h (HE) ; TVA Sports, CBC, SN, NBC), ils auront l'occasion de se hisser encore plus haut dans la hiérarchie des grands joueurs dans l'histoire du hockey.

Les Penguins pourraient devenir la septième équipe à mettre la main sur la Coupe une cinquième fois, après les Canadiens de Montréal (24), les Maple Leafs de Toronto (13), les Red Wings de Detroit (11), les Bruins de Boston (six), les Oilers d'Edmonton (cinq) et les Blackhawks de Chicago (cinq). Ils pourraient devenir la première formation à tout rafler deux années de suite depuis que les Red Wings ont réussi le coup en 1997 et 1998.

Ils pourraient devenir la première équipe à remporter deux titres de suite depuis que la LNH a mis en place le plafond salarial en 2005, et ainsi rejoindre les Blackhawks au rang des formations qui ont décroché le plus de championnats depuis ce temps, avec trois, ce qui leur permettrait de revendiquer le statut de meilleure équipe de cette ère. Ils pourraient donner à Lemieux un troisième championnat en tant que propriétaire, un de plus qu'il n'en a remporté comme joueur.

Malkin s'est vu décerner le trophée Conn Smythe en tant que joueur le plus utile à son équipe dans les séries éliminatoires de la Coupe Stanley en 2009. Crosby l'a obtenu l'an dernier. Ils sont tous deux des candidats encore cette année, alors que Malkin est le meilleur marqueur de la ligue en séries avec une récolte de 24 points (sept buts, 17 aides) en 19 matchs tandis que Crosby a 20 points (sept buts, 13 aides) en 18 rencontres.

« Je sais, du simple fait de côtoyer Sid et d'en discuter avec lui, à quel point c'est important pour lui, a affirmé l'attaquant des Penguins Matt Cullen. Je ne me rappelle pas l'avoir vu aussi déterminé et dévoué que depuis le début des séries de cette année, et c'est encore plus le cas ces derniers jours. Il n'a pas son égal en raison de son esprit de compétition. Des joueurs comme ça, on n'en voit pas souvent. »

Lorsqu'on lui a demandé si Crosby est conscient de l'aspect historique que cette présence en Finale représente, Cullen a répondu : « Aucun doute, il sait où nous en sommes et il est très familier avec l'histoire du hockey. Sid aime le hockey plus que quiconque et il suit probablement ça de plus près que quiconque. Je crois qu'il comprend encore mieux que les autres ce que représente la position dans laquelle nous nous trouvons et ce que représente une opportunité comme celle-là. »

Crosby, de son côté, a tenté de minimiser tout ça. Il roule sa bosse depuis assez longtemps et il a connu tellement d'épreuves, en raison des blessures et des différentes déceptions qu'il a vécues, qu'il sait que remporter la Coupe est un élément de motivation qui est suffisant en soi. C'est tellement difficile de se rendre jusqu'en Finale, et encore plus d'y avoir le dessus, qu'au moment de t'y rendre, tu veux en tirer profit simplement dans le but de couronner une belle saison de la bonne façon. Les Predators ne seront-ils pas tout aussi motivés? Leur organisation n'a jamais atteint la Finale auparavant. Aucun de leurs joueurs n'a remporté la Coupe auparavant.

« Il y a beaucoup d'éléments de motivation, a noté Crosby. Peut-être que [l'histoire] en est un, mais ce n'est pas quelque chose à laquelle tu penses constamment. Nous avons la chance d'être de retour et c'est une belle opportunité. »

Mais quand on lui a demandé quelle grande équipe il regardait jouer lorsqu'il était jeune, le visage de Crosby s'est illuminé. Né en 1987, il ne se souvient pas des Oilers des années 1980 et il n'était pas assez vieux pour saisir toute l'ampleur des victoires des Penguins au début des années 1990. L'équipe qu'il a nommée ?

Il s'agit, justement, de la dernière équipe à avoir raflé deux titres de suite : les Red Wings de 1997 et 1998. Il a souligné le fait que Detroit avait pu garder le même noyau de joueurs intact, tout en y greffant des nouveaux venus tels que Dominik Hasek, Brett Hull et Luc Robitaille, ce qui a mené à un nouveau championnat en 2002.

« Les voir trouver une façon de l'emporter, c'était plutôt spécial », a indiqué Crosby.

Il y a les équipes championnes, et ensuite il y a les équipes qui ont quelque chose de spécial. Les Penguins ont l'occasion de devenir une de ces équipes spéciales. Crosby et Malkin ont déjà ce statut en tant que joueurs pour différentes raisons, mais ils ont l'occasion de se faire une place dans un groupe encore plus remarquable.

« Le seul record dont je tiens compte, c'est le nombre de conquêtes de la Coupe, a dit Malkin. Si je gagne une autre Coupe, ce sera mon record. Je ne pense pas aux points. Seulement à l'équipe. Seulement à en gagner deux de suite. »

Seulement à remporter quatre autres matchs.

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