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Sidney Crosby est aussi perfectionniste qu'avant

Le joueur vedette des Penguins réinvente continuellement son jeu afin de demeurer au sommet

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

MONTRÉAL - Sidney Crosby a toujours été en avant de son temps. Il va de soi que le numéro 87 des Penguins de Pittsburgh s'apprête à être le joueur actif de la LNH qui franchit le plateau des 1000 points le plus précocement.

Le joueur surdoué dont on dit qu'il a été programmé pour jouer au hockey depuis qu'il est âgé de 14 ans. Le joueur le plus dominant de sa génération, dont on dit qu'il pense hockey à longueur de journée et d'année depuis ses débuts dans la LNH.

Ç'a longtemps été vrai. Ça l'est moins.

« C'est ce qui a changé chez lui : il ne pense plus au hockey 24 heures sur 24 », prétend son ancien coéquipier Pascal Dupuis dans une entrevue à LNH.com. « Il a compris comment gérer son temps dans une journée afin de demeurer à son plein potentiel. À son arrivée dans la ligue, à l'âge de 18 ans, c'était hockey 24 sur 24, mais c'est différent à 29 ans. C'est l'expérience qui a rentré… »

Le temps a filé, Crosby a peine à réaliser qu'il s'est écoulé plus de 11 ans depuis qu'il a fait ses débuts dans la LNH, le 5 octobre 2005. Ce soir-là, au Meadowlands Arena de Secaucus, au New Jersey, il allait récolter le premier des 993 points qu'il a à sa fiche dans un revers de 5-1 des Penguins contre les Devils.

Au retour de la pause du Match des étoiles, il sera le 86e joueur de la LNH à franchir la barre des 1000 points. Il signera l'exploit quelques semaines après Alex Ovechkin des Capitals de Washington. Ils ont tous deux amorcé leur carrière en 2005-06.

« Le temps passe vite, c'est ce qui me frappe quand j'y pense », a affirmé Crosby récemment lors du passage des Penguins au Centre Bell. « Ça s'est passé quelque peu différemment de ce que j'aurais souhaité, mais ultimement je fais ce que j'adore à tous les jours. Évidemment ça ne fait pas de mal d'avoir remporté une Coupe Stanley ou deux. De faire quelque chose que j'adore, c'est ce que je voulais et j'apprécie d'être encore capable de le faire. J'espère le faire pendant encore longtemps. »

Crosby aurait atteint le plateau plus rapidement s'il n'avait pas raté 107 matchs principalement en raison de commotions cérébrales au cours des saisons 2010-11 et 2011-12.

Il a 748 matchs derrière la cravate tandis qu'Ovechkin a fait son entrée dans le club sélect des 1000 points à son 885e match. Le vénérable Jaromir Jagr des Panthers de la Floride est le joueur actif qui a obtenu son 1000e point le plus tôt, à son 763e match.

Grand perfectionniste

L'obsession pour le sport est peut-être moins omniprésente, mais la passion qui l'anime de rester au sommet de son art ne s'est pas estompée d'un iota.

Crosby carbure toujours à l'excellence et il demeure un grand perfectionniste. Après avoir connu un passage à vide au début de la saison dernière, qui a suscité des doutes, il connaît peut-être ses meilleurs moments en carrière.

Choisi le joueur par excellence des séries éliminatoires 2016, il a aidé le Canada à gagner le tournoi de la Coupe du monde en septembre. Il poursuit sur sa lancée cette saison, après avoir raté les six premiers matchs en raison d'une commotion cérébrale, en menant la ligue avec 28 buts.



« C'est de voir comment il se prépare et comment il aborde le sport différemment de tout le monde », a mentionné Dupuis, qui a aidé Crosby à récolter plusieurs points en évoluant à ses côtés pendant environ cinq saisons avant d'être contraint à accrocher ses patins, la saison dernière.

« Il est le meilleur joueur au monde, mais il travaille constamment sur les aspects qu'il estime qu'il doit améliorer, a-t-il ajouté. Je me rappelle qu'au début de sa carrière, on disait qu'il ne possédait pas un redoutable tir. Il a tellement pratiqué son lancer qu'il l'a grandement amélioré. La même chose pour les mises au jeu. Il a tellement pratiqué cet aspect qu'il est devenu un des meilleurs.

« Il est très intelligent. Il sait comment réinventer son jeu en faisant les ajustements nécessaires. »

Cette saison, ce n'est pas le fruit du hasard si on l'a vu inscrire plusieurs buts tout près du filet en faisant dévier la rondelle dans les airs.

« Il est un des premiers joueurs qui sautent sur la glace et un des derniers qui quittent lors des séances d'entraînement, a soulevé le jeune ailier Bryan Rust. C'est à ce moment qu'il peaufine des aspects précis comme faire dévier la rondelle dans les airs. Ce ne sont pas des choses que vous penseriez faire, mais il le fait et ça devient des armes de prédilection dans son arsenal.

« C'est de toute beauté de le voir aller, a renchéri le vétéran attaquant Chris Kunitz. C'est spécial ce qu'il va accomplir sous peu, en si peu de matchs à part ça. Nous atteignons tous des plateaux, à différents stades de notre carrière. Mais il le fait au rythme des grands joueurs, comme peu d'autres peuvent le faire. »

Athlète d'exception

Depuis son arrivée à la barre des Penguins en décembre 2016, l'entraîneur Mike Sullivan ne se lasse pas de souligner que c'est la première fois qu'il côtoie un professionnel de la trempe de Crosby.

« C'est un athlète inspirant à côtoyer sur une base quotidienne, a-t-il répété dernièrement à Montréal. J'ai vraiment appris à admirer sa façon de faire, ses habitudes de travail colossales et à apprécier l'être humain. Nous sommes choyés de le voir à l'œuvre de près, pas uniquement dans les matchs mais dans les séances d'entraînement, et de voir comment il s'y prend afin d'améliorer sans cesse son jeu. Il est impressionnant.

« Pour une vedette comme lui, il a un appétit insatiable d'être le meilleur dans tout et tout le temps. Le plateau qu'il va atteindre témoigne du joueur qu'il est depuis un bon bout du temps.

« Non seulement est-il un grand joueur, il est affamé de victoires, il a à cœur les succès de l'équipe et c'est un merveilleux coéquipier. Je suis assuré que dans plusieurs années nous nous dirons que ç'a été un grand privilège d'avoir fait partie de ce groupe des Penguins et de l'avoir eu avec nous », a conclu Sullivan.

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