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Shea Weber est prêt pour ses débuts avec le Tricolore

Le défenseur apporte quelque chose de différent à l'équipe montréalaise

par Arpon Basu @ArponBasu / Directeur de la rédaction LNH.com

BROSSARD, Québec - Au début, Shea Weber croyait qu'on lui posait une question sur un autre sport.

Quand on lui a demandé mardi s'il allait regarder son ancienne équipe, les Predators de Nashville, disputer un premier match depuis qu'on l'a échangé aux Canadiens de Montréal en retour de P.K. Subban, Weber n'a pas tout à fait compris ce qu'on lui demandait.

« Oh, Nashville, a-t-il répondu. J'ai cru entendre 'les Nationals'. »

Pas tout à fait, Shea.

Pas les Nationals de Washington du baseball majeur, mais plutôt les Predators de Nashville, l'équipe dont tu as jadis été le capitaine, celle avec laquelle tu as passé les 11 premières saisons de ta carrière.

« Pour être honnête avec vous, je ne savais même pas à quel moment ils jouaient, a dit Weber. Je vais continuer de communiquer avec les gars là-bas, ce sont mes amis, mais je vais surtout me concentrer sur ce que nous devons faire ici. »

Il serait sans doute juste de dire que Weber est passé à autre chose depuis la transaction et qu'il se consacre entièrement à sa nouvelle vie avec les Canadiens, à l'occasion d'un chapitre qui commencera jeudi soir quand il disputera son premier match du calendrier régulier avec la formation montréalaise contre les Sabres de Buffalo au KeyBank Center (19h HE ; RDS, SN360, MSG-B).

« Évidemment, mon premier match [avec les Canadiens] a été le match préparatoire d'il y a quelques jours, et c'était bien de pouvoir aller sur la patinoire avec les gars, a affirmé Weber. Nous allons continuer de bâtir au fil de la saison et continuer de nous améliorer.

« Nous allons devenir ce que nous voulons être. »

Weber aura un rôle important à jouer cette saison, alors qu'il cherchera à aider les Canadiens à devenir ce que le directeur général Marc Bergevin avait en tête quand il a décidé d'échanger Subban aux Predators, le 29 juin. Bergevin veut aligner une équipe qui est difficile à affronter et qui est menée par un solide groupe de leaders ; ce sont justement là deux qualités qu'incarne Weber.

Il y a toutefois une autre qualité que Weber amène à Montréal et qui est plus difficile à cerner, soit le facteur 'intimidation' qui lui est propre.

« Je ne pense pas que l'intimidation est ce qu'elle était dans les années 1980, c'est différent maintenant, a noté Bergevin. C'est plutôt une question de faire sentir sa présence. D'avoir un joueur qui va te faire payer le prix. Si tu veux aller au filet, tu vas devoir en payer le prix.

« Et il y a bien des joueurs qui n'aiment pas payer le prix. »

Le capitaine des Canadiens Max Pacioretty a eu l'occasion de découvrir à quel point Weber a cette capacité innée d'intimider l'adversaire, le mois dernier, à l'occasion de la Coupe du monde de hockey 2016.

Pacioretty attendait l'ascenseur à son hôtel à Columbus, alors qu'il s'apprêtait à se rendre au Nationwide Arena en vue du premier match préparatoire d'Équipe États-Unis contre Équipe Canada, le 9 septembre.

À sa grande surprise, quand les portes se sont ouvertes, seul dans l'ascenseur se trouvait Weber, le nouveau coéquipier de Pacioretty avec les Canadiens, mais aussi un joueur qui allait être son adversaire en soirée. Pacioretty a vite réalisé qu'à ce moment-là, ils n'étaient pas des coéquipiers.

« Il était concentré sur le match et, évidemment, je le connais depuis quelques semaines maintenant, mais je ne l'avais jamais vu aussi concentré. Il faisait peur, a raconté Pacioretty durant la Coupe du monde. Même durant les hymnes nationaux, il fait peur quand tu le regardes. Il a une présence qui se fait sentir, il est intimidant. »

Voilà encore ce mot : présence. Un mot qu'on utilise encore et encore pour décrire Weber et l'impact qu'il a au sein d'une équipe. Personne ne peut expliquer avec précision en quoi consiste cette présence, mais elle est bien palpable.

Pacioretty est bien heureux qu'il n'aura plus à vivre ce qu'il a vécu dans cet ascenseur à Columbus, Weber étant maintenant son allié.

« Je sais que pas mal de joueurs ressentent la même chose, parce que tout le monde à la Coupe du monde m'a évidemment posé des questions sur la transaction en raison du fait que c'était le sujet de l'heure, et chacune des personnes à qui j'en ai parlé m'a dit qu'il était le joueur le plus difficile à affronter dans la Ligue, a raconté Pacioretty. Comment peut-on mesurer ça ? Les gens ont parlé de statistiques avancées, mais sa présence a un effet psychologique sur l'équipe que tu affrontes. »

Les Canadiens en bénéficieront aussi de façon concrète parce que la « présence » de Weber permet de s'assurer que les attaquants adverses ne s'aventureront pas trop près du gardien Carey Price, le meilleur joueur du club montréalais et son actif le plus précieux.

Il faudra attendre un peu pour assister au premier match de la saison de Price alors qu'il se remet d'un virus qui le forcera à rater le match à Buffalo. Mais lorsqu'il reviendra au jeu et qu'on pourra jumeler sa capacité à intimider les tireurs à un point tel que ceux-ci ont tendance à rater le filet - ce que des adversaires ont reconnu par le passé - à la capacité de Weber de les intimider au point de les empêcher de s'approcher du filet, cela pourrait s'avérer une combinaison très efficace.

« Ces deux gars-là ont un impact énorme quand vient le temps d'intimider l'adversaire, a noté Pacioretty. Je sais que des gens vont probablement lire ça et lever les yeux au ciel en se disant que ça n'a aucun effet. Mais je sais fort bien que ç'a un effet. Les gens veulent que nous soyons honnêtes ? C'est là une affirmation très honnête. »

L'acquisition de Weber s'est avérée une déception pour bien des partisans à Montréal parce que Subban était un joueur populaire, lui qui plaisait aux amateurs en raison de sa personnalité, de son implication dans la communauté, de son amour pour la ville et de sa capacité à soulever la foule du Centre Bell grâce à son style de jeu électrisant.

Mais Weber n'est qu'un des nombreux nouveaux venus qu'on retrouve au sein d'une formation des Canadiens qui a été transformée de façon importante, notamment grâce à l'arrivée des attaquants Andrew Shaw et Alexander Radulov, et aussi en raison du talent prometteur du défenseur recrue de 18 ans Mikhail Sergachev, qu'on a choisi de garder avec l'équipe pour l'instant.

Si Weber peut aider à faire des Canadiens une équipe gagnante en vertu de son jeu défensif, de sa capacité à marquer des buts avec son puissant tir frappé et de sa « présence », il y a fort à parier que les partisans vont vite oublier la transaction qui les avait rendus si tristes en juin.

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