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Shane Doan fait ses adieux avec classe

L'attaquant est reconnaissant des marques d'appréciation qu'il a reçues tout au long de sa carrière de 20 saisons en Arizona

par Nicholas J. Cotsonika @cotsonika / Journaliste NHL.com

Shane Doan a annoncé sa retraite de la LNH dans une lettre publiée dans le quotidien Arizona Republic, mercredi. Vers la fin, il y a cinq phrases qui commencent par « Merci ». Au coeur du paragraphe, on peut y lire ceci: 

« Les partisans ont été derrière moi tout au long de ma carrière ainsi que dans les hauts et les bas des Coyotes, a écrit Doan. Des joueurs plus talentueux que moi n'ont jamais reçu le même déferlement d'appréciation et de respect. » 

Oui, les partisans se sont rangés derrière Doan et les Coyotes. Mais ils l'ont fait parce que lui-même était derrière eux en raison du type de personnalité qu'il possède et du joueur qu'il était. 

Ce n'est pas qu'une question de talent ou d'aptitudes. C'est une affaire de loyauté, de caractère et de classe. C'est ce que les gens apprécient et respectent le plus, et ça fera partie de l'héritage de Doan. 

Doan, natif de Halkirk, en Alberta, a été un choix de premier tour (no 7) des Jets de Winnipeg au repêchage 2015. Il a fait ses débuts dans la LNH trois jours avant son 19e anniversaire de naissance plus tard dans l'année. Il a passé deux décennies avec l'organisation des Coyotes, les 14 dernières à titre de capitaine de l'équipe. 

Il n'a pas été le meilleur joueur de la LNH. Il n'a pas été parfait, également, commettant sa part d'erreurs. Mais il a été humain, humble, dur et engagé. 

Des hauts et de bas? À commencer par la saga des Coyotes, en passant par les parcours fructueux de l'équipe en séries éliminatoires et des gradins remplis jusqu'aux déboires, tant sur la glace qu'à l'extérieur, incluant une faillite, des problèmes d'amphithéâtre et des changements de propriétaires. 

Par moments, Doan a été frustré par les autres. Par moments, il a exprimé sa désapprobation avec la vision des dirigeants. Par moments, il aurait pu quitter. 

Il aurait pu le faire, surtout après que les Coyotes lui eurent indiqué de façon peu cavalière qu'il ne faisait plus partie des plans. Il a suscité de l'intérêt de quelques équipes, à ce qu'on raconte. Personne n'aurait pu le blâmer s'il avait accepté un contrat d'une autre équipe. Il n'a jamais eu la chance de jouer en Finale de la Coupe Stanley, encore moins de soulever la Coupe à bout de bras. 

Contre vents et marées, il est resté. 

Il a disputé 1540 matchs et il a marqué 402 buts pour la même concession. Il a représenté les Coyotes au Match des étoiles à deux reprises. Il est demeuré dans le désert où il croyait que le hockey pouvait prospérer malgré le doute de plusieurs. 

Il va maintenant rester à l'endroit où il a élu domicile à l'âge de 40 ans, avec son épouse Andrea et leurs quatre enfants. 

« Je suis en paix », écrit-il dans le Arizona Republic

Une fois, dans un moment d'humour macabre, a déjà comparé la saga des Coyotes à une scène du film « Monty Python et le Saint Graal ». Celle où un homme traverse un village en faisant sonner une cloche, disant aux vivants de sortir leurs morts. Un autre homme, sur le point d'être jeté dans un chariot transportant des cadavres, insiste pour dire que non seulement il est vivant, il prend du mieux. On lui dit que ce n'est pas le cas et qu'il mourra bientôt. 

« C'est en quelque sorte comme ça ici », avait souligné Doan après avoir récité quelques lignes avec un accent anglais.   

Dans le film, l'homme se fait couper la tête et il est projeté dans le chariot. Doan et les Coyotes ont continué de lutter. Doan a fait l'analogie en janvier 2012 au moment où il écoulait sa dernière année contractuelle, que la situation de la concession était précaire et qu'on se demandait s'il accepterait de lever sa clause de non mouvement en vue de la date limite des échanges. Il ne l'a pas fait. 

« J'ai le sentiment que ma tâche est d'aider l'équipe à connaître du succès », avait dit Doan. 

Quelques mois plus tard, les Coyotes ont atteint la finale de l'Association de l'Ouest contre les Kings de Los Angeles. Dans la foule survoltée en Arizona il y avait un jeune s'appelant Auston Matthews, qui était tombé en amour avec le hockey grâce aux Coyotes et qui avait une affiche géante de Doan sur un mur de sa chambre. 

Matthews avait pu chausser les patins avec Doan au cours de l'été, avant d'être le tout premier choix du repêchage 2016 et de gagner le trophée Calder à titre de recrue par excellence de la LNH dans l'uniforme des Maple Leafs de Toronto, la saison dernière. 

À l'occasion du passage des Maple Leafs en Arizona le 23 décembre, Matthews a été envoyé sur la glace pour la mise en jeu initiale contre Doan, qui a réussi son 400e but à son 1500e match. 

« C'était mon idole », a confié Matthews à LNH.com le 20 juin à la suite de l'annonce des Coyotes que Doan ne serait pas de retour. « J'ai eu la chance de le connaître, c'est tellement une bonne personne. Aussi bon soit-il sur la glace, la personne qu'il est à l'extérieur est l'incarnation de ce qu'il est. 

« Je suis très attristé de voir ça. Mais il a tout donné, il a fait partie de l'organisation pendant 21 ans, et il a aura eu un impact considérable tant sur la glace qu'à l'extérieur. » 

Merci, Shane.

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