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Serge Savard de retour en terrain connu à Winnipeg

« Le Sénateur » renoue avec son passé avec les Jets

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

WINNIPEG - Serge Savard apprécie grandement ce qu'il voit des Canadiens de Montréal jusqu'à maintenant cette saison. L'ancien grand défenseur et directeur général du CH préfère toutefois patienter avant de porter un jugement sur la valeur réelle des troupiers de l'entraîneur Michel Therrien.

« Ils ont fait plusieurs changements et ils connaissent un début de saison impressionnant, semblable à celui de l'an dernier », a énoncé Savard, vendredi, dans le cadre de sa participation à la Classique Héritage à titre d'un des entraîneurs des Anciens des Jets de Winnipeg.

«  Mais il va falloir patienter quelque peu parce que nous avons vu ce que ç'a donné, la saison dernière, après la perte de Carey Price », a-t-il rappelé.

Celui qu'on appelle « le Sénateur », qui est âgé de 70 ans, a relevé que l'arrivée du défenseur Shea Weber, acquis dans l'échange de P.K. Subban, s'avère positive. Il estime toutefois que les succès de l'équipe reposent davantage sur rendement d'un autre nouveau venu, l'attaquant Alexander Radulov.

« La venue de Radulov a été peu coûteuse et peut apporter une dimension différente à l'équipe s'il marque 30 buts », a-t-il argué.

Savard marche sur des œufs en lien avec l'échange Subban-Weber. Il insiste pour dire qu'il ne veut surtout pas s'immiscer dans les affaires courantes du Tricolore. D'autant qu'il croit qu'une intervention qu'il a faite à l'endroit de Subban, il y a quelques années, (il lui avait conseillé d'être un meilleur joueur d'équipe) a probablement été mal accueillie par les dirigeants.

S'il reconnaît que Weber est un excellent joueur, qui peut faire des Canadiens une meilleure équipe au cours des prochaines saisons, il ne manque pas de souligner que Subban est quatre ans plus jeune que lui.

« On a fait la transaction pour une raison. Ce sont eux (les dirigeants) qui savent parce qu'ils vivaient avec. Quand j'étais directeur général, il y avait toujours une raison derrière un échange que je faisais. Il (Subban) n'était pas le favori de l'organisation et de l'entraîneur. Il pourra sans doute s'épanouir plus librement à Nashville. »

Winnipeg, ville d'adoption

Savard est de retour dans sa ville canadienne d'adoption, près de 35 ans après avoir enfilé l'uniforme des Jets peu de temps après l'ouverture de la saison 1981-82.

Il a évoqué dans quelles circonstances il a joint les rangs de l'équipe, après avoir pourtant pris sa retraite dans l'uniforme des Canadiens le 12 août.

« Il y avait dans ce temps-là, avant le début des saisons, une séance de repêchage de joueurs que les équipes laissaient sans protection. Le directeur général John Ferguson - ancien coéquipier chez les Canadiens - m'avait réclamé sans même que je le sache », a-t-il raconté.

Quand Ferguson l'avait contacté afin de solliciter ses services, il avait poliment décliné parce qu'il n'avait pas le goût de revenir sur sa décision et qu'il venait d'amorcer un cours en immobilier.

« John était insistant. Il a continué de m'appeler à toutes les semaines ou presque, a-t-il continué. Puis, je vais toujours m'en rappeler, il m'a appelé en pleine nuit après une cinglante défaite des Jets au Minnesota, du genre 15-2 (le 11 novembre 1981).

« 'Il faut absolument que tu viennes. J'ai une équipe jeune, tu peux venir nous donner un coup de main', m'avait-il supplié.

« En raccrochant, mon épouse m'a dit : 'Donnes-moi 24 heures et je suis prête'. Ç'a toute changé la donne. Je suis revenu au jeu en décembre. »

S'Il n'obtient pas l'assentiment de son épouse, possiblement que le projet ne se concrétise jamais. Elle devait ressentir le désir de son mari de vouloir reprendre du service.

« Un athlète, ça ne meurt jamais, a affirmé Savard. J'étais content de revenir au jeu. Aujourd'hui, quand je regarde en arrière, ç'a été deux années extraordinaires. Les enfants étaient jeunes. Ils ont pu devenir bilingues. »

Amitié avec Hawerchuk

Savard a disputé au total 123 matchs en saison régulière chez les Jets - 47 au cours de la première saison. L'équipe s'est qualifiée pour les séries au cours des deux saisons, après avoir connu une saison 1980-81 exécrable de neuf victoires.

« Je ne me suis pas amené avec l'équipe comme le sauveur. Il y avait un attaquant recrue âgé de 18 ans qui campait le rôle : Dale Hawerchuk. J'ai vite réalisé combien il était bon. Je me disais qu'il serait le prochain Wayne Gretzky. Il n'était pas rapide comme Gretzky, mais il maîtrisait la rondelle de façon exceptionnelle. »

Savard a dit avoir tissé des liens forts avec Hawerchuk au cours de son passage à Winnipeg. Des liens que le temps n'a pas érodés.

« Il est en quelque sorte responsable de ma présence ici en fin de semaine, a-t-il admis. J'ai été touché qu'il me contacte. Je suis honoré d'être ici. »

Savard fera partie du trio d'entraîneur des Anciens Jets, avec Don Maloney et Don McVie, en vue du match en plein air qu'ils livreront aux Anciens Oilers d'Edmonton, samedi après-midi, au Investors Group Field (16h HE; TVA Sports, NHLN, SN, NHL.TV).

« Ce sera une première et une dernière pour moi derrière le banc, a-t-il lancé. Quand j'étais directeur général des Canadiens et que je congédiais un entraîneur, les gens me suggéraient d'aller derrière le banc. Je n'ai jamais voulu faire ça. Pour cette fois-ci, ça va aller. Ça va être facile », a-t-il ajouté en riant.

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