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Chez les Ducks, briser le dynamique duo a mené au succès

Séparer Getzlaf et Perry a donné naissance à la poussée d'Anaheim

par Abbey Mastracco / Correspondante LNH.com

ANAHEIM - La plupart du temps au cours de la dernière décennie, les Ducks d'Anaheim se sont fiés à une formule éprouvée pour obtenir du succès : de Getzlaf à Perry.

Durant cette période, une bonne partie de la production à l'attaque chez les Ducks a été attribuable au même schéma de jeu. Ryan Getzlaf, le dynamique joueur de centre et fabricant de jeux, repère son compagnon de trio de longue date Corey Perry alors que celui-ci coupe à l'intérieur en s'amenant à l'aile. Perry, en utilisant la force de ses poignets et sa fine touche de marqueur, met ensuite la rondelle dans le filet. Ce type de séquence est devenu aussi routinier qu'attacher les lacets de ses patins.

 

Repêchés à neuf rangs l'un de l'autre en 2003, les deux attaquants ont été réunis au sein d'un même trio dans les ligues mineures et ils sont immédiatement devenus un duo si dynamique qu'ils n'ont jamais été séparés. Ils ont remporté la Coupe Stanley et deux médailles d'or olympiques en tant que compagnons de trio.

Depuis 2007-08, le titre de meilleur pointeur des Ducks est toujours revenu à Getzlaf ou Perry, tandis que l'autre terminait deuxième - à l'exception de la saison 2011-12, quand ils ont pris les deuxième et quatrième rangs, respectivement.

Mais voilà qu'Anaheim, après être venu à un match près de se qualifier pour la Finale de la Coupe Stanley le printemps dernier, a amorcé la présente campagne en disputant du hockey sans lustre, étant incapable de produire quelque chose d'intéressant à l'attaque.

Les Ducks ont conclu la première moitié de saison avec le pire total de buts marqués et ils se sont vite retrouvés au dernier rang du classement dans la section Pacifique. L'entraîneur Bruce Boudreau a donc fait ce qui, jusque-là, s'était avéré impensable : il a séparé « les jumeaux ».

« Si ça fonctionne, tu ne veux pas vraiment y toucher, a noté Perry. Mais vient un moment où ce n'est pas mauvais de le faire. Ç'a vraiment fonctionné dans ce cas-ci. »

Séparer Getzlaf et Perry semble avoir réglé plusieurs problèmes à la fois. Ç'a créé un peu plus de profondeur au sein des trios, permis à d'autres joueurs de se faire une place au soleil et à un peu tout le monde d'avoir un rôle mieux défini. Ce qui était auparavant la faiblesse la plus évidente, le jeu de puissance, est devenu une force, alors qu'Anaheim a marqué un but en avantage numérique à chacun des matchs de sa présente séquence de 11 victoires, la plus longue dans l'histoire de l'équipe.

Les Ducks viseront un 12e gain d'affilée, lundi au Honda Center, contre les meneurs au classement général de la LNH, les Capitals de Washington (22 h (HE); SNE, SNO, CSN-DC, PRIME, FS-SD, NHL.TV).

Anaheim occupe le premier rang dans sa section avec une fiche de 37-19-8, pour un total de 82 points. Avant les matchs de lundi, seulement trois équipes dans l'Association de l'Ouest avaient récolté davantage de points, et seulement quatre à travers la ligue. Les Ducks affichent un dossier de 22-4-2 depuis le 1er janvier.

« Un des trios va affronter le deuxième ou troisième duo [de défenseurs] parce que tu ne peux pas opposer ton meilleur duo à nos deux premiers trios, a noté Perry. Cela mêle probablement les cartes un peu au sein des deux équipes. Ç'a aidé la nôtre, je crois. Notre production à l'attaque est plus équilibrée et ç'a eu pour effet de mettre de la pression sur tous nos trios, afin qu'ils cherchent tous à apporter leur cotribution en attaque tout en se défendant du mieux qu'ils peuvent. Je trouve que ça fonctionne bien en ce moment. »

Les Ducks alignent maintenant deux trios solides offensivement, un trio défensif et un trio d'énergie, déployant ainsi une attaque que bien peu d'équipes ont réussi à contrer.

« On a l'impression que chacun des trios passe beaucoup de temps en zone adverse, ce qui laisse peu de place à l'autre équipe pour créer de l'offensive, notamment parce qu'ils sont fatigués, a déclaré David Perron, le nouveau compagnon de trio de Getzlaf. Ils doivent se défendre pendant les 20 à 25 premières secondes de leur présence sur la patinoire et ensuite, pendant les 15 à 20 secondes qui suivent, ils sont trop fatigués pour essayer d'aller marquer des buts. »

Perron s'est amené à Anaheim le 16 janvier, peu après que les Ducks se soient remis à gagner, dans le cadre d'une transaction qui a permis aux deux équipes impliquées de s'échanger des ailiers gauches qui connaissaient tous deux des difficultés. Carl Hagelin, que les Ducks avaient obtenu en grande pompe durant la saison morte, a été envoyé à Pittsburgh chez les Penguins en retour de Perron et du défenseur Adam Clendening, à l'occasion d'une transaction complétée tard en soirée, quelques heures après une victoire signée aux dépens des Stars de Dallas.

La pertinence de cette décision n'a pas été évidente au début, alors que l'équipe avait finalement commencé à bien jouer et que Perron connaissait des difficultés à Pittsburgh (quatre buts, 12 aides et un différentiel de moins-13 en 43 matchs). Mais le directeur général des Ducks Bob Murray était sûr que Perron retrouverait ses repères à l'attaque en changeant de décor.

Perron a inscrit huit points à ses six premiers matchs à Anaheim. Il a marqué huit buts en 21 rencontres avec les Ducks et il affiche un différentiel de plus-14.

« Je ne n'attendais pas à ce que son différentiel atteigne plus-14 aussi vite, a reconnu Boudreau. [L'entraîneur des Gulls de San Diego] Dallas Eakins m'a appelé quand nous avons complété la transaction, parce qu'il l'a eu sous ses ordres à Edmonton, et il m'a dit, "Tu obtiens un joueur de hockey très, très talentueux". C'est ce que nous avons obtenu. Il décoche son tir vraiment rapidement, sa détente est vraiment bonne. »

Jouer en compagnie de Getzlaf ne nuit pas non plus.

« Il travaille fort, il est solide sur la rondelle dans leur zone et la chose la plus importante en ce qui me concerne, c'est de repérer mes compagnons de trio, a indiqué Getzlaf. Si nous pouvons rester près de la rondelle et passer plus de temps à l'autre bout, ça vaut mieux pour nous. »

Pendant ce temps, Perry a développé une belle chimie avec le joueur de centre du deuxième trio Rickard Rakell. On a assisté à l'éclosion de Rakell cette saison, lui qui s'est révélé un bon fabricant de jeux ainsi qu'un joueur tenace.

« Ça me rappelle un peu l'époque où [Getzlaf] et moi en étions à nos débuts et que ç'a fonctionné tout de suite entre nous, a affirmé Perry. Quand j'ai joué avec [Rakell] durant le camp d'entraînement, j'ai pensé que cela pouvait mener à quelque chose de bien. Je suis ensuite retourné avec [Getzlaf], et [Rakell] s'est amené dans notre trio et ç'a très bien fonctionné. Je crois qu'en raison du coup de patin et des talents de passeur de [Rakell], et aussi sa vision du jeu et son intelligence, il peut être un joueur de centre de premier plan au sein d'une équipe, être le genre de joueur qui fait toutes les bonnes choses. »

Selon Perry, à l'exception de Henrik Sedin et Daniel Sedin chez les Canucks de Vancouver, il n'y a sans doute pas de tandem plus à l'aise l'un avec l'autre que Getzlaf et lui l'étaient.

Peut-être trop à l'aise, a souligné Boudreau.

L'arrivée de nouveaux compagnons de trio a forcé chacun d'entre eux à sortir de sa zone de confort sur la glace, a noté le vétéran entraîneur.

« Ce qui arrive dans le cas de Corey et Ryan, c'est qu'ils se cherchent constamment sur la patinoire. Rakell, lui, cherche simplement le joueur qui est libre. Par conséquent, Corey travaille plus fort pour se placer aux bons endroits, a expliqué Boudreau. Quand on regarde le retour en force de notre équipe, pour être bien franc, je crois que ç'a possiblement coïncidé avec le retour de force de Getzlaf. »

Il y a eu quelques épisodes par le passé où Getzlaf et Perry avaient été forcés de jouer avec d'autres compagnons de trio. Getzlaf a raté une bonne partie de la saison 2010-2011 parce qu'il était blessé et Perry a alors remporté le trophée Hart. La saison dernière, Perry s'est absenté pour une longue période alors qu'il a eu les oreillons et s'est blessé au genou.

Ils avaient l'habitude de dire à la blague qu'ils rendaient l'autre meilleur; maintenant, il semble qu'ils sont meilleurs quand ils ne jouent pas avec l'autre.

« Je ne sais pas si un a coïncidé avec l'autre, mais je sais que lorsque nous mettons Rakell et Perry ensemble ainsi que Perron et Getzlaf ensemble, nous devenons une équipe plus difficile à affronter, a noté Boudreau. Leurs deux meilleurs défenseurs peuvent seulement affronter deux ou trois d'entre eux. Ça fait de nous une meilleure équipe. Le fait que nous connaissons du succès rend plus facile la décision de garder les choses comme ça. »

 

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