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San Jose pourrait mettre fin à sa longue attente

En quête d'une victoire contre St. Louis dans le sixième match, les Sharks savourent cette opportunité d'atteindre la finale de la Coupe Stanley

par Nicholas J. Cotsonika @cotsonika / Journaliste NHL.com

SAN JOSE - Soyons clairs : les Sharks de San Jose ne sont pas à une victoire près de leur but. Ils sont à cinq victoires de leur objectif. Ils ne visent pas seulement de participer à la finale de la Coupe Stanley pour la première fois de leur histoire. Ce qu'ils cherchent, c'est de remporter la Coupe Stanley pour la première fois de leur histoire.

Tout ce qui arrivera d'ici là n'est qu'une étape.

Mais quelle étape ce serait, n'est-ce pas, si les Sharks parvenaient à éliminer les Blues de St. Louis à l'occasion du sixième match de la finale de l'Association de l'Ouest, mercredi au SAP Center (21h HE ; TVA Sports, CBC, NBCSN) !

Leurs partisans n'ont jamais vécu l'ivresse d'une finale de la Coupe Stanley. Les joueurs du noyau de l'équipe n'ont jamais goûté à la fébrilité d'une finale de la Coupe Stanley. L'entraîneur Peter DeBoer, l'attaquant de quatrième trio Dainius Zubrus et le gardien Martin Jones se sont retrouvés en finale de la Coupe Stanley ailleurs, mais c'est tout. Et Jones était un réserviste. Il n'a pas joué.

« Les opportunités, elles ne viennent pas chaque année, a noté l'attaquant Patrick Marleau. Alors, il faut essayer d'en profiter au maximum. »

Personne ne le sait mieux que Marleau. Non seulement a-t-il passé toute sa carrière dans la LNH à San Jose, il a pris part à 18 des 24 saisons des Sharks et à 16 de leurs 18 présences en séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Il est le meneur de tous les temps de l'équipe pour les matchs disputés, autant en saison régulière qu'en séries.

Ça donne un total de 1411 rencontres du calendrier régulier et de 164 matchs éliminatoires. Le nombre de matchs en finale : zéro.

Marleau est le seul joueur de la formation actuelle qui a participé à chacune des trois présences précédentes des Sharks en finale d'association : en 2004, quand San Jose a été éliminé en six matchs par les Flames de Calgary ; en 2010, quand l'équipe a été balayée par les Blackhawks de Chicago ; et en 2011, quand les Sharks ont perdu en cinq matchs devant les Canucks de Vancouver.

« Ce serait énorme [de remporter la Coupe Stanley], a affirmé Marleau. C'est quelque chose que j'ai toujours voulu réussir ici pour les partisans et pour les gens de la région de la Baie. Ils nous soutiennent depuis des années et ils le méritent. »

Quatre autres joueurs ont fait partie des équipes qui ont atteint la finale d'association en 2010 et 2011 : les attaquants Joe Thornton, Joe Pavelski et Logan Couture, ainsi que le défenseur Marc-Edouard Vlasic.

Ces cinq joueurs portent sur leurs épaules le poids de l'attente sans fin.

Les Sharks ont été une des meilleures équipes de la LNH pendant plus d'une décennie. Depuis 2003-04, ils se sont qualifiés pour les séries 11 fois et ils ont remporté 12 rondes éliminatoires. Seuls les Red Wings de Detroit ont participé aux séries plus souvent pendant cette période (12 fois). Et seuls les Blackhawks (16), les Red Wings (13) et les Penguins de Pittsburgh (13) ont remporté plus de rondes.

Mais pendant ces années-là, 15 équipes - la moitié de la Ligue - ont atteint la finale de la Coupe Stanley, dont six plus d'une fois, tandis que les Sharks n'y sont jamais parvenus. Huit formations ont remporté la Coupe, dont les deux rivaux californiens de San Jose, soit les Ducks d'Anaheim et les Kings de Los Angeles.

« Pourquoi la mission n'a pas été accomplie dans les séries ? Je ne sais pas », a dit DeBoer, qui a dirigé les Panthers de la Floride et les Devils du New Jersey, et mené les Devils jusqu'en finale de la Coupe Stanley en 2012, avant de prendre les rênes des Sharks cette saison. « Je n'ai jamais étudié leur cas en profondeur parce que je me préoccupais de l'équipe que je dirigeais, et la majorité de nos matchs étaient disputés contre des équipes de l'Association de l'Est.

« Je peux vous dire qu'avec les meneurs et les gens que nous avons ici, ça ne m'aurait pas surpris si ce groupe avant remporté la Coupe deux ou trois fois au cours des 10 dernières années. Ils ont eu d'excellents entraîneurs. Qui sait pourquoi c'est arrivé comme ça ? C'est un trophée qui est difficile à remporter. Il faut que bien des choses aillent en ta faveur. »

Mais tellement de choses ont mal tourné pour les Sharks au fil des ans. Le pire est survenu il y a deux ans, quand ils ont laissé filer une avance de 3-0 dans leur série du premier tour contre les Kings. Los Angeles a remporté la Coupe plus tard ce printemps-là. Ou du moins, c'était le pire jusqu'à la saison dernière, quand ils n'ont même pas réussi à se qualifier pour les séries, mettant ainsi fin à une séquence de 10 participations d'affilée.

L'ironie, c'est qu'après des années à susciter de grandes attentes et d'avoir été incapables d'être à la hauteur de ces attentes, ils profitent présentement d'une autre chance alors que personne ne leur donnait des chances de réussir.

« Nous ne sommes pas encore rendus, mais on constate que les gars voient la ligne d'arrivée à l'horizon, a déclaré DeBoer. Au moins, c'est à portée de main. Ça ne l'était pas il y a un mois. Ces joueurs-là ont rehaussé d'un cran leur niveau de jeu dans tous les matchs. Ils l'ont tous fait.

« C'est un trophée qui est tellement difficile à remporter, c'est une ligue où il est tellement difficile de faire un long bout de chemin, même pour atteindre l'étape où nous en sommes maintenant. On l'a vu par le passé. L'air est rare à cette hauteur-ci. Les gars le reconnaissent plus que jamais et ils veulent en profiter. »

Marleau, Thornton, Pavelski, Couture et Vlasic savent à quel point ce qu'ils vivent présentement est précieux. Tout comme leurs coéquipiers, qui veulent réussir pour ces cinq vétérans, mais aussi pour eux-mêmes.

« Mon plus grand souhait, c'est que ces gars-là profitent de cette opportunité », a dit le défenseur Paul Martin, qui a pris part à la finale de l'Association de l'Est avec les Penguins en 2013, Pittsburgh perdant alors par balayage contre les Bruins de Boston. « Je pense que plusieurs des jeunes joueurs ressentent exactement la même chose ; et je suis certain que les gens, les partisans sont dans le même bateau. … S'il y a quelqu'un qui le mérite, c'est bien eux.

« Plus tu viens près sans réussir, plus ça devient difficile. Il n'y a qu'une seule équipe qui va jusqu'au bout chaque année, et plus tu passes d'années sans l'emporter, plus tu réalises à quel point les chances sont minces que tu obtiennes de nouveau ce genre d'opportunité. »

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