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Saku Koivu profite de son après-carrière en Finlande

Après une carrière mouvementée, l'ancien attaquant a posé ses valises dans son pays natal avec sa famille

par Dave Stubbs @dave_stubbs / Chroniqueur NHL.com

TORONTO - Saku Koivu boucle la boucle, ses 1 204 matchs dans la LNH derrière lui, contemplant un avenir radieux dans sa Finlande natale, où il a choisi de s'établir une fois de plus.

Koivu a disputé 18 saisons dans la LNH de 1995 à 2014, dont 13 saisons - 10 à titre de capitaine - avec les Canadiens de Montréal et cinq avec les Ducks d'Anaheim à l'aube de sa retraite. Représentant à quatre reprises la Finlande aux Jeux olympiques, il a décroché une médaille d'argent et trois médailles de bronze pour sa patrie. Il a également représenté son pays lors du Championnat du monde de la FIHG, remportant l'or et l'argent à deux reprises ainsi que le bronze.

Aujourd'hui, à l'âge de 41 ans, il savoure sa retraite, participant toujours aux activités de hockey de la Finlande tout en prenant à coeur ses rôles de mari et de père de famille, ce qui s'avérait difficilement compatible avec les exigences d'une carrière dans la LNH.

Depuis un peu plus d'un an, Koivu et sa conjointe Hanna, accompagnés de leur fille Ilona, bientôt âgée de 12 ans, et de leur fils Aatos, 10 ans, ont filé le parfait bonheur à Turku, leur ville natale, à des années-lumière de la vie agitée de grandes villes telles que Montréal et Anaheim.

Jeudi, de passage à titre de conseiller pour Équipe Finlande dans le cadre de la Coupe du monde de hockey 2016, Koivu s'est installé tranquillement dans un divan du Air Canada Centre et s'est entretenu bien volontiers de sa nouvelle vie de famille dans son pays natal.

« Après avoir passé un an en Californie après ma retraite (de 2014 à 2015), nous avons pensé qu'il était temps pour nous de retourner en Finlande, a-t-il confié. Nous y sommes retournés pour l'été (en 2015) et nous y sommes installés pour de bon.

« Cela s'est mieux passé que prévu, a déclaré Koivu à propos du déménagement. Nous nous étions habitués à une certaine routine annuelle - en automne, nous quittions la Finlande pour revenir à Montréal ou en Californie, puis nous revenions en Finlande durant l'été. Mais cette fois-ci, nous avons décidé de nous fixer en Finlande. Nous nous interrogions sur l'adaptation de nos enfants à cette nouvelle réalité. Ils sont passés du système scolaire américain au système finlandais et ont dû se mettre à l'écriture et à la lecture en finlandais. Ils ont eu besoin d'une période d'adaptation de deux à trois mois avant de se sentir à l'aise dans leur nouvel environnement. Nos enfants n'ont eu aucun problème; tout va bien à l'école, ils prennent part à diverses activités et se sont faits des amis. Tout s'est bien déroulé.

« Tout le monde nous dit que la première année d'un retour (en Finlande) constitue une sorte de lune de miel, mais que la réalité nous rattrape à la deuxième année. Nous verrons bien. Nos enfants sont ravis de notre retour et nous sommes entourés des membres de notre famille. Nous nous sentons vraiment chez nous. »

Koivu est arrivé à Montréal en 1995, ayant été sélectionné au 21e rang au total du repêchage de 1993 après avoir été scruté sous toutes ses coutures en Finlande par l'ancien défenseur des Canadiens Jean-Claude Tremblay. À l'automne 1999, il a été élu le 27e capitaine de l'histoire des Canadiens par ses coéquipiers, devenant du même coup le premier capitaine européen de l'équipe.

Au cours de la décennie suivante, Koivu, qui faisait officieusement 5 pieds 10 pouces et 182 livres, s'est précipité dans les bras de défenseurs format géant, faisant preuve d'une vaillance sans égal tout en se faisant mettre en pièces en fonçant au filet adverse.

Mais aucune éraflure ou ecchymose ne pouvait le préparer à l'automne de 2001, alors qu'on lui a diagnostiqué un lymphome non hodgkinien. La lutte courageuse publicisée de Koivu a non seulement captivé les partisans, mais également les gens qui ne s'intéressaient pas ou peu au hockey. Son retour au jeu le 9 avril 2002 fut l'un des moments les plus émouvants de l'histoire du hockey à Montréal, Koivu sautant sur la patinoire du Centre Bell, saluant la foule en délire en soulevant son casque pour révéler un crâne dégarni.

L'héritage de Koivu à Montréal ne se mesurera pas par le nombre de Coupe Stanley remportée; il n'a jamais soulevé l'illustre coupe. On ne se souviendra pas non plus de son éblouissante production offensive; il a marqué 191 buts et obtenu 450 mentions d'aide en 792 matchs de saison régulière.

Mais l'on se souviendra plutôt de Koivu pour les esprits qu'il a éveillés, les gens qu'il a inspirés et les vies qu'il a sauvées grâce à sa lutte contre le cancer. Reconnaissant des traitements qu'il avait reçus dans la ville et des grandes effusions de soutien au cours de sa bataille, Koivu a mis sur pied une fondation qui a permis de réunir les millions nécessaires pour remettre un appareil destiné au traitement du cancer à l'Hôpital général de Montréal.

Depuis, plus de 30 000 tests ont été effectués sur des patients atteints du cancer à l'aide du TEP-Scan remis par Koivu à sa ville adoptive.

Son amour pour Montréal perdure, plus de sept ans après l'avoir quittée.

« D'une certaine manière, c'est là que j'ai grandi », avait déclaré Koivu en 2012, à la veille de son millième match dans la LNH. « À mon arrivée, j'étais un garçon de 20 ans qui venait de quitter la Finlande. À mon départ, j'étais un homme. »

La Finlande est toujours restée dans les pensées de Koivu et c'est pour cette raison que sa famille et lui ont choisi d'y retourner.

Le monde du hockey finlandais l'a accueilli à bras ouverts. Koivu a été nommé membre du conseil de la Fédération nationale de hockey, qui, selon ses dires, « l'occupe plus ou moins une fois par mois ».

Pour la Coupe du monde, Koivu, Teemu Selanne et Kimmo Timonen, autres figures emblématiques finlandaises de la LNH, ont été nommés conseillers de l'équipe finlandaise. Certes, la Finlande n'a pas connu ses meilleurs moments, subissant trois défaites consécutives avant d'être éliminée en ronde préliminaire et ne marquant qu'un but en neuf périodes de jeu.

Koivu envisage d'assumer un plus grand rôle, lui qui a accepté son poste dans le cadre de la Coupe du monde uniquement pour ce tournoi. Pour le moment, il travaille auprès de son ancienne équipe, TPS Turku, et participe activement à son programme d'identification des talents, patinant quatre à cinq fois par semaine avec les joueurs et collaborant avec le psychologue sportif de l'équipe.

« Ce programme prépare les joueurs aux prochaines étapes de leur carrière, à la vie d'un joueur professionnel tant sur la patinoire qu'à l'extérieur, explique Koivu. Je fais beaucoup de petites choses du genre depuis que je participe au programme.

« Il semble qu'il me revient de préciser le rôle que je veux jouer au sein de l'organisation, a-t-il ajouté en souriant, mais je n'en ai aucune idée pour le moment. »

Koivu a bien aimé les huit ans passés en tant que membre de la commission des athlètes du Comité international olympique, passage qui a pris fin après les Jeux olympiques de Sotchi en 2014, mais aurait voulu y siéger sans ses obligations de joueur de la LNH.

Mais s'il y a une chose à retenir de cet homme, c'est qu'il ne regrette rien. Il a mené une vie bien remplie et gratifiante, profitant de la gloire et de la fortune qui accompagnent une carrière de joueur de hockey professionnel, et sa vie a été un apprentissage constant, qu'il s'agisse de se préparer pour un match ou de récupérer d'une fracture, d'une déchirure de ligament, d'une blessure à l'oeil ayant risqué de l'aveugler ou d'un cancer mettant sa vie en danger.

Koivu et Hanna se sont mariés et ont eu leurs deux enfants alors que Koivu jouait avec les Canadiens. La famille prévoit revenir en Amérique du Nord chaque année pour revoir ses bons amis à Montréal et à Anaheim.

Ayant été un joueur professionnel durant toute sa vie d'adulte, Koivu profite maintenant d'une vie plus calme, à la maison avec son épouse et ses enfants, loin des vols incessants et des chambres d'hôtel.

Aujourd'hui, confortablement assis sur un divan d'aréna, il ne fait aucun doute qu'il est foncièrement heureux de ne rien faire du tout.

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