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Retour sur la transaction Subban/Weber, et sur une journée folle

Un an plus tard, les événements du 29 juin 2016 ont toujours un impact sur six formations de la LNH

par Arpon Basu @ArponBasu / Directeur de la rédaction LNH.com

S'il y a une chose qui est ressortie de la journée du 29 juin 2016, une journée qui a marqué la LNH comme aucune autre de mémoire récente, c'est qu'elle a opposé l'ancien et le nouveau. 

D'anciennes manières d'analyser le sport, qui peuvent toutefois être encore justes, contre de nouvelles qui tournent autour des statistiques avancées, qui peuvent également être efficaces. 

D'anciens marchés de hockey traditionnels contre des nouveaux, en pleine émergence. 

Et, dans un cas, un ancien joueur échangé contre un nouveau, ou un plus jeune. 

Trois transactions conclues en milieu d'après-midi le 29 juin ont eu des impacts variés qui sont toujours ressentis un an plus tard, et qui pourraient encore être ressentis dans les années à venir. 

Deux de ces transactions ont fait passer des joueurs dynamiques, offensifs qui exerçaient un impact positif sur la possession de rondelle de deux équipes canadiennes à des équipes américaines, contre des défenseurs traditionnels à caractère défensif. 

Puis, une vedette qui a été repêchée et développée par une formation établie dans un marché qualifié de non traditionnel a accepté un imposant contrat pour y demeurer, fermant ainsi la porte à son retour à la maison, soit dans le plus grand marché de hockey. 

15 h 34 : Taylor Hall est échangé des Oilers d'Edmonton aux Devils du New Jersey en retour d'Adam Larsson. 

15 h 54 : P.K. Subban est échangé des Canadiens de Montréal aux Predators de Nashville en retour de Shea Weber. 

15 h 57 : Steven Stamkos accepte un contrat de huit ans d'une valeur de 68 millions $ avec le Lightning de Tampa Bay, ce qui fait en sorte qu'il renonce au marché des joueurs autonomes qui s'ouvre deux jours plus tard et à la chance d'évoluer avec l'équipe de sa ville natale, les Maple Leafs de Toronto, une hypothèse qui avait été débattue pendant près de deux ans. 

Un an plus tard, c'est encore à Montréal que les conséquences de cette journée sont les plus importantes, cette transaction ayant pris les proportions d'un tsunami au cours du dernier tournoi printanier, alors que la ville a pu regarder Subban aider les Predators à atteindre la Finale de la Coupe Stanley. 

Les Canadiens ont été grandement critiqués pour avoir échangé Subban, âgé de 27 ans au moment de la transaction, alors qu'il amorçait les meilleures années de sa carrière, en retour de Weber, âgé de 30 ans à l'époque, qui avait à tout de moins disputé plusieurs de ses meilleures saisons. Subban était immensément populaire à Montréal, il se nourrissait de l'intensité des projecteurs braqués sur les Canadiens, et ses projets caritatifs ont fait que le natif de Toronto a été adopté par une large portion de la population. 

Lorsque les Canadiens ont été éliminés des séries éliminatoires de la Coupe Stanley en six matchs par les Rangers de New York en première ronde de l'Association de l'Est alors que les Predators balayaient les Blackhawks de Chicago au premier tour dans l'Ouest, le débat qui avait fait rage tout au long de l'été à Montréal a repris une fois de plus. 

Ce débat se trouvait aux antipodes de ce qui était discuté lorsque la saison 2016-17 s'est amorcée, alors que les Canadiens ont connu un départ canon avec un dossier de 9-0-1 et que Weber a récolté 10 points (quatre buts, six passes) au cours de ces 10 parties. De leur côté, les Predators ont entamé la campagne avec une fiche de 3-5-3 à leurs 11 premières rencontres, et ont admis plus tard qu'ils s'ajustaient encore à la perte de Weber, ce que personne n'évoquait à Montréal au sujet de Subban. 

Mais à mesure que la saison progressait, les Predators ont commencé à se replacer. Subban a trouvé sa place sur un duo complété par Mattias Ekholm, et l'ancien partenaire d'Ekholm, Ryan Ellis, a commencé à évoluer avec celui que tous voyaient aux côtés de Subban, Roman Josi. 

Les Predators, la dernière équipe à décrocher son billet pour les séries éliminatoires, ont finalement franchi toutes les étapes pour finalement participer à la Finale de la Coupe Stanley. 

Weber a donné aux Canadiens tout ce à quoi ils s'attendaient cette saison. Il a terminé au cinquième rang de l'équipe avec 42 points (17 buts, 25 passes), a été sur la glace pour le plus faible total de buts accordés par 60 minutes à 5-contre-5 que tout autre défenseur régulier de la LNH, et il s'est rapidement imposé comme un leader dans le vestiaire. 

Ce n'est absolument pas la faute de Weber si Montréal a été éliminé en première ronde des séries, tout comme ce n'est pas Subban à lui seul qui a permis à Nashville d'atteindre la Finale. 

Mais il arrive que la perspective l'emporte sur la réalité. Et la perspective pour les Canadiens est que le dernier printemps a été difficile, alors que le parcours des Predators jusqu'en Finale a poussé les partisans de Montréal à se retrancher dans leur camp respectif par rapport à cette transaction. 

Le 29 juin, la réaction à Montréal a été très semblable à celle qui s'est produite à Edmonton, où se trouve peut-être la base de partisans la plus ouverte aux statistiques avancées dans la LNH. La transaction de Hall contre Larsson, comme celle de Subban contre Weber, ne semblait pas gagnante du point de vue des statistiques avancées, mais ces deux échanges ont permis aux équipes canadiennes de répondre à un besoin qui est souvent considéré comme traditionnel, celui d'un défenseur à caractère défensif. 

Bien qu'il reste encore d'importants groupes de partisans des Oilers qui ne vont jamais accepter qu'il était logique de transiger d'une position de force pour renforcer une position de faiblesse, du moins dans ce cas précis, la saison fructueuse d'Edmonton a aidé à minimiser l'impact de la transaction. 

Non seulement les Oilers ont profité de la saison magique de Connor McDavid, ce qui lui a valu le trophée Hart, pour participer aux séries éliminatoires pour la première fois depuis 2006, mais ils sont passés à un match d'atteindre la finale de l'Association de l'Ouest, eux qui se sont inclinés 2-1 dans le match no 7 de la deuxième ronde contre les Ducks d'Anaheim. 

Larsson a fait ce qu'on attendait de lui, soit de solidifier une brigade défensive douteuse et de passer beaucoup de temps sur la glace contre les meilleurs éléments adverses, tandis que Hall et les Devils n'ont pu faire mieux qu'une fiche de 28-40-14, bonne pour le dernier rang dans l'Association de l'Est. 

Alors, pour l'instant du moins, la transaction de Hall contre Larsson semble avoir satisfait les deux équipes et leurs partisans, alors que Hall a terminé à égalité au premier rang des pointeurs des Devils avec 53 points (20 buts, 33 passes) en 72 matchs avec une équipe qui avait grand besoin d'offensive. 

Il faudra attendre de voir ce qui va se produire la saison prochaine, mais en raison de la progression qu'affichent les Oilers en ce moment, et puisque les Devils sont généralement considérés comme les gagnants dans cette transaction, il est fort peu probable que les ressentiments qui découlent de cet échange s'éternisent dans l'un ou l'autre de ces marchés. 

Cela ne devrait pas non plus être un problème à Toronto, où la possibilité de voir Stamkos s'entendre avec les Maple Leafs avant de le voir s'entendre avec Tampa Bay à la dernière seconde ne semble être qu'un lointain souvenir. L'arrivée d'Auston Matthews, Mitchell Marner et William Nylander a aidé les Maple Leafs à retourner en séries éliminatoires pour la première fois depuis 2013 et pour la deuxième fois depuis 2004. L'optimisme est grand à Toronto, et l'absence de Stamkos n'est non seulement pas un problème, mais elle devrait rendre la tâche plus facile aux Maple Leafs de conserver leur noyau intact tout en respectant le plafond salarial dans le futur. 

Stamkos a disputé 17 matchs, avant de rater le reste de la dernière saison après avoir subi une déchirure du ménisque latéral du genou droit le 15 novembre. Il a amassé 20 points (neuf buts, 11 passes) pour le Lightning, qui n'a pas réussi à se qualifier pour les séries éliminatoires.

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