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GÖTEBORG, Suède – Il faut croire que 2023 nous avait déjà réservé assez de surprises : il n’y en avait plus en banque à quelques heures du passage à la nouvelle année.

Et ce n’est pas parce que le Canada n’a pas essayé de se faire surprendre. Il a au contraire tout tenté. La logique a tout de même été respectée, de peine et de misère.

Macklin Celebrini a sorti le grand jeu, une fois de plus, pour aider les siens à signer une très courte victoire de 6-3 contre l’Allemagne, dimanche, à son dernier match de la ronde préliminaire. La jeune sensation a un flair pour les grands moments et elle l’a de nouveau prouvé dans un match plus serré qu’il aurait dû l’être.

« C’est dans ces moments que ça compte vraiment, a-t-il lancé. Celle-là était importante pour nous, et je suis content qu’on ait obtenu la victoire. C’était très plaisant comme match. Nous avons vu les feux d’artifice en chemin vers l’aréna. On savait que c’était un gros match. Je suis content de la façon dont nous avons joué. »

Avec sa fiche de 3-0-0-1, la troupe d’Alan Letang a ainsi confirmé sa deuxième place dans le groupe A et affrontera la Tchéquie en quarts de finale, une réplique de la finale de l’an dernier, qui ne s’annonce pas facile. À ce point, rien ne semble facile pour le Canada, de toute façon.

Il y a eu des chances de marquer dans ce duel en apparence inégal, certes – il aurait été surprenant qu’il n’y en ait pas contre une équipe qui avait été battue 6-2 par la Lettonie 24 heures plus tôt. Les Canadiens ont toutefois manqué cruellement de finition.

Carson Rehkopf en est un qui a raté plusieurs cages béantes et il n’est pas le seul. Les gros canons ne semblent tout simplement pas en mesure de débloquer. Ça pourrait devenir un problème. Ç’a failli l’être contre une équipe qui travaille, mais qui est loin d’avoir autant de talent que le Canada.

Avec tout ce manque d’opportunisme, le score était 3-3 avec 12 minutes à faire à la rencontre. Jordan Dumais a inscrit son premier du tournoi au bon moment, et Celebrini a ensuite ajouté le but d’assurance en profitant d’une sortie hasardeuse du gardien allemand Matthias Bittner, auteur de 29 arrêts.

Malgré la frousse qu’ils se sont payée, les joueurs canadiens affichaient tous un large sourire, satisfaits de leur prestation, quand ils ont défilé dans la zone mixte. Il n’y avait aucun signe d’inquiétude.

« Enfin, on a réussi à marquer en troisième », a déclaré le défenseur Maveric Lamoureux. « On n’est pas inquiets. On a tellement de talent et de gars qui peuvent marquer des buts qu’on n’a pas de problème avec ça. On a confiance en notre équipe et on savait que ç’allait virer de notre bord, surtout qu’on a dominé. »

Pourtant, de notre perchoir, la troupe de Letang a montré très peu de combativité et tenté de faire dans la dentelle, comme s’il s’agissait d’un match sans importance. Les belles promesses faites à maintes reprises depuis la défaite de 2-0 contre la Suède n’ont pas réellement été respectées.

« On a dû rappeler aux joueurs que nous ne pouvions pas sacrifier le plan de match et la pression en fond de zone, seulement parce que tu veux tricher pour marquer le but qui fait la différence », a indiqué Letang. 

En première période, Celebrini et Brayden Yager, en avantage numérique, ont touché la cible pour permettre aux Canadiens de retraiter au vestiaire avec une mince avance de 2-1. Owen Beck a donné les devants 3-2 aux siens en début de troisième, mais ce n’était encore pas assez.

Les Allemands n’ont jamais lâché le morceau. Et chaque fois que le Canada a ouvert la porte en faisant preuve d’indiscipline, ils en ont profité. Julian Lutz a ouvert la marque en première, tandis que Roman Kechter et Julius Sumpf ont créé l’égalité, tous sur le jeu de puissance. 

« J’ai aimé notre jeu ce soir », a souligné Matthew Poitras, encore bien discret. « Nous avons bataillé malgré leurs trois buts en avantage numérique et nous sommes revenus chaque fois. […] Je ne crois pas que nous étions nerveux. Nous savions que ce n’était qu’une question de temps. »

Easton Cowan a complété la marque dans un filet désert. Très peu testé, Mathis Rousseau a cédé trois fois sur 20 lancers.

Bulle au cerveau

Conor Geekie a donné le coup d’envoi à une soirée très pénible en écopant d’une inconduite de match pour un coup à la tête de Samuel Schindler, avec seulement 11 secondes d’écoulées au cadran – une séquence qui devrait être revue par le comité de discipline.

Lutz a profité de l’avantage numérique de cinq minutes subséquent pour ouvrir la marque, procurant ainsi aux Allemands leur seule avance de la rencontre.

Déjà qu’elle devait se débrouiller avec 12 attaquants au lieu de 13, en raison de la blessure à Matthew Savoie, la troupe de Letang a été testée plus qu’elle ne l’aurait voulu. Disons qu’en cherchant la grosse mise en échec, Geekie n’a rien fait pour aider ses coéquipiers.

« Je ne pense pas que c’était une punition de cinq minutes, a plaidé Lamoureux. Geekie est gros et l’autre était plus petit – il s’est fait ramasser. De commencer un match comme ça, c’est poche. Surtout que Geekie est l’un de nos meilleurs attaquants. C’est sûr que ce n’était pas la bonne façon de commencer le match. »

Heureusement, il y avait Celebrini, le meilleur attaquant du Canada depuis le début des hostilités.

Le plus jeune joueur de la formation, faut-il le rappeler, a été le seul à générer des chances de marquer à presque chacune de ses présences. C’est du moins l’un des rares qui affichaient un semblant de sentiment d’urgence alors que les choses étaient loin d’aller comme sur des roulettes.

« J’imagine que c’est ce que les très bons joueurs sont capables de faire, a conclu Letang. On a besoin que quelqu’un se lève dans les moments importants, et c’est ce qu’il a fait. Il y a d’autres gars sur ce banc qui auront l’occasion de le faire au prochain match. »

Et le Canada devra espérer qu’ils la saisiront, sans quoi l’hymne national canadien risque d’avoir retenti pour la dernière fois au Scandinavium.