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Recchi dans la cour des grands au Temple de la renommée

L'attaquant de petite taille a remporté la Coupe Stanley à trois reprises et disputé 1652 matchs dans la LNH

par Nicholas J. Cotsonika @cotsonika / Chroniqueur NHL.com

On était le 14 juin 2011, il ne restait plus qu'une semaine avant l'été. Mais aux yeux de Mark Recchi, c'est l'hiver qui s'en venait. Il avait 43 ans, il partageait une bouteille de rouge avec son coéquipier chez les Bruins de Boston Shawn Thornton au Westin Bayshore Vancouver, et il savourait le paysage alors qu'il avait le Parc Stanley et Coal Harbour devant lui.

Les Bruins allaient affronter les Canucks de Vancouver le lendemain, à l'occasion du septième match de la Finale de la Coupe Stanley. Recchi a dit à Thornton que ce serait son dernier match.

« Je savais que nous allions l'emporter, a déclaré Recchi. J'ai juste… J'ai juste… Je trouvais que l'équipe fonctionnait à plein régime et j'étais convaincu que nous allions l'emporter. Et c'est tout. »

Les autres joueurs des Bruins ont également joué comme s'il s'agissait de leur dernier match.

« Je suis certain que tout le monde était prêt à bloquer un tir avec le visage, même s'ils l'auraient fait tout simplement parce que c'était la Finale de la Coupe Stanley; mais ça donnait cette petite motivation de plus, a affirmé Thornton. Tout le monde l'adorait tellement que le fait de savoir que c'était son dernier match, ç'a fait en sorte que tout le monde était prêt à tout faire pour l'emporter. »

Quand Brad Marchand a marqué dans un filet désert pour accroître l'avance des Bruins à 4-0 au moment où il restait 2:44 à jouer, les yeux de Recchi se sont embués. L'entraîneur Claude Julien lui a dit qu'il l'enverrait sur la patinoire pour les dernières secondes du match. Recchi s'est ressaisi et l'ailier droit originaire de Kamloops, en Colombie-Britannique, a réalisé qu'il allait avoir droit à un scénario idéal en guise de fin de carrière, dans sa province natale. Alors qu'il restait cinq secondes à jouer, Recchi a levé les bras. Après que le capitaine des Bruins Zdeno Chara eut fait un tour de patinoire, Recchi a soulevé la Coupe à son tour.
Recchi sera intronisé au Temple de la renommée du hockey, lundi, en compagnie de Dave Andreychuk, Clare Drake, Danielle Goyette, Jeremy Jacobs, Paul Kariya et Teemu Selanne.

Plus de 7600 joueurs ont évolué dans la LNH en 100 ans. Recchi se classe au cinquième rang pour les matchs disputés (1652), au 12e pour les points (1533), au 15e pour les mentions d'aide (956) et au 20e pour les buts (577). Il a enregistré 147 points (61 buts, 86 aides) en 189 matchs des séries éliminatoires de la Coupe Stanley et il a remporté trois championnats, avec les Penguins de Pittsburgh au printemps 1991, les Hurricanes de la Caroline en 2006 et les Bruins en 2011.

« Je n'aurais pu demander mieux, a déclaré Recchi, qui est entraîneur adjoint chez les Penguins à l'heure actuelle. Je n'aurais jamais pensé jouer aussi longtemps. Je me disais que si je pouvais jouer pendant cinq ans, j'allais être content. Je n'étais vraiment pas censé réussir. »
 
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Recchi mesure 5 pieds 10 pouces selon ses données biographiques. Ce qui n'est pas tout à fait vrai.

« Je pense que je mesurais quelque chose comme 5 pieds 9 pouces et trois quarts à un moment donné, mais jamais 5 pieds 10 pouces, a dit Recchi. Non. »

Peu importe.

« Ils ont toujours dit qu'il était trop petit, a fait savoir son père, Mel. Ils ont dit qu'il ne jouerait jamais au niveau junior parce qu'il était trop petit, et ensuite quand il s'est retrouvé dans les rangs juniors, ils ont dit non, il ne va jamais se rendre dans les rangs professionnels parce qu'il est trop petit. Mais il avait un formidable sens du hockey et il avait de très bonnes habitudes de travail. »

Durant son enfance, Recchi a joué au hockey dans la rue avec les jeunes du voisinage en dépit du fait que la rue Douglas était inclinée, si bien qu'il devait souvent aller chercher la rondelle lorsque celle-ci roulait jusqu'en bas de la pente. C'était un athlète naturel - il était bon au baseball, au basketball, au soccer et en athlétisme aussi - et il a appris une leçon qu'il n'a jamais oubliée.

« Dans le hockey mineur, vous savez, ce sont tous des bénévoles et des pères de famille qui se présentent à six heures du matin pour enseigner à des jeunes, a souligné son père. Je lui disais, "Tu donnes tout chaque fois que tu te présentes sur la patinoire, tu joues avec toutes tes forces et tu joues avec honnêteté". »

Dans la catégorie pee-wee, l'équipe de Recchi a défait un club prestigieux de Vancouver pour ainsi décrocher le championnat provincial. Il était le petit gars avec des lunettes. Son père raconte qu'il a marqué deux ou trois buts, et le père d'un joueur de l'autre équipe a secoué la tête tellement il n'en croyait pas ses yeux.

À l'âge de 15 ou 16 ans, Recchi a patiné avec l'équipe junior des Oilers de Kamloops dans la Ligue de hockey de l'Ouest et il a tenu son bout. Les gars l'ont encouragé. Il croyait qu'il avait peut-être une chance.

Il a récolté 154 points (61 buts, 93 aides) pour les Blazers de Kamloops dans la Ligue de hockey de l'Ouest en 1987-88, et les Penguins l'ont réclamé lors du repêchage 1988 de la LNH… au quatrième tour (67e au total).

Recchi a amassé 99 points (50 buts, 49 points) en 63 matchs pour Muskegon dans la Ligue internationale de hockey en 1988-89, puis il a ajouté 21 points (sept buts, 14 aides) en 14 rencontres éliminatoires en route vers la conquête de la Coupe Turner. Il a été rappelé le temps de disputer 15 matchs avec les Penguins et il a alors récolté deux points (un but, une aide).

Il a percé en 1989-90. Après une récolte de 11 points (sept buts, quatre aides) dans la LIH, il a été rappelé dans la LNH et il a totalisé 67 points (30 buts, 37 aides) en 74 affrontements avec les Penguins. Il a enregistré 113 points (40 buts, 73 aides) en 78 matchs en 1990-91, puis accumulé 34 points (10 buts, 24 aides) en 24 rencontres éliminatoires alors que les Penguins ont décroché la Coupe.

Lors du sixième match de la Finale de l'Association Prince de Galles contre les Bruins à Pittsburgh, Recchi a marqué alors qu'il restait 4:20 à faire pour donner aux siens une avance de 4-3. Mario Lemieux a inscrit un but dans un filet désert au moment où il y avait 28 secondes à jouer. Les Penguins ont remporté le match 5-3 et la série 4-2 pour ainsi atteindre la Finale de la Coupe Stanley pour la première fois. L'entraîneur Bob Johnson a repéré Recchi sur la patinoire, a saisi ses joues et les a pincées.

« C'est un souvenir qui me revient constamment, a affirmé Recchi. Ç'a été un moment très spécial. »
 
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Recchi est ensuite allé jouer pour les Flyers de Philadelphie, les Canadiens de Montréal, les Flyers encore, les Penguins encore, les Hurricanes, les Penguins encore, les Thrashers d'Atlanta, le Lightning de Tampa Bay et les Bruins. La recette qui lui a permis de durer aussi longtemps est la même qui lui a permis d'accéder à la ligue, quoiqu'il soit devenu un joueur plus complet en cours de route, jouant ensuite un rôle de mentor auprès des jeunes et acceptant le fait qu'on lui donne moins de temps de glace vers la fin de sa carrière. La dernière phase de sa carrière en dit d'ailleurs beaucoup sur son amour pour le hockey, et l'amour que le monde du hockey lui a donné.

Les Hurricanes l'ont obtenu des Penguins le 9 mars 2006. Il s'est avéré la dernière pièce d'un casse-tête qui a donné forme à une équipe championne alors qu'à 38 ans, il a récolté 16 points (sept buts, neuf aides) en 25 matchs éliminatoires, dont six points (deux buts, quatre aides) durant la grande finale d'une durée de sept rencontres face aux Oilers d'Edmonton.

Il a signé un contrat avec les Penguins, a accueilli la recrue de 18 ans Jordan Staal chez lui et a amassé 68 points (24 buts, 44 aides) en 82 matchs en 2006-07. Il a connu des difficultés au début de la saison suivante. Les Penguins l'ont soumis au ballottage et l'ont affecté à leur équipe-école de Wilkes-Barre/Scranton dans la Ligue américaine de hockey. Mais les Thrashers l'ont réclamé le 8 décembre 2007, quand il a été soumis au ballottage de nouveau dans le but de le ramener dans la LNH.

À 39 ans, alors qu'il allait fêter ses 40 ans le 1er février, il a eu des discussions à coeur ouvert avec son père et ses amis proches. Ils sont venus confirmer ce qu'il pensait: il était encore capable de jouer. Il a totalisé 40 points (12 buts, 18 aides) lors des 53 derniers matchs de cette saison-là, le deuxième total derrière celui d'Ilya Kovalchuk durant cette période de temps.

Il a conclu une entente avec le Lightning et a connu des difficultés au début de la saison 2008-09. Mais après que son ami et ancien coéquipier Rick Tocchet eut pris la relève au poste d'entraîneur, ils ont partagé une bouteille de rouge et discuté. Tocchet a lui aussi rassuré Recchi: il était encore capable de jouer.

« Il avait la mine basse, mais je voyais qu'il était encore prêt à batailler », a dit Tocchet.

Recchi a inscrit 45 points (13 buts, 32 aides) en 62 matchs avec le Lightning, alors que le vétéran Gary Roberts et lui avaient pris la recrue Steven Stamkos sous leur aile. Ils l'ont invité à
la maison pour le souper. Il les regardait à l'entraînement.

« C'était tout simplement incroyable de voir à quel point il avait encore de l'enthousiasme, ce désir de faire la différence, même à cet âge, a noté Stamkos. C'était assurément quelqu'un que j'admirais quand j'avais 18 ans. »

Le Lightning a échangé Recchi aux Bruins le 4 mars 2009. Il a disputé le reste de cette saison-là et deux autres ensuite à Boston, alors qu'il s'est avéré le dernier morceau d'une autre équipe championne. Pourquoi les gars, comme Thornton l'a dit, étaient-ils prêts à bloquer la rondelle du visage pour lui? Pourquoi tout le monde l'adorait-il à ce point?

Au premier tour éliminatoire dans l'Association de l'Est au printemps 2009, il a dû composer avec une pierre au rein. Il a vomi en raison de la douleur avant un match, puis il a marqué le premier but. Il a récolté cinq points (trois buts, deux aides) durant cette série-là, qui a duré sept matchs.

Dans les séries du printemps 2011, il a joué au sein d'un trio complété par Marchand et Patrice Bergeron. En avantage numérique, il ne se plaçait pas à la ligne bleue ou le long de la bande à la hauteur du cercle, comme il l'avait fait avant. Il se postait devant le filet, pendant que Chara décochait des boulets de la ligne bleue et que des opposants lui donnaient des coups de bâton dans le dos. Il a inscrit sept points (trois buts, quatre aides) contre les Canucks et il est devenu le joueur le plus âgé à marquer en Finale de la Coupe Stanley.

« Il avait l'habitude de me dire, "Quand j'étais plus jeune, je pouvais vraiment porter l'équipe sur mes épaules et je pouvais nous donner des chances de l'emporter", a raconté Thornton. Il a ensuite ajouté, "Évidemment, je ne suis plus capable maintenant, mais je vais donner tout ce que j'ai". Il était du genre à dire, "Placez-moi là où ça donnera à l'équipe les meilleures chances de succès. Peu importe ce que je dois faire. Même si je dois coudre les bas après le match".

« Il a toujours été du genre à vouloir tout faire ce qu'il faut pour gagner, pas à penser seulement à ce qui était le mieux pour lui. C'est pourquoi il est un champion et qu'il va être intronisé au Temple de la renommée. »

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