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Poolers : Survol du marché des joueurs autonomes

Quelles équipes seront le plus actives, et quels joueurs seront le plus populaires

par Sébastien Deschambault @sebasdLNH / Chroniqueur LNH.com

Le 1er juillet approche.

Pour les poolers qui participent à des ligues avec un plafond salarial, cette date est souvent synonyme de décisions difficiles, car bien des joueurs se retrouvent avec un contrat trop élevé par rapport à leur production. Mais même si votre pool ne tient pas compte du salaire des joueurs, il s'agit d'une date importante dans la planification de la prochaine saison.

Malgré le retrait de celui qui aurait été le plus gros nom à se retrouver sur le marché des joueurs autonomes dans toute l'histoire de la LNH, alors que Steven Stamkos a choisi de demeurer avec le Lightning de Tampa Bay, la cuvée 2016 des joueurs libres comme l'air n'est pas dépourvue de talent, surtout en attaque.

Plusieurs équipes qui sont habituées de dépenser jusqu'au plafond salarial se retrouvent avec une marge de manœuvre appréciable, certaines d'entre elles s'étant gardé un peu de « lousse » pour Stamkos.

Dans ce groupe, notons la présence des Bruins de Boston, qui possèdent 21 millions $ d'espace sous le plafond salarial, avec Torey Krug à mettre sous contrat. Ils devront remplacer les 30 buts inscrits par Loui Eriksson.

Les Red Wings de Detroit croyaient bien faire leur entrée dans le derby Stamkos lorsqu'ils sont parvenus à échanger le contrat de Pavel Datsyuk au repêchage 2016 de la LNH. Ils devront maintenant se tourner vers d'autres joueurs pour pallier la perte du centre russe, et apporter du soutien au vétéran Henrik Zetterberg ainsi qu'aux jeunes Dylan Larkin, Gustav Nyquist, Anthony Mantha et Tomas Jurco. Ils ont 18 millions $ pour s'entendre avec leur gardien no 1 Petr Mrazek et ajouter des munitions à l'attaque.

Les Canadiens de Montréal ont déjà créé tout un émoi sur la planète hockey en échangeant le défenseur P.K. Subban aux Predators de Nashville en retour de Shea Weber. Il leur reste maintenant plus de 9 millions $ pour améliorer une attaque qui n'a pas terminé parmi les 15 premières de la ligue au cours d'une campagne de 82 matchs depuis la saison 2009-10.

LNH.com analyse les potentielles destinations de certains joueurs ainsi que les retombées sur les statistiques de ces derniers.

Des attaquants au menu

C'est en attaque que l'on retrouve le plus de noms intéressants, et de loin. Des équipes en quête d'aide sur leurs deux premiers trios pourront se tourner vers une dizaine d'attaquants capables de remplir ce rôle.

Commençons avec Milan Lucic. L'imposant attaquant n'aura pas de difficulté à se trouver une nouvelle demeure, alors que la combinaison de son style de jeu robuste et de ses talents de marqueur est assez unique dans la LNH. Lucic ne va toutefois pas éclipser sa production des dernières années, c'est-à-dire entre 20 et 30 buts, et entre 55 et 60 points, simplement en changeant d'adresse, surtout que les joueurs qui pratiquent son style connaissent parfois des baisses de régime marquées lorsqu'ils approchent de la trentaine. La seule destination qui pourrait lui permettre de faire grimper sa production est Edmonton, où il pourrait être jumelé au sensationnel Connor McDavid. Les rumeurs se font insistantes dernièrement, surtout après la transaction qui a fait passer Taylor Hall aux Devils du New Jersey. Il ne faut pas oublier qu'il connaît très bien le directeur général des Oilers Peter Chiarelli, en raison du temps que les deux hommes ont passé à Boston.

Parlant des Bruins, ils risquent de perdre un joueur qui leur a rendu de fiers services offensivement l'an dernier en Loui Eriksson. Il est le joueur qui se retrouve sur le marché qui a inscrit le plus de buts la saison dernière avec 30, et il pointe au deuxième rang pour les points avec 63. Il semble avoir prouvé que ses problèmes de santé liés aux commotions cérébrales sont derrière lui en ratant un seul match au cours des deux dernières saisons, et plusieurs équipes seront heureuses d'ajouter un joueur aussi polyvalent que lui à leur alignement. Cependant, il serait grandement étonnant qu'Eriksson parvienne à reproduire sa dernière campagne, lui qui n'avait pas dépassé le seuil des 60 points depuis la saison 2011-12. Un rendement à mi-chemin entre ses saisons 2014-15 et 2015-16, soit 25 buts et 55 points serait plus réaliste.

Est-ce que les succès de Kyle Okposo reposaient surtout sur son association avec John Tavares, ou est-il en mesure de générer de l'offensive par lui-même? C'est ce que tentent de déterminer les directeurs généraux qui envisagent d'offrir un contrat au meilleur pointeur de la dernière saison parmi les joueurs autonomes. L'attaquant de puissance représente un certain risque au chapitre de sa santé, lui qui a raté au moins 10 matchs en une saison à quatre reprises depuis le début de sa carrière. Si les chances qu'il surpasse ses sommets en carrière de 27 buts et 69 points établis en 2013-14 sont assez minces, une saison semblable à la dernière (22 buts, 42 passes) est totalement envisageable pour Okposo.

Combien peut valoir un marqueur de 25 buts qui apporte expérience et caractère? C'est la réponse que nous apportera Andrew Ladd lorsqu'il va accepter sa prochaine entente. À 30 ans, il sera en quête d'un dernier contrat lucratif, et il pourra certainement se débrouiller dans un rôle plus effacé sur un deuxième trio. Mais ses meilleures années sur le plan strictement offensif sont derrière lui, et s'il a flirté avec les 30 buts et les 60 points de manière assez régulière au cours des dernières campagnes, il devrait entamer un léger déclin dès la saison prochaine.

Tout comme Ladd, David Backes est un joueur qui possède un profil intéressant pour une équipe qui aspire aux grands honneurs et qui cherche à mettre la main sur un vétéran qui donne toujours tout ce qu'il a sur la glace. Si votre ligue comptabilise les mises en échec, Backes revêt une valeur particulière, lui qui est un habitué du top-10 de la ligue à ce chapitre parmi les attaquants. Âgé de 32 ans, Backes a vu son rôle offensif être diminué avec les Blues de St. Louis la saison dernière, et il a par conséquent été incapable d'atteindre le plateau des 50 points pour la première fois depuis 2010-11. Signe avant-coureur de choses à venir? C'est fort probable, même s'il aura vraisemblablement la chance de d'abord se faire valoir sur l'un des deux premiers trios de sa nouvelle équipe en raison du faramineux contrat qu'il devrait recevoir. Une récolte entre 45 et 50 points est à prévoir dans son cas, mais il demeurera un atout majeur dans les ligues multi catégories.

Dans une ère où tous s'entendent pour dire qu'il est presque normal de surpayer un joueur à l'ouverture des joueurs autonomes par rapport à la production que ce joueur sera en mesure de fournir, le cas de Mikkel Boedker est très intéressant. À 26 ans seulement, le huitième choix au total du repêchage 2008 de la LNH est encore assez jeune pour justifier un investissement de plusieurs saisons, et il est l'un des rares joueurs qui n'a peut-être pas encore atteint son plein potentiel avant de profiter de l'autonomie complète. L'équipe qui mettra la main sur le rapide attaquant pourrait donc réaliser le meilleur coup sur le marché, alors qu'il n'est pas impossible que Boedker amasse 25 buts et 60 points, même si ses précédents sommets en carrière sont de 19 buts et 51 points.

Moins de ressources à la ligne bleue et devant le filet

Si certains défenseurs honnêtes sont disponibles cette saison, aucun d'entre eux n'a le potentiel offensif susceptible d'intéresser les poolers. Les transactions ayant mené aux ententes d'Alex Goligoski avec les Coyotes de l'Arizona et de Keith Yandle avec les Panthers de la Floride ont retiré du marché les deux principaux arrières qui auraient fait saliver les poolers.

Il y a bien le vétéran Brian Campbell qui pourrait rendre de bons services à une équipe, mais il n'a pas surpassé le plateau des 40 points au cours des quatre dernières campagnes. Il a déclaré être disposé à accepter moins d'argent pour revenir avec les Blackhawks de Chicago, ce qui pourrait être une excellente destination pour lui, même si cela ne lui permettrait guère de récolter plus de 35 points.

Plusieurs défenseurs pourraient s'avérer utiles dans des catégories bien précises comme les lancers bloqués et les mises en échec, notamment Kris Russell et Roman Polak. Cependant, il s'agit souvent de défenseurs qui trouvent leur équivalent au ballottage de bien des pools.

C'est tout aussi mince devant le filet, alors que seul James Reimer a l'étoffe d'un gardien no 1. Le marché des gardiens est toutefois chamboulé par l'arrivée imminente du repêchage d'expansion, qui pousse toutes les équipes possédant deux gardiens de qualité à en échanger un avant de le perdre pour rien. Brian Elliott et Frederik Andersen ont déjà changé d'adresse, tandis que les Penguins de Pittsburgh et le Lightning de Tampa Bay chercheraient aussi à se départir de l'un de leurs cerbères. Reimer pourrait être un partant supérieur à la moyenne, s'il parvient à trouver une situation intéressante. Il semble toutefois qu'il devra se contenter d'un poste d'adjoint, ou au mieux d'une situation où il partagerait le filet, car aucune équipe n'est à la recherche d'un gardien partant pour le moment. Il pourrait choisir d'attendre les camps d'entraînement pour voir si une blessure ne lui ouvrirait pas une porte. Une carte cachée à mettre dans sa manche si vous avez de la place dans votre formation.

 

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