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Roy se remémore la Coupe Stanley de 1993 avec les Canadiens

Le gardien, membre du Temple de la renommée, aborde le futur de Montréal, et la possibilité de redevenir entraîneur dans la LNH

par Dave Stubbs @Dave_Stubbs / Chroniqueur NHL.com

Les Canadiens de Montréal vont célébrer l'équipe championne de la Coupe Stanley de 1992-1993, la 24e et dernière à avoir réalisé l'exploit, avant le match d'ouverture à domicile face aux Kings de Los Angeles, jeudi (19 h 30 HE, RDS, TSN2, FS-W, NHL.TV). Mais Patrick Roy ne fera pas partie des joueurs et des membres du personnel qui seront honorés pour leur performance de 20 matchs en séries éliminatoires de la Coupe Stanley, marquée par un remarquable total de 10 victoires consécutives en prolongation. 

Roy, le gardien dont les prouesses (16-4, moyenne de buts alloués de 2,13, pourcentage d'arrêts de ,929) ont mené les Canadiens vers le titre, dirigera son équipe de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, les Remparts de Québec, qui reçoivent Cap-Breton. 
 
Roy, qui occupe aussi le poste de directeur général, en est à un deuxième tour de piste avec Québec. Le membre du Temple de la renommée, âgé de 53 ans, a été copropriétaire, entraîneur et directeur général de 2005 à 2013, menant l'équipe au championnat de la Coupe Memorial en 2006. Pour Roy, c'est aussi un retour dans le monde du hockey après deux ans d'absence, lui qui a brusquement démissionné de l'Avalanche du Colorado le 11 août 2016, après trois saisons comme entraîneur et vice-président des opérations hockey.

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Mercredi, Roy s'est entretenu avec NHL.com à propos de l'édition championne de 1992-1993, des Canadiens de cette saison, du gardien Carey Price, de la possibilité d'un retour dans la LNH, de sa nouvelle vie, et du plaisir de replonger dans le hockey dans sa ville natale.
 
Jeudi, derrière le banc des Remparts, penseras-tu aussi à tes anciens coéquipiers à Montréal?
 
« C'est certain. Je serai très triste de ne pas pouvoir y être. Ce sera difficile de penser aux gars qui seront là, aux amateurs… ce sera une belle soirée à Montréal. J'aimerais bien y être. J'espère qu'on ne se rendra pas à 30 ou 40 ans sans Coupe Stanley (rires). Les partisans seront sensationnels envers les anciens joueurs et ce sera mémorable. J'espère que mon vieil ami Jacques [Demers] pourra y être (la santé de l'ancien entraîneur, qui a subi un accident vasculaire cérébral en 2016, demeure précaire). Lorsque j'entraînais l'Avalanche, il m'appelait avant le premier match de chaque saison. C'était très drôle. « Hey Coach, bonne chance cette année, » et je lui répondais quelque chose comme « OK, mais je ne peux pas croire que tu m'appelles Coach. » Jacques est un homme merveilleux. Il a eu une influence déterminante sur chacun d'entre nous. S'il est au Centre Bell, les amateurs vont l'acclamer, c'est sûr.
 

As-tu déjà pensé que, 25 ans plus tard, les Canadiens pourraient non seulement être en quête d'un nouveau championnat, mais aussi d'un autre rendez-vous en Finale de la Coupe Stanley?
 
« Non. Jamais. C'est une surprise pour moi. L'histoire de cette franchise est si riche. Et je le dis toujours; les Canadiens de Montréal n'avaient pas toujours la meilleure équipe, mais ils avaient toujours une équipe prête à travailler fort et à mettre les efforts pour gagner. C'est ce que nous avons fait en 1986 et en 1993. Nous n'étions pas l'équipe la plus talentueuse, mais nous avions un solide groupe de joueurs prêts à travailler fort soir après soir et à faire ce qu'il fallait pour gagner. »
 
Les Canadiens ont subi de nombreux changements cet été après une saison difficile (29-40-13). Que penses-tu de l'équipe actuelle? Penses-tu qu'elle est sur la bonne voie?
 
« La nouvelle LNH est axée sur la jeunesse et la vitesse. C'est ce que [le directeur général Marc] Bergevin essaie de faire, rendre l'équipe plus jeune et rapide. Les Golden Knights de Vegas ont attiré l'attention de nombreuses équipes. Une équipe concentrée et acharnée soir après soir est difficile à battre. … Je pense que Montréal va dans la bonne direction. Maintenant, il s'agit d'évaluer le personnel, mais jusqu'à maintenant, après deux matchs, je crois qu'il y a eu de bons changements. »
 
Penses-tu que Carey Price saura rebondir?
 
« Je n'ai aucun doute. Aucun. Hier, je regardais les nouvelles, et je le voyais seul sur la glace (avec l'entraîneur des gardiens Stéphane Waite). On peut voir qu'il travaille fort sur son jeu, qu'il veut vraiment revenir au sommet, et qu'il est concentré. C'est une bonne première étape. Évidemment, à l'approche de la trentaine (Price a eu 31 ans le 16 août), il faut adapter son jeu un petit peu. On perd un peu de vitesse, et on est un peu plus fragile. Il faut prendre soin de soi et se protéger. Il y a une autre façon de jouer. Il faut s'attarder davantage au positionnement, et ne pas se fier autant aux réflexes. Je pense qu'il est en apprentissage, et je pense qu'il connaîtra une très bonne saison, je le crois vraiment, et je crois que ce sera le début d'une belle séquence. »
 

Price est à deux victoires de te rejoindre au classement des gardiens ayant signé le plus de victoires avec les Canadiens (au deuxième rang, 289, derrière Jacques Plante, 314). Bien sûr, à l'époque, tu n'avais pas l'avantage de pouvoir récolter des victoires après une fusillade.

« Je n'y pense pas du tout. Carey connaît une excellente carrière à Montréal. J'ai fait ce que j'avais à faire dans le temps, et il fait ce qu'il a à faire aujourd'hui. Ce que les gens veulent, c'est voir Carey soulever la Coupe Stanley avec les Canadiens. Ce sera son défi au cours des prochaines années, et je sais qu'il en est capable. » 
 
C'est ton deuxième tour de piste à Québec, après trois saisons passées dans la LNH. Penses-tu être un entraîneur différent qu'à ta première expérience?
 
« Je pense que oui. J'ai plus d'expérience. Au début d'une carrière d'entraîneur, dans la trentaine, l'expérience, l'approche et le degré de maturité sont différents. Le jeu a évolué, comme la communication avec les joueurs. Ils veulent que vous les aidiez. Je veux que mes joueurs prennent connaissance de toutes les facettes de leur jeu. J'essaie de faire beaucoup de vidéo avec eux. De leur donner les ressources pour performer.
 
« Personne ne veut se rendre à l'aréna et avoir un mauvais match. Chaque joueur est différent, et il faut trouver un bon équilibre entre le compromis et la fermeté. Ce qui est agréable au niveau junior, c'est que tous les joueurs veulent apprendre et jouer au meilleur calibre. Leur approche est différente de celle des joueurs de la LNH. C'est ce que j'aime de mon travail. Il y a beaucoup d'enseignement. Ils sont faciles à entraîner et créent une belle ambiance de travail… j'essaie de les aider sur la glace et à l'extérieur. Certains de mes joueurs auront du succès ailleurs qu'au hockey, mais ils se serviront toujours de la chimie développée dans le vestiaire, sur la glace, ou lors des interactions avec les amateurs. Le travail en équipe, en groupe, est un outil important pour l'avenir, car il inculque des valeurs de responsabilité, de sacrifice et de discipline. 
 
« J'aime ce que je fais et je suis très chanceux de poursuivre ma carrière dans le hockey, de travailler avec les jeunes, et de redonner au sport à ma façon. Il m'a tellement apporté, et maintenant c'est à mon tour de donner. J'aime les défis. » 
 

Quand tu as signé avec Québec en avril, tu as mentionné qu'il s'agissait d'un privilège, et que le fait de retourner dans ta ville natale à titre d'entraîneur était un cadeau que tu te faisais. Cela étant dit, si une équipe de la LNH t'appelait pour te proposer un poste, répondrais-tu à l'appel?
 
« Oui. Mais avec les circonstances de mon départ du Colorado, ce sera très difficile pour moi de revenir dans la LNH. Je le savais. Mais en même temps, je suis heureux de ma situation. Ce n'est pas comme si je cherchais un emploi, mais oui, j'écouterais. Lorsque j'ai démissionné au Colorado, j'ai jeté tous mes livres et mes plans de jeu, et je me suis dit que c'était fini tout ça pour moi. Lorsque le président des Remparts, Jacques Tanguay, m'a appelé, je lui ai dit que j'allais y penser. On connaît la suite. J'ai obtenu un nouveau départ, une occasion de revisiter tout ce que j'ai fait avec les juniors, mais aussi avec les pros. Ces deux dernières années, j'ai eu beaucoup de temps pour réfléchir à ce que j'aurais pu faire différemment. En fin de compte, je me dis que j'ai été fidèle à moi-même, et que je suis heureux de continuer dans le sport. »
 
As-tu un souvenir marquant du printemps de 1993?
 
« Je dirais, à quel point Jacques a été positif avec nous. Du premier jour du camp d'entraînement jusqu'à la toute fin, il a cru en nous. Il était derrière nous, quoi qu'il advienne. Je n'ai pas très bien joué pendant la saison régulière, et dans les deux premiers matchs à Québec (deux défaites en demi-finale de la division Adams face aux Nordiques). Il m'a encouragé, s'est approché et m'a dit "Je vais vivre et mourir avec toi," et ça m'a donné beaucoup de confiance. En même temps, ça m'enlevait une certaine pression, parce que je savais que je devais performer. L'équipe jouait très bien devant moi, et je devais être à la hauteur. Les gars étaient en mission, ils jouaient du bon hockey. Ils avaient seulement besoin d'un bon gardien capable de réaliser les arrêts importants. »
 

Tu étais reconnu pour tes superstitions. Cette année-là, tu as utilisé le même bâton pour les 20 matchs de séries : un Koho Revolution, avec le bout du manche en ruban blanc, et environ 8 po de ruban bleu en dessous. C'est vrai que tu confiais ce bâton à l'adjoint au gérant de l'équipement Pierre Gervais entre les matchs?
 
« Oui, on s'occupait très bien de ce bâton (rires). J'utilisais un autre bâton durant la période d'échauffement pour être sûr de ne pas le briser. À la fin, je dirais seulement qu'il était temps que les séries finissent. Je n'avais aucune idée où il [Gervais] le mettait, mais je suis sûr qu'il était en sécurité. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé après. Quand j'ai été échangé de Montréal au Colorado (le 6 décembre 1995), j'ai perdu la trace de quelques objets. 
 
(Mercredi, Gervais, maintenant gérant de l'équipement, a expliqué que le bâton, remis à Roy en 1993, était à l'époque rangé sous les sièges d'un vestiaire du Forum de Montréal qu'il partageait avec le gérant de l'équipement de l'époque, Eddy Palchak. « En gros, ma vie dépendait du bien-être de ce bâton, » a expliqué Gervais en riant. « Sur la route, je lui trouvais une cachette infaillible. »)
 

Le championnat de la Coupe Stanley de 1993 était le deuxième de tes quatre titres (Roy a soulevé la Coupe en 1996 et en 2001 avec l'Avalanche). Est-ce possible pour toi de les comparer?
 
« Ils sont tous très différents. J'étais une recrue en 1986, face à l'inconnu, et tout a déboulé très vite. En 1993, je sortais d'une saison difficile, je ne jouais pas très bien. J'ai été capable de revenir en force en séries, et je me suis inspiré de ce revirement tout au long de ma carrière. Il peut y avoir des moments difficiles, mais ce n'est jamais permanent. Je me suis dit que si j'étais capable de passer d'une saison ordinaire à d'excellentes séries, c'était le signe que je devais toujours avoir confiance en mes moyens. »
 
Tu as tes propres souvenirs marquants des séries de 1993, mais quand tu rencontres les partisans, de quoi te parlent-ils?
 
« Tout le monde parle du clin d'œil (que Roy a décoché à l'attaquant des Kings de Los Angeles Tomas Sandstrom, en prolongation du match no 4 de la finale de la Coupe Stanley, après avoir gobé le tir de Luc Robitaille, sans laisser de retour). C'est le sujet le plus populaire. Tout le monde pose la même question : "Pourquoi?" Je pense que Sandstrom l'a vu. Sinon, je pense qu'il le sait maintenant (rires). Je ne me souviens pas si nous en avons reparlé. Je ne peux pas croire que ce moment ait été filmé. C'était une fraction de seconde. C'est comme si le caméraman s'était glissé dans mon masque. Je regardais la vidéo plus tard et je me disais, "Comment c'est arrivé?" »
 

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