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Patrick Roy revient dans la famille du Canadien par la grande porte

LNH.com @NHL

MONTREAL - Patrick Roy a effectué un retour dans la famille du Canadien par la grande porte et les amateurs au Centre Bell l'ont accueilli à bras ouverts, samedi, en lui réservant une ovation monstre d'une envergure semblable à celles accordées dans le passé aux Richard, Béliveau et Lafleur.

"J'ai été très ému. ?'a passé proche que je verse des larmes, je l'avoue, a affirmé l'ancien gardien étoile, peu de temps après la cérémonie du retrait de son numéro 33. Je suis un gars qui garde tout en-dedans. Peut-être qu'avec la fatigue, je vais me laisser aller sur le chemin du retour à Québec."

Roy a dit avoir été très touché de l'accueil que lui a réservé le public, qui a été bien au-delà de ce qu'il s'attendait. Il a confié que c'est d'ailleurs au moment où on l'a ovationné pendant environ cinq minutes qu'il a failli pleurer.

"J'étais très touché. C'était émouvant. Je me disais que j'étais dans le trouble. J'avais la chair de poule en entendant la foule empêcher M. (Richard) Garneau (un des maîtres de cérémonie) de reprendre la parole. On ne peut pas rester insensible à ça. Je remercie les gens", a-t-il ajouté.

Clin d'oeil au passé

L'organisation du CH avait élaboré un bon scénario afin de marquer le retour "du Roy" dans son giron. On a fait un clin d'oeil au passé, comme seul le célèbre numéro 33 peut en faire, en le faisant entrer au Centre Bell par l'entrée principale. Dans l'amphithéâtre, les gens ont pu suivre son arrivée sur les gigantesques écrans. Chemin faisant, Roy a salué les amateurs tout en se dirigeant vers les gradins, d'où il est descendu jusque vers le banc du Canadien. Une façon de boucler la boucle puisqu'il était en quelque sorte de retour à l'endroit même où il avait quitté le Forum avec fracas, le soir du 2 décembre 1995.

Arborant fièrement le chandail rouge de l'équipe, Roy a été suivi sur la patinoire de ses enfants Jonathan, Frédéric et Jana, de ses parents Barbara Miller et Michel Roy, de sa soeur Alexandra et de son frère Stéphane ainsi que de son conseiller Robert Sauvé.

Trois entraîneurs qui l'ont dirigé, Jean Perron, Pat Burns et Jacques Demers, ont brièvement pris la parole, avant le discours de Pierre Lacroix, qui a agi comme présentateur.

"Je n'ai jamais vu autant d'intensité, de détermination, de fougue et de passion concentrées en une seule personne, a affirmé Lacroix. Il vit chaque jour comme si c'était son dernier."

A la fin, le président de l'Avalanche du Colorado s'est dit choyé d'avoir eu "le privilège de croiser le regard du vainqueur" à titre de conseiller de joueurs.

Prenant la parole à son tour, Roy a soulevé la foule à plusieurs reprises. Il a bien rendu le texte teinté de poésie qu'il a peaufiné en compagnie de proches, incluant son père écrivain.

"Je revis la même fébrilité qu'en 1984, l'année où mon rêve a pris forme sous vos yeux, a-t-il commencé par dire. Le guerrier que j'allais devenir pouvait revêtir la plus noble des armures, le chandail du Canadien."

Il a eu de bons mots à l'endroit des entraîneurs présents, en plus du directeur Serge Savard, ainsi que pour François Allaire, l'entraîneur "qui a fait de moi l'architecte et l'ambassadeur du style papillon".

Il a remercié les partisans de l'équipe d'être exigeants et de s'attendre que leurs préférés jouent chacun des matchs comme si c'était leur dernier.

"Ce soir, je retire une partie importante de mon armure, mais je serai toujours animé de cette fierté bleu-blanc-rouge. Je serai toute ma vie reconnaissant de votre accueil et de votre soutien", a-t-il lancé.

"Je rentre chez nous"

Les amateurs n'avaient encore rien entendu parce que Roy avait gardé le meilleur pour la fin.

" Je me rappelerai de ce jour où j'ai dû partir trop vite sans vous dire au revoir, comme je l'aurais souhaité. (...) Vous me faites l'honneur de retirer mon chandail. Vous m'accueillez comme au premier soir. Mes amis, ce soir je rentre chez nous", a-t-il terminé, en déclenchant un tonnerre d'applaudissements.

Devant la presse, Roy a admis qu'il a saisi l'occasion qu'il attendait depuis longtemps de dire aux amateurs qu'il n'a jamais voulu quitter le Canadien et que c'est à Montréal qu'il aurait souhaité passer toute sa carrière.

"Au moins, ils le savent maintenant", a-t-il mentionné, en promettant de revenir faire son tour au Centre Bell.

"Ce n'est pas que je ne voulais pas revenir. Quand j'ai pris ma retraite, j'ai eu un deuil à faire. ??????'aurait été trop tentant de vouloir revenir au jeu. Ce soir, c'est seulement la troisième rencontre de la Ligue nationale à laquelle j'assiste en personne. La première a été quand on a retiré mon chandail au Colorado en 2005 et la deuxième quand j'ai été admis au Temple de la renommée en 2006."

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