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Parent se souvient de « l'époque magique » des Flyers

Le gardien légendaire raconte comment il a aidé les Flyers à gagner la Coupe deux ans de suite dans les années 1970

par Dave Stubbs @dave_stubbs / Chroniqueur NHL.com

À quand remontent les deux victoires consécutives du trophée Conn Smythe, remis au joueur par excellence des séries éliminatoires de la Coupe Stanley, du légendaire gardien des Flyers de Philadelphie Bernie Parent?

« Je pense que je déjeunais avec Moïse », a répliqué Parent la fin de semaine dernière chez lui à Philadelphie avant d'éclater de rire à une blague qu'il a sûrement lancée à nombreuses reprises auparavant.

Cela ne remonte peut-être pas à si longtemps. Parent a mis la main sur le Conn Smythe en 1974 et 1975, menant les Flyers à deux triomphes consécutifs de la Coupe Stanley.

Si le Conn Smythe est fait en argent, les statistiques du gardien ont été faites en platine : 12 victoires contre cinq défaites pendant les séries de 1974, avec deux blanchissages et une moyenne de buts alloués de 2,02; la saison suivante, il a maintenu une fiche de 10-5 avec une moyenne de 1,89 et quatre blanchissages.

« Quand tu regardes le calendrier, ça fait longtemps, a dit le Montréalais âgé de 71 ans. Mais dans mon esprit, c'est toujours pareil - il me semble que ça s'est passé l'année dernière. »

Parent est devenu le premier joueur à remporter le trophée Conn Smythe deux saisons de suite. Seul Mario Lemieux a répété l'exploit, ayant remporté le prix en 1991 et 1992 avec les Penguins de Pittsburgh.

Parent a également mis la main sur le trophée Vézina, remis au meilleur gardien dans la LNH, dans chacune des saisons où il a gagné le Conn Smythe.

Sa carrière a été écourtée à l'âge de 34 ans en 1979 quand un bâton élevé l'a atteint à l'œil droit, causant des dommages irréparables à sa perception de la profondeur. Cinq ans plus tard, Parent a été intronisé au Temple de la renommée du hockey.

Il se rappelle affectueusement l'équipe juvénile des Flyers en 1974 qui a battu les Bruins de Boston en six matchs en Finale de la Coupe Stanley.

« Nous avions une équipe équilibrée, une équipe qui croyait en elle-même, a-t-il expliqué. Les chances n'étaient pas de notre côté. Nous étions une équipe d'expansion, à notre septième saison dans la ligue, et nous affrontions les Bruins - Bobby Orr, Phil Esposito, Johnny Bucyk, Ken Hodge, Wayne Cashman, tous ces excellents joueurs. Les Bruins auraient dû nous balayer.

« Mais je dis à tout le monde que si tu crois en toi-même et si tu joues avec une bonne équipe, tu pourras faire des choses remarquables. Nous n'étions pas vraiment spéciaux, nous n'étions qu'un groupe de jeunes... Mais (l'entraîneur) Fred Shero a inventé un plan brillant : tout le monde devait garder la rondelle loin d'Orr.

« Je ne l'oublierai jamais, Freddie nous a dit, "Vous ne devez pas frapper Orr, mais restez devant lui, faites-le travailler." En fin de match, Bobby était fatigué. Et en fin de série, Bobby était fatigué. »

Parent a pris une pause avant de rire à nouveau.

« Et quand vous avez un gardien francophone, tout est possible. »

Parent était un dieu de hockey à Philadelphie; à cette époque-là, des autocollants de voiture ont déclaré, « Seul Dieu fait plus de miracles que Bernie Parent. »

Il se souvient d'avoir été si épuisé à la suite de la victoire de la Coupe en 1974, qu'il s'est couché tôt avant de se réveiller à 6 h le lendemain matin, se demandant si le tout n'avait été un rêve.

« Je suis prudemment descendu sur la pointe des pieds et j'ai ouvert la porte de la maison, et le grand titre du journal sur le porche était : "Les Flyers gagnent la Coupe Stanley!", a dit Parent. Alors, je me suis habillé, j'ai quitté la maison et j'ai serré la main de plusieurs personnes, et puis je me suis retourné pour voir qu'un grand "Félicitations!" avait été peint sur le côté de ma maison. J'ai dû faire repeindre toute la maison, mais ça valait la peine.

« La saison suivante, j'avais une quinzaine de personnes qui surveillaient la maison. Mais tu sais quoi? Si quelqu'un avait inscrit quelque chose à nouveau, je l'aurais accepté. »

Parent se rappelle mieux le titre de 1975, quand les Flyers ont pris un avion à Philadelphie après leur victoire à Buffalo, la Coupe restant debout dans le couloir de l'avion.

« Tout l'avion a été silencieux pendant une demi-heure, a-t-il dit. Tout le monde regardait le trophée magnifique que nous venions de gagner. Quelle époque magique. »

Après chaque victoire de la Coupe, Parent a fièrement accepté le Conn Smythe, mais il a redirigé toutes les louanges vers les Flyers.

« Des prix individuels doivent être remis, mais à mon avis, il s'agit toujours de l'équipe, a-t-il expliqué. Tu ne peux jamais remporter ces trophées sans être entouré de bons joueurs. Quand nous avons gagné au cours de ces deux saisons, j'étais le gardien, mais nous avions des défenseurs, des attaquants, des entraîneurs et les gens formidables de Philadelphie. C'était seulement grâce à cela que nous avions une chance de gagner. Tu fais ton travail individuel, mais il faut que tout le monde travaille ensemble. »

Le travail d'équipe est un thème récurrent dans les discours de motivation de Parent, ainsi qu'un message concernant l'acceptation de risques et la conquête de la peur.

« Quand il y a du risque, la peur suit, a-t-il dit. Et quand la peur arrive, la majorité des gens reculent. C'est alors que ces personnes ratent les belles occasions dans la vie. Voici ma philosophie : si j'assume que ça ne va pas fonctionner, je fais le premier pas quand même. Si ça ne fonctionne pas, je vais en tirer des leçons et je vais aller de l'avant.

« Entourez-vous d'une bonne équipe. Si vous vous le rappelez alors que vous progressez dans la vie, la vie sera plaisante pour vous. »

Parent demeure un amateur ardent de hockey, lui qui assiste aux matchs des Flyers au Wells Fargo Center et qui regarde d'innombrables matchs à la télévision.

Peu importe le résultat de la Finale de la Coupe Stanley 2016 entre les Sharks de San Jose et les grands rivaux des Flyers, les Penguins de Pittsburgh, Parent est certain que tous les amateurs de hockey, incluant lui-même, vont se régaler.

« Ce qui est particulièrement bien de cette saison, c'est que rien n'est prévisible, a-t-il mentionné. Personne ne sait ce qui va se passer dans le prochain match. C'est du bon hockey, très enlevant. La vitesse du jeu, la façon dont les joueurs patinent, c'est incroyable.

« Dans le temps, les joueurs ne patinaient qu'en avant et en arrière. Aujourd'hui, mon Dieu, ils couvrent toute la patinoire. Tu as la rondelle sur la palette pendant une seconde et quelqu'un sera à côté de toi. Tu dois constamment être en mouvement. Mais c'est ce qui rend le hockey si excitant à regarder. »

Parent croit que l'équipe qui sortira de sa zone de confort sera couronnée championne.

« La pire chose qu'on peut faire dans le sport est de jouer serré, a-t-il lancé. Prenez des risques, et que la chance soit de votre côté. Vous aurez au moins essayé. Quand vous le faites, vous devenez une meilleure équipe...

« Freddie (Shero) a écrit sur notre tableau, "Si nous gagnons ce soir, nous serons unis pour toujours". C'est une déclaration émouvante. C'est ce que nous avons fait à Philadelphie, et c'est ce que chaque champion de la Coupe Stanley a fait. »

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