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Par Robert Laflamme

LNH.com @NHL

UNIONDALE, New York - Mark Streit peut remercier le Canadien de lui avoir accordé sa première véritable chance dans la LNH, à l'âge de 27 ans, et de lui avoir permis de s'établir comme un bon joueur polyvalent. Mais le Suisse peut surtout remercier l'organisation de ne pas lui avoir présenté d'offre contractuelle au cours de la dernière saison.

Streit, qui a representé la meilleure aubaine de la ligue en 2007-08 à un salaire de 600 000$ US, aurait été prêt à accepter beaucoup moins d'argent qu'il en a obtenu des Islanders de New York afin de rester à Montréal.

"Si (le Canadien) m'avait fait une offre de l'ordre de 6 millions $ US pour trois ans pendant la dernière saison, je ne me serais pas posé de questions et je l'aurais possiblement acceptée", a-t-il confié candidement au quotidien Newsday.

Une confidence qui devrait faire réfléchir Bob Gainey, qui s'oppose à toute renégociation de contrat avec les joueurs en cours de saison.

En ce qui a trait à Streit, âgé de 31 ans, encore aurait-il fallu que le Tricolore tienne à retenir ses services, ce qui de toute évidence n'a pas été le cas.

Peu importe, Streit a décroché le gros lot avec les Islanders, qui lui ont consenti un contrat de 20,5 millions $ US pour cinq ans.

Utilisé uniquement en défense et dans toutes les situations - comme il le désirait - il est le pilier de l'équipe. Chez le Canadien, il ne faisait même pas partie du groupe des six premiers défenseurs. Avancer qu'il file le parfait bonheur à Uniondale est un euphémisme.

"Je n'aurais jamais pensé me retrouver ici avec un contrat semblable en poche. Je suis très content", a-t-il admis, samedi, avant de se mesurer à ses anciens coéquipiers.

S'il s'attendait de susciter beaucoup d'intérêt à titre de joueur autonome (il a laissé savoir qu'une dizaine d'équipes l'ont contacté), Streit a été jeté par terre en prenant connaissance des montants d'argent qu'on lui a fait miroiter.

"C'était complètement fou, a-t-il souligné. Rappelez-vous simplement de la position dans laquelle j'étais il y a à peine trois ans. Personne ne pensait que je décrocherais un poste", a-t-il ajouté, en évoquant un match au cours duquel l'entraîneur Claude Julien ne l'avait envoyé sur la glace que pour une seule présence.

Comblé

Streit a cru jusque vers la mi-juin, après la fin de la saison, que le Canadien était intéressé à le réengager. Avec le recul, il réalise que l'offre des Islanders était la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Même s'il a quitté une équipe qui aspire aux grands honneurs pour se retrouver au sein d'une des pires de la ligue.

"Pour moi, c'est merveilleux ici, j'adore. Je joue comme défenseur à temps plein, on me fait jouer en masse et ma confiance est au maximum. Je connais mes meilleurs moments depuis que je suis dans la ligue.

"A Montréal, j'aurais continué d'alterner entre la défense et l'attaque. J'ai grandement apprécié les trois saisons que j'ai passées là-bas, mais au bout du compte je n'étais pas comblé.

"Ce n'était pas toujours évident de changer de position. Je n'avais jamais l'occasion de me sentir à l'aise à une position. La tâche qu'on me confiait faisait l'affaire de l'équipe et de l'entraîneur. Elle m'a aussi permis de m'établir dans la ligue. C'a été une bonne voie pour moi."

Au journaliste du Newsday, il a néamoins reproché à Carbonneau de ne pas lui avoir fait suffisamment confiance comme défenseur.

"On me blâmait souvent. On disait que je n'étais pas suffisamment fiable en défense. Mais on ne m'a jamais permis de disputer une trentaine de matchs d'affilée sur une base régulière pour que je prouve ma valeur. Aussitôt que je commettais une erreur, on me retirait de la formation ou on me laissait sur le banc.

"J'ai été un défenseur pendant toute ma carrière. C'est à cette position que je voulais jouer. Ici on me permet de le faire comme quand j'étais en Suisse."

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