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Pacioretty sous le choc après le renvoi de Therrien

Le capitaine des Canadiens remercie l'entraîneur de l'avoir aidé à atteindre « un niveau supérieur »

par Dave Stubbs @Dave_Stubbs / Chroniqueur NHL.com

MONTRÉAL - Max Pacioretty a communiqué avec Michel Therrien, mardi après-midi, quelques minutes seulement après avoir appris la nouvelle, et le capitaine des Canadiens de Montréal a alors eu une conversation téléphonique avec l'homme qui était désormais son ancien entraîneur.

« Ç'a été difficile », a souligné Pacioretty mercredi depuis sa résidence, où il s'accordait un peu de repos pendant le congé de cinq jours prévu au calendrier des Canadiens. « [Therrien] a eu un impact important sur mon développement. »

L'éclosion de Pacioretty est survenue durant la saison 2011-12, à sa première campagne complète dans la LNH, alors qu'il a inscrit 33 buts et 32 aides en 79 matchs sous les ordres de deux entraîneurs, soit Jacques Martin et celui qui l'a remplacé à la mi-saison, Randy Cunneyworth.

Therrien a été embauché avant la campagne écourtée de 2012-13. Au cours des trois saisons complètes suivantes, Pacioretty a marqué 39, 37 et 30 buts. Et cette saison, il est le meneur du club montréalais pour les buts (28) et les points (50).

« Nous avons raté les séries éliminatoires de la Coupe Stanley à ma première bonne saison et il y avait tellement de défauts dans mon jeu, a-t-il noté. Je ne jouais pas comme un joueur qui avait la pression d'être un joueur de premier plan au sein d'une équipe de premier plan. Si on regarde les chiffres, mes statistiques se ressemblent peut-être depuis quelques années, mais [Therrien] m'a permis d'élever mon jeu à un niveau supérieur. D'avoir été nommé capitaine [en 2015-16] fait en sorte que je vais toujours garder un souvenir spécial de [Therrien] en tant qu'entraîneur et de la façon dont il m'a grandement aidé. »

Pacioretty a appris que Therrien avait été congédié quand il a consulté son téléphone après sa sieste, mardi, et constaté qu'il avait reçu une longue série de messages.

« J'étais sous le choc, a-t-il dit. Je suis allé en bas et j'ai essayé de m'éclaircir les idées. [Therrien] est la première personne que j'ai contactée après avoir appris qu'il avait été congédié. Nous avons vraiment beaucoup de respect l'un pour l'autre et je me suis assuré de lui dire. C'était très gentil de sa part, à un moment qui était très difficile pour lui, de me renvoyer le compliment.

« C'est une conversation qui n'a pas été facile. Mes coéquipiers se sentent aussi coupables que moi à propos de ce qui est arrivé. Mais le fait que ce soit survenu pendant la pause est une bonne chose parce que ça va nous donner le temps d'y réfléchir et de penser aux façons dont nous avons laissé tomber l'entraîneur, pour ensuite revenir frais et dispos [en vue de l'entraînement de vendredi], prêts à reprendre le boulot. »

Mercredi après-midi, Pacioretty n'avait pas encore eu la chance de discuter avec Julien. Il ne le connaît pas, mais il dit avoir entendu beaucoup de bonnes choses à son propos. Le capitaine aura l'occasion cette semaine de s'entretenir avec des coéquipiers qui ont joué sous les ordres de Julien - le gardien des Canadiens Carey Price et le défenseur Shea Weber ont joué pour Julien quand celui-ci était entraîneur adjoint avec Équipe Canada à la Coupe du monde de hockey 2016 -, mais il n'est pas pressé de faire du dépistage.

« J'aimerais mieux me faire ma propre opinion au départ, a-t-il dit. Tout ce qu'on m'a dit de Claude - il y a toujours moyen de s'informer à propos de tous les joueurs, tous les entraîneurs et tous les directeurs généraux -, c'est du positif. J'aimerais commencer sans avoir d'idée préconçue. Je ne suis pas sûr encore si je vais discuter avec lui. Je suis certain qu'il est très, très occupé en ce moment. Je ne suis pas sûr si ce sera vendredi ou avant, mais j'ai hâte de commencer à tisser des liens solides avec lui. »

Pacioretty a indiqué que ses coéquipiers et lui ont ressenti une sensation bizarre après le congédiement de Therrien.

« C'est certain que nous nous sentons responsables, a-t-il dit. J'ai vu plusieurs des gars à la patinoire aujourd'hui. Je m'attends, comme je l'ai déjà vu par le passé, à ce que les gars aient une attitude sérieuse, en ce sens que nous savons que c'est un signal d'alarme et qu'il faut vraiment s'atteler à la tâche, retrouver nos repères et notre façon de jouer, et trouver des façons de gagner. J'ai déjà constaté que c'est le cas chez les joueurs avec qui j'ai discuté jusqu'ici et c'est à ça que je m'attends lors du retour au boulot. »

Personne n'a parlé de choses précises concernant la personnalité de Julien ou son style de gestion, alors que le nouvel entraîneur devrait arriver à Montréal jeudi pour amorcer son deuxième séjour avec les Canadiens.

« Notre plus grande préoccupation, c'est que tout le monde revienne avec le bon état d'esprit et soit prêt à se mettre au travail, a souligné Pacioretty. Nous savons que Claude est un entraîneur très respecté et que ses joueurs ont eu beaucoup de plaisir sous ses ordres. Pour le moment, il s'agit avant tout d'enfiler nos bottes de travail dans le but de se sortir du trou que nous avons creusé. »

Pacioretty a entendu les comparaisons que les gens font entre la saison dernière et la campagne actuelle, alors qu'à chaque fois, les Canadiens ont connu un départ en trombe pour ensuite connaître des difficultés au retour de la pause des Fêtes.

« Je ne trouve pas que c'est pareil du tout, a-t-il affirmé. Nous avons eu des tas de blessés la saison dernière. Cette saison, nous avons eu un calendrier condensé [en raison de la Coupe du monde], alors que nous avons disputé beaucoup de matchs et beaucoup voyagé.

« Notre léthargie ne s'est pas étendue si longtemps que ça dans le temps, mais nous avons disputé tellement de matchs, nous avons tellement voyagé… J'ai entendu beaucoup de personnes qui voyagent avec nous dire qu'elles sont fatiguées elles aussi, et elles n'enfilent pas les patins. Ce ne sont pas des excuses, mais c'est facile de perdre ses repères quand tu joues aussi souvent et que le calendrier est aussi effréné.

« Le moment était mal choisi pour se mettre à mal jouer. Il y a deux semaines seulement, nous nous sentions tellement bien. Ça montre à quel point les choses peuvent changer vite, surtout dans un marché comme Montréal. »

Pacioretty s'attend à ce qu'il y ait beaucoup d'énergie sur la glace, vendredi, lors du retour au travail. Julien dirigera alors sa nouvelle équipe pour la première fois, alors qu'aura lieu un entraînement en prévision du match de samedi après-midi au Centre Bell contre les Jets de Winnipeg.

Ouvertes au public, les séances du vendredi qui sont tenues au centre d'entraînement de l'équipe à Brossard attirent toujours de nombreux partisans. Ce sera encore plus le cas cette semaine, étant donné que l'entraînement coïncidera avec le retour de Julien à Montréal.

« Et parce que ce sera à 16 heures, il va y avoir encore plus d'atmosphère que d'habitude, a souligné Pacioretty en riant. Ça va être après l'école. »

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