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Pacioretty heureux d'entreprendre l'été sans blessure

Le capitaine des Canadiens révèle que la blessure au genou qu'il a subie l'été dernier l'a ennuyé pendant toute cette saison difficile

par Dave Stubbs @Dave_Stubbs / Chroniqueur NHL.com

WEST PALM BEACH, Floride - La Floride doit à Max Pacioretty, le capitaine des Canadiens de Montréal, un bon été ou à tout le moins, un été sans incident.
C'est le 9 juillet dernier, à Boca Raton, que le genou gauche de Pacioretty a cédé lors d'un sprint, ce qui a paralysé son entraînement estival. De plus, hormis ses exercices de réadaptation, il n'a pas pu participer au camp d'entraînement de la saison 2015-16 en septembre.
Si l'État du soleil entend se racheter cet été, il ne commence pas de la bonne manière.

 

Pacioretty s'est présenté au dîner, le vendredi 13, en s'excusant de ne pas être rasé. Il n'a plus d'eau courante à sa maison de Boca Raton, à 40 kilomètres d'ici, depuis un refoulement d'égout survenu tard jeudi soir. Des racines d'arbre ont percé la canalisation souterraine, ce qui a causé une bien mauvaise surprise à Pacioretty, sa femme Katia et ses deux jeunes garçons.
« J'imagine que l'inspecteur en bâtiment n'a rien remarqué », a-t-il blagué. Il a ajouté que sa nouvelle entrée était en construction en ce moment même.
Ce refoulement d'égout a eu lieu seulement quelques heures après qu'il eut subi une crevaison sur l'autoroute 95.
« J'espère que ce seront les seules malchances que j'aurai cet été », a rigolé Pacioretty.
Si vous croyez au symbolisme, un refoulement d'égout et une crevaison pourraient illustrer la saison navrante des Canadiens, qui a commencé par une série de neuf victoires consécutives avant de piquer du nez.
Pacioretty est demeuré à Montréal pendant deux semaines après le dernier match des Canadiens le 10 avril. Il a consulté des physiothérapeutes, des entraîneurs de puissance et des ostéopathes pour élaborer son programme d'entraînement pendant la saison morte.
Il s'est ensuite envolé pour la Floride avant de se rendre au Connecticut pour rencontrer Ben Prentiss, son entraîneur personnel depuis de nombreuses années. Puis, il est finalement rentré à Boca Raton.
« C'est une étape que je n'ai jamais vraiment faite avant », a mentionné Pacioretty à propos de son travail de préparation préliminaire à son entraînement. « Je constate déjà une grosse différence pour mon genou et j'ai corrigé le déséquilibre musculaire global qui m'affligeait. Je crois être en meilleure forme. C'est comme une réadaptation en prévision de mon entraînement musculaire de l'été. Je me sens très bien en ce moment et je suis heureux de pouvoir compter sur les bonnes personnes pour m'aider avec tout ça. »

Après s'être blessé au genou l'été dernier, il a consacré plusieurs mois à renforcer son articulation en réadaptation. Puis, ses coéquipiers l'ont élu 29e capitaine de l'histoire des Canadiens la veille du début du camp d'entraînement en septembre.
Il a raté tout le camp, mais il était dans l'alignement lors du match d'ouverture et des 81 autres qui ont suivi. Il a mené les siens avec 64 points et il a atteint le plateau des 30 buts pour une quatrième saison complète consécutive (en excluant la saison écourtée de 2012-13). Il a aussi inscrit 34 mentions d'aide, un sommet personnel.
Pacioretty s'est entraîné vigoureusement pour être prêt pour le premier match et, avec un peu de recul, la dernière campagne a peut-être surtaxé son genou, qui l'a ennuyé à plusieurs occasions.
« Je ne veux pas trouver d'excuses. Je suis responsable de tout ce qui est arrivé pendant l'année, le bon comme le mauvais », a-t-il admis.
S'il avait passé son tour, lui qui venait tout juste d'hériter du poste de capitaine, il affirme qu'il n'aurait pas pu trouver le sommeil en sachant qu'il aurait pu jouer.
« En fait, je n'ai pas pu profiter de mon été l'an passé. J'ai délaissé les béquilles, puis j'ai chaussé les patins le lendemain. J'ai tout fait pour être prêt pour la saison. Si ce n'était pas important de faire de l'entraînement cardiovasculaire et musculaire pendant l'été, personne n'en ferait.
« À certains moments dans l'année, j'ai senti que mon genou nuisait à mon coup de patin. Mais le hockey ne relève pas seulement de la puissance de notre coup de patin. Plusieurs autres éléments influencent notre jeu, alors je suis quand même heureux d'avoir pu faire du bon travail en utilisant d'autres habiletés que j'ai développées au fil des ans. »
Le leadership a occupé beaucoup de place dans son travail, lui qui a pourvu un poste laissé vacant pendant un an par les Canadiens.
Cette élection n'est pas la seule que Pacioretty a remportée cette année. Ses coéquipiers l'ont élu pour être le finaliste des Canadiens pour le trophée King-Clancy. Cet honneur est remis au joueur de la LNH qui fait preuve d'un leadership hors pair tant sur la patinoire qu'à l'extérieur et qui se démarque par son implication exemplaire dans la communauté. La fondation de Pacioretty, qui tiendra un tournoi de golf caritatif au cours de l'été dans le nord de Montréal, travaille de concert avec la Fondation de l'Hôpital général de Montréal pour soutenir le projet de traitement des traumatismes cérébraux de l'hôpital.
Or, les Canadiens ont connu une saison très difficile cette année et Pacioretty est mieux placé que quiconque pour le savoir. Dans son nouveau rôle dans un marché unique, plus de 20 000 professeurs lui ont fait la leçon match après match.
« Nous n'avons pas été parfaits cette année, c'est évident, a-t-il admis. Nous avons été exclus des séries éliminatoires. Nous pouvons tous être meilleurs et ça commence par moi, le capitaine. Je dois trouver des façons d'être meilleur pour mes coéquipiers sur la glace et en dehors. Ça fait partie de la solution. Je crois qu'aucun capitaine n'a été parfait à sa première année.
« On devient plus à l'aise dans ce rôle. Si ce que l'on dit ne vient pas du cœur et n'est pas authentique, alors il vaut mieux ne rien dire. Parfois, on n'a pas besoin de parler, il suffit de montrer l'exemple sur la glace. J'apprends au fur et à mesure en écoutant des joueurs ou des entraîneurs qui ont déjà vécu des situations semblables.
« J'ai la bonne attitude et j'en ai discuté avec les bonnes personnes. Heureusement, je sais que mon équipe m'appuie. Je crois que j'aurais parfois pu être meilleur pour mes coéquipiers sur la patinoire et à l'extérieur, mais je suis certain que tout le monde pense la même chose quand on connaît une saison de misère. »
Voici quelques autres faits saillants de mon entretien avec le capitaine des Canadiens.
Tu as vécu beaucoup de choses en huit ans avec les Canadiens, la nomination au poste de capitaine l'année dernière est sûrement l'un des moments les plus mémorables pour toi. As-tu l'impression que le temps passe trop vite?
« J'ai déjà l'impression que la dernière campagne s'est terminée il y a 10 ans, mais j'ai aussi trouvé qu'elle avait duré 10 ans. Tout est arrivé si vite. Tous les bons souvenirs de ma carrière sont entreposés quelque part dans mon cerveau, mais je veux vraiment vivre le moment présent, profiter pleinement de tout ça et être le meilleur joueur et le meilleur capitaine possible pour l'organisation. »
Comment se sont déroulées tes rencontres de fin de saison avec le directeur général Marc Bergevin et l'entraîneur Michel Therrien?
« Nous sommes évidemment tous très déçus des résultats. Nous en sommes tous responsables et nous en sommes conscients. Ça commence au sommet et ça descend jusqu'à chacun des joueurs. Ce qui est encourageant à propos de cette organisation, et de ses joueurs, de sa direction et de ses entraîneurs, c'est que tout le monde se sent responsable de ce qui s'est passé cette année.
« C'est un bon signe. Une des grandes qualités d'un athlète, surtout dans les sports d'équipe, c'est d'être capable de se regarder dans le miroir, d'être honnête et de se dire qu'on se doit d'être meilleur. Nous sommes tous revenus les pieds sur terre cette année et c'est le genre d'expérience qui doit nous motiver pour revenir plus forts et meilleurs, peu importe qu'on soit un joueur, un entraîneur ou un des cadres de l'organisation.
« Si nous acceptons tous de prendre une part de responsabilité par rapport à ce qui est arrivé, ça devient contagieux. Quand ce sentiment se rend jusque dans le vestiaire, même les joueurs rappelés qui commencent dans la LNH le ressentent. C'est une très bonne atmosphère. Nous voulons des gagnants au sein de notre équipe et de notre organisation et c'est la philosophie des gagnants. »
Avec le centre Alex Galchenyuk et l'ailier droit Brendan Gallagher, vous avez formé un excellent trio en fin de saison. On a beaucoup parlé de l'utilisation de Galchenyuk à l'aile et au centre pendant l'année...
« Ils ont adopté la bonne approche avec [Galchenyuk]. L'organisation et les partisans veulent qu'il devienne un centre de concession, mais ça prend du temps. Les gens le comparent à d'autres centres qui excellent dès le départ dans d'autres équipes, mais ils doivent réaliser qu'il n'y a pas d'autres marchés comme Montréal. Le processus pour [Galchenyuk] sera plus long, autant sur la glace qu'en dehors. Être le centre numéro un d'une franchise comme les Canadiens de Montréal exige des sacrifices. Tout le monde en convient.
« Sur la glace, vous ne pouvez pas toujours être le premier à joindre l'attaque, mais c'est un sacrifice qu'il faut faire pour l'équipe. À l'extérieur de la patinoire, vous devez être un meneur. Le centre numéro un d'une équipe est toujours un meneur. C'est comme ça dans les 30 formations. Il joue un rôle clé au sein du groupe de meneurs d'une équipe. C'est le genre de sacrifices qu'on doit faire, mais ça vient avec l'expérience.
« Cette année, [Galchenyuk] a gagné beaucoup plus d'expérience qu'avant, que ce soit sur la patinoire ou à l'extérieur. Il a été muté d'une position à une autre, il a changé de compagnons de trio et en dehors de la glace… Disons qu'il a beaucoup appris. Ça l'a aidé à se préparer pour les 20 derniers matchs, où il a joué son meilleur hockey en carrière.
« Il faut respecter sa progression et s'en réjouir. La direction et les entraîneurs avaient un plan et une vision pour lui. Ils l'ont placé dans des positions qui l'ont mené jusqu'à ce point. Ç'aurait été facile de le jeter dans la fosse aux lions et de lui confier le poste de centre du premier trio dès le début. Puis, quand les choses auraient mal tourné, ils auraient pu le laisser à lui-même.
« C'est le genre de situation qui ne pardonne pas dans une ville comme Montréal. On a vu plusieurs joueurs sombrer dans l'oubli comme ça. À la fin de l'année, [Galchenyuk] était une personne différente, un joueur différent et un coéquipier différent. J'ai tout aimé de son jeu et de sa façon de se comporter en dehors de la patinoire. Ce sont des choses qui viennent avec le temps. Ils lui ont donné du temps et il est maintenant prêt à devenir un centre dominant dans la LNH. »

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