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Mieux vaut tard que jamais pour Jean Ratelle

Les Rangers de New York vont l'élever au rang des immortels dimanche en retirant le numéro 19 qu'il a porté pendant 16 saisons

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

MONTRÉAL - Son grand ami et complice de jeu de toujours Rod Gilbert trouve que Jean Ratelle a patienté pendant trop longtemps. 

Mais mieux vaut tard que jamais, comme le dit l'adage, et Gilbert est heureux de voir les Rangers de New York élever Ratelle au rang des immortels de la concession. L'hommage suprême lui sera rendu, dimanche, à l'occasion du passage des Red Wings de Detroit au Madison Square Garden.

« Il ne court pas après les honneurs et, comme il a œuvré pendant longtemps comme recruteur professionnel dans l'organisation des Bruins de Boston, c'était difficile pour lui de revenir à New York être honoré, explique Gilbert en entrevue à LNH.com. Maintenant qu'il est à la retraite, il a cédé aux pressions de sa famille. Il se dit que ça fera plaisir à ses filles et à ses petits-enfants. »

Ratelle a donné au numéro 19 ses lettres de noblesse sous les couleurs des Rangers pendant presque 16 des 21 saisons qu'il a jouées dans la LNH entre 1960-61 et 1980-81.

Admis au Temple de la renommée du hockey en 1985, il pointe au deuxième rang des buteurs de l'histoire des Rangers (336) ainsi qu'au troisième rang au chapitre des passes (481) et des points (817). 

Se retrouvant parmi les 100 plus grands joueurs du centenaire de la LNH, l'ancien joueur de centre âgé de 77 ans a récolté 1267 points (491-776) en 1281 rencontres avec les Rangers et les Bruins.

Une grande amitié

La grande amitié qui unit Gilbert et Ratelle est de longue date.

« Jean est issu d'une grosse famille, son père était dentiste, relate Gilbert, qui est natif de Montréal. La famille s'est établie à ville d'Anjou en provenance de Saint-Félicien, au Lac-Saint-Jean. Nous nous sommes connus à l'école vers l'âge de 10 ans. On jouait au hockey avec des amis. On essayait de s'enlever la rondelle et j'ai vite remarqué son talent. Je m'arrangeais pour qu'il soit toujours dans mon équipe. »

Ils ont fait leurs débuts ensemble au hockey organisé dans les rangs pee-wee. Rendu chez les juniors, Gilbert a pavé la voie à son arrivée avec l'équipe de Guelph, en Ontario, une année après lui en 1958-59.

« J'avais dit à notre entraîneur qu'il devait absolument le recruter », mentionne Gilbert, âgé de 76 ans. Je voulais continuer de jouer avec lui pour m'améliorer. Nous avons gradué ensemble avec les Rangers et nous étions cochambreurs sur la route. Nous avons toujours eu des atomes crochus et nous avons eu du succès ensemble. »

Gilbert, Ratelle et Vic Hadfield ont fait la pluie et le beau temps au sein d'un trio affublé du sobriquet « GAG Line », un acronyme pour « one goal a game » (un but par match).

Ratelle a été très attristé de voir son compagnon d'armes quitter en novembre 1975 dans un échange majeur avec les Bruins effectué par le directeur général Emile Francis. Le défenseur Brad Park et lui ont été cédés en retour des Phil Esposito, Carol Vadnais et Joe Zanussi.

« Il a eu une influence énorme sur ma carrière, constate Gilbert. Après son départ, je n'ai pas eu le même enthousiasme. Peut-être était-ce parce que j'étais rendu vieux. Ç'a été comme si on m'avait amputé d'un membre tellement on se complétait bien. »

Gilbert a été le premier membre des Rangers à voir son numéro (7) être retiré il y a presque 40 ans en 1979. Il demeure à ce jour le meilleur marqueur de l'histoire des Rangers, avec 1021 points en 16 saisons entre 1960-61 et 1977-78.

Un grand gentilhomme

Le jeune attaquant André Savard se souvient de l'arrivée de Ratelle chez les Bruins.

« Je n'avais pas vraiment suivi son parcours. Je viens de Témiscamingue et les Rangers n'étaient pas souvent à la télévision, mais je savais qui Rod Gilbert et Jean Ratelle étaient. C'étaient de gros noms. Jean avait pris part à la Série du siècle en 1972 », évoque Savard en entrevue.

Le souvenir qu'il conserve de son voisin de vestiaire, c'est celui d'un formidable gentilhomme.

« C'était un gars effacé, il faisait sa petite affaire. Il se tenait loin des projecteurs. Il était très gentil et généreux de ses conseils avec moi. »

Ratelle n'était pas différent sur la glace. C'était un gracieux patineur fiable en défense et doué offensivement. Il a été en quelque sorte le Jean Béliveau des Rangers. La comparaison tient la route, à plusieurs égards.

« C'était un joueur cérébral, un fabricant de jeux, le décrit Gilles Léger recruteur professionnel chez les Rangers. C'était un vrai gentilhomme et pas uniquement sur la glace. Je l'ai côtoyé comme recruteur, c'est une très bonne personne. La comparaison avec Jean Béliveau est bonne. Ils étaient semblables dans leur style de jeu. »

Savard parle de Ratelle comme d'un joueur mésestimé qui n'était pas flamboyant, mais très constant. 

« Il n'était pas imposant physiquement, mais il était fort. Il était excellent dans l'art de ravir la rondelle aux adversaires. Il était très bon sur les mises au jeu. »

Bergeron et Sakic

Pour les jeunes amateurs de hockey, Patrice Bergeron des Bruins est possiblement le prototype de joueur se rapprochant le plus de Ratelle.

« Bergeron est droitier et Ratelle était gaucher, mais les ressemblances dans la personnalité et le style de jeu des deux sont nombreuses », convient Savard.

Joe Sakic, que Savard a côtoyé à son arrivée chez les Nordiques de Québec en 1988-89, est un autre bon exemple.

« Joe Sakic était effacé et un gentilhomme comme lui, en plus d'être un excellent joueur, soumet Savard. Tous deux n'étaient pas gros, ils possédaient des mains agiles et ils ont connu de longues carrières. »

Outre Gilbert et Ratelle, sept autres grands de l'histoire des Rangers ont vu leur numéro être retiré. Il s'agit des Ed Giacomin (1), Brian Leetch (2), Harry Howell (3), Andy Bathgate (9), Adam Graves (9), Mark Messier (11) et Mike Richter (35).

« C'est le plus grand honneur qu'un joueur puisse recevoir. Vous ne pouvez pas demander mieux », a commenté Ratelle au moment de la confirmation de son retrait de chandail en début de saison. « J'ai réellement hâte d'être de retour au Madison Square Garden.

« Ma famille m'accompagnera. Je vais adorer. »

Gilbert assistera évidemment aux festivités aux premières loges. Pour l'occasion, on réunira au duo l'autre membre de la « GAG Line », Vic Hadfield. Ce sera une première depuis le match inaugural du 75e anniversaire des Rangers, le 11 octobre 2000.

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