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McDavid: Les Oilers obtiendront un retour sur l'investissement

Le jeune attaquant de 20 ans transforme les joueurs qui l'entourent à Edmonton

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

C'était attendu, c'était entendu, c'est fait. Connor McDavid a signé un nouveau contrat avec les Oilers d'Edmonton qui lui rapportera, sur huit ans, 100 millions tout rond. Est-ce qu'un joueur peut vraiment valoir un prix pareil? Je pense qu'on peut arguer que McDavid vaut encore plus. Mais l'affirmation mérite quelques explications.

Les salaires des joueurs de la LNH sont attribués en fonction d'une série de contraintes énoncées dans la convention collective.

- Un joueur ne peut recevoir, pour une saison, un salaire dépassant le seuil de 20 pour cent du plafond salarial en vigueur lors de la signature de son contrat. Dans le cas de McDavid, le plafond salarial s'élevant présentement à 75 millions, il ne pouvait obtenir plus de 15 millions par saison.

- Un joueur ne peut, s'il signe avec l'équipe avec laquelle il est déjà sous contrat, obtenir une entente de plus de 8 ans. S'il signe avec une nouvelle équipe, ce maximum passe à 7 ans.

- Un joueur ne peut signer de nouveau contrat que dans la dernière année de son contrat actuel. Mine de rien, dans le cas d'un athlète comme McDavid, cela empêche l'équipe de lui faire parapher deux ans à l'avance un contrat de valeur plus restreinte.

- Au fil d'un contrat, le salaire annuel d'un joueur peut varier, mais pas de plus de 35 pour cent d'une année à l'autre.

- Au fil d'un contrat, la différence entre le salaire annuel minimum ne peut être inférieur à 50 pour cent du salaire annuel maximum.

À l'exception de la règle du 20 pour cent (qui date de 2005), toutes ces règles ont été implantées par la convention collective signée en 2013. McDavid, repêché en 2015, est tout simplement la première super étoile à jouer entièrement selon les règles de la dernière convention collective.

Lorsqu'on regarde la liste des plus haut salariés de la ligue, on doit descendre jusqu'à Vladimir Tarasenko, au 27e rang, pour tomber sur un autre joueur ayant disputé la totalité de sa carrière sous la présente convention collective. Tarasenko est lui aussi un joueur d'exception, mais il a amorcé sa carrière nord-américaine à 21 ans, soit à l'âge auquel McDavid amorcera son deuxième contrat. S'il s'est depuis affirmé comme l'un des meilleurs attaquants de la LNH avec trois saisons consécutives de plus de 70 points, Tarasenko a commencé plus timidement, inscrivant 19 points en 38 matchs à 21 ans, puis 43 en 64 à 22 ans.

Tarasenko est aujourd'hui au sommet de son art et on peut s'attendre à ce qu'il connaisse encore quelques saisons de ce niveau avant de connaître une éventuelle baisse de régime. Il en est de même pour Sidney Crosby, qui a connu (en points par match, on s'entend) ses meilleures années avant l'âge de 27 ans.

McDavid est encore à deux, trois saisons du zénith de sa carrière et il est déjà l'attaquant le plus dynamique de la LNH. Ce zénith et les deux, trois saisons où il sera encore probablement le meilleur joueur de la ligue sont celles qui sont couvertes par son prochain contrat. Si le salaire maximum est justifié pour un joueur dans cette ligue, c'est bien McDavid qui peut y prétendre.

Mais il y a plus. On semble ne pas avoir encore tout à fait saisi, chez les Oilers, ce qui est probablement le plus grand avantage qu'un joueur de cette trempe amène à une équipe. Suffit de voir ce que les Penguins de Pittsburgh font avec Sidney Crosby pour s'en convaincre.

Depuis deux ans, les attaquants les plus utilisés avec Crosby à cinq contre cinq sont Patric Hornqvist (2,2 points par heure), Chris Kunitz(1,9/60), Conor Sheary (2,8/60) et Bryan Rust (2,1/60). Evgeny Malkin? Un gros 37 minutes. Phil Kessel? 260 minutes, 50 de moins que la recrue Jake Guentzel. C'est simple : Sidney Crosby impose aux adversaires de lui opposer leurs meilleurs éléments, ce qui ne l'empêche pas de faire produire ses ailiers au rythme habituel de joueurs de premier trio. En d'autres termes, Crosby transforme des joueurs moyens, payés comme des joueurs moyens, en joueurs de premier trio.

Quand la marée monte, tous les bateaux montent avec. Et McDavid, comme Crosby, fait monter tout le monde avec lui. Par heure jouée à cinq contre cinq Patrick Maroon passe de 1 à 2,8 points avec McDavid, Jordan Eberle passe de 1,4 à 2,4 points, Leon Draisaitl passe de 2 à 2,4 points à l'heure. Seul Milan Lucic ne suit pas la parade, passant de 2,2 points à l'heure avec Anze Kopitar à 1,4 point à l'heure avec McDavid.

C'est justement, c'est ce que le no 97 permet d'éviter : payer le gros prix pour des vétérans qui ont produit, mais qui arrivent à 30 ans, âge de tous les périls dans la LNH. C'est une fleur qu'il a faite aux Oilers en laissant 2,5 millions par saison sur la table, la rondelette somme de 20 millions sur 8 ans. Une façon de donner, en plus des deux ailiers ordinaires qu'il peut transformer en joueurs de premier trio, un peu plus d'argent à mettre sur d'autres joueurs. Reste à voir jusqu'à quel point les Oilers vont mettre cet argent sur des joueurs d'élite ou sur des vétérans en fin de carrière. S'ils peuvent éviter les seconds, les Oilers sont à considérer comme des prétendants à la Coupe Stanley dès l'an prochain.

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