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Matthews espère continuer à s'améliorer avec les Maple Leafs

L'attaquant, qui occupe le troisième rang dans la LNH avec 36 buts, « cherche toujours de nouveaux moyens pour marquer »

par Mike Zeisberger @Zeisberger / Journaliste NHL.com

TORONTO -- Auston Matthews a parcouru beaucoup de chemin depuis qu'il a endommagé les murs de sa maison d'enfance en Arizona en décochant des tirs à l'âge de 6 ans.

Le joueur de centre des Maple Leafs de Toronto en est à sa quatrième saison dans la LNH et se rapproche du plateau des 40 buts dans une saison pour la deuxième fois. Il en a marqué 36, occupant le troisième rang dans la LNH derrière David Pastrnak (38), des Bruins de Boston, et Alex Ovechkin (37), des Capitals de Washington, à l'approche du match de Toronto contre les Panthers de la Floride au Scotiabank Arena, lundi (19 h HE; TVAS, TSN4, ESPN+, FS-F, NHL.TV).

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Depuis les 16 dernières années, il adhère toujours à la même devise : tirer d'abord, poser les questions ensuite.

« Je travaille toujours sur mon lancer, je l'ai toujours fait, a dit Matthews. Les gardiens sont si bons de nos jours, si grands, et, puisque les équipes mettent sur pied des systèmes défensifs pour tenter de neutraliser les chances de marquer de haute qualité, c'est très difficile de trouver le fond du filet.

« C'est la raison pour laquelle je cherche toujours de nouveaux moyens pour marquer de n'importe où sur la glace. »

Tout va bien jusqu'ici.

Grâce à son tir redoutable, Matthews est sur le point d'établir plusieurs marques personnelles dans la LNH cette saison.

Il a besoin de marquer 14 buts lors des 30 derniers matchs de Toronto pour devenir le quatrième joueur dans l'histoire de la concession à atteindre le plateau des 50 buts. Rick Vaive a été le premier joueur à l'accomplir en 1981-82, établissant le record des Maple Leafs avec 54 buts dans la première de trois saisons consécutives de 50 filets. Gary Leeman, qui a obtenu 51 buts en 1989-90, et Dave Andreychuk, qui en a marqué 53 en 1983-84, ont également réalisé l'exploit avec Toronto.

S'il maintient son rythme, Matthews marquerait 57 buts, ce qui serait un nouveau record chez les Maple Leafs. Ce serait également un nouveau record pour les buts par un joueur né aux États-Unis dans une saison, alors qu'il battrait la marque de 55 buts, établie par Jimmy Carson, des Kings de Los Angeles, en 1987-88 et Kevin Stevens, des Penguins de Pittsburgh, en 1992-93.

« Avec son tir et la vitesse à laquelle il le décoche, je serai étonné s'il ne réussit pas », a commenté Vaive.

Video: EDM@TOR: Matthews décoche un tir précis du cercle

La constance pourrait permettre à Matthews de battre des records. Matthews est le premier Américain ainsi que le premier joueur des Maple Leafs à marquer au moins 30 buts dans chacune de ses quatre premières saisons dans la LNH.

Un constat : il n'est pas prêt à se reposer sur ses lauriers, peu importe le nombre de buts qu'il inscrit. Il ne l'a jamais été et il ne le sera jamais, selon Brian Matthews, père d'Auston.

« Il cherche toujours un avantage, a expliqué Brian Matthews. Il demande toujours, "Comment puis-je m'améliorer? Comment puis-je améliorer mon tir?"

« J'observe un joueur comme [le joueur de centre des Penguins de Pittsburgh] Sidney Crosby. Il est un bourreau de travail. Lui aussi, il travaille toujours afin de peaufiner son jeu. Tu ne vois jamais une baisse de production chez un joueur qui joue à ce niveau. Auston fait preuve de la même volonté. C'est un de ses traits depuis toujours et je crois que ça va continuer d'en être un. Son approche est la suivante: "Si je marque 50 [buts], comment puis-je en marquer 55, comment puis-je en marquer 60? Qu'est-ce que je dois faire afin de demeurer au sommet?" »

Le capitaine des Blackhawks de Chicago Jonathan Toews n'a pas besoin d'être convaincu du talent de Matthews. Il a remarqué l'amélioration chez Matthews, surtout dans son tir, depuis que les deux joueurs ont participé à une publicité pour le bâton Nexus N1 de Bauer Hockey en 2016.

La publicité a été intitulée "Jonathan Toews vs. Auston Matthews: Call Your Shot". Les règlements : un joueur indiquait une cible sur la glace, et l'autre allait devoir la toucher. Les cibles étaient variées : des bouteilles d'eau, des tasses de café, des lumières et des caméras de l'équipe de tournage, un buffet sur lequel était posée une sculpture de glace et un grand plateau de légumes.

À la fin, ils avaient détruit presque tous les objets sur le plateau de tournage.

« Effectivement », a confirmé Toews la semaine dernière, se vantant même d'avoir gagné le concours. « Demandez-lui qui a gagné. »

Quatre ans plus tard, Toews pourrait-il encore gagner contre Matthews dans un concours semblable?

« Je crois que non, a admis Toews. Je crois qu'il prend une trajectoire différente. Il a su évoluer et trouver différentes façons de marquer.

« J'ai saisi ma chance quand je pouvais le faire (en 2016). Ça va être difficile maintenant. »

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Pendant son enfance, Crosby a développé son tir en mitraillant son sèche-linge avec des rondelles dans le sous-sol de sa maison à Cole Harbour, en Nouvelle-Écosse. Le sèche-linge bosselé et couvert de marques noires est entré dans la légende du hockey.

Quand on a demandé à Matthews s'il avait également ciblé quelque chose en particulier afin de développer sa précision pendant son enfance, il a éclaté de rire.

« Non, je n'ai pas lancé vers mon sèche-linge [comme Sid], a-t-il répliqué. J'avais un filet dans le garage. »

Ce garage a toutefois subi le même sort que le sèche-linge de Crosby.

« Si je ne pouvais pas lancer vers [le filet], je pouvais seulement lancer vers un mur, a expliqué Matthews. Alors j'ai lancé vers la porte du garage et je l'ai vraiment endommagée, donc mes parents ont déplacé [le filet]. J'ai alors commencé à lancer vers le mur, puis je l'ai endommagé aussi. Ils ont finalement placé une étagère en bois devant le mur afin que je ne puisse pas l'endommager encore plus. »

Selon Brian Matthews, la précision n'a pas toujours été le point fort de son fils.

« La réparation du mur est devenue un événement récurrent, a dit Brian. Entre 6 et 9 ans, il était dans le garage avant l'école, après l'école, et durant l'été, peu importe la température.

« Il est devenu plus créatif avec ses excuses, notamment pour expliquer la façon dont une certaine rondelle était parvenue à rebondir sur 16 objets différents avant de toucher la lumière sur la porte à l'autre bout du garage. On a enfin atteint le point où nous lui avons dit, "Fiston, tu peux travailler sur tes habiletés, mais il faut le faire dans la cour en arrière". »

Cette décision semblait logique.

Jusqu'au moment où des rondelles ont commencé à voler par-dessus la clôture.

« À ce moment-là, j'ai dit, "Ça ne fonctionne pas non plus" », a raconté Brian.

« Mais sa créativité! Je ne peux même pas me rappeler toutes les excuses qu'il nous a offertes pour expliquer comment une rondelle était parvenue à entrer dans le garage pour endommager quelque chose. »

Il n'a pas fallu longtemps pour que le mot « créativité » s'associe au jeu de Matthews. À 7 ans, il a commencé à travailler avec l'entraîneur Boris Dorozhenko, qui a aidé à perfectionner le coup de patin puissant du garçon.

Matthews s'entraîne toujours en Arizona pendant la saison morte, principalement avec les conseils de son père et de l'entraîneur associé des Maple Leafs Darryl Belfry. Brian Matthews a ajouté que son fils travaille toujours sur son lancer.

« C'est voulu, a souligné Brian. Il travaille constamment sur ça, surtout en été. [Auston] prendra un mois de congé, et pendant ce mois, Darryl Belfry et moi avons l'habitude de nous parler, puis je parle également avec Auston. "Qu'en penses-tu? Que veux-tu ajouter? Quels changements t'ont plu?" Puis, nous nous réunissons tous les trois, et les choses deviennent intéressantes.

« Par exemple, cette année, nous avons discuté de son tir frappé. Nous étions tous d'accord pour dire qu'il fallait ajouter cet élément à ses atouts, et nous avons tenté de trouver des moyens pour rendre ce tir encore plus trompeur. »

Auston Matthews accorde beaucoup d'importance au fait de surprendre les gardiens, surtout en raison de la vitesse à laquelle il décoche son tir.

« Je crois que c'est extrêmement important, a-t-il affirmé. Si tu as une belle occasion de tirer, et ce, de façon trompeuse ou de manière à ce que le gardien ne puisse pas complètement le prédire, je crois que c'est un atout important à avoir, surtout si tu es un marqueur de buts parce que c'est si difficile de marquer contre beaucoup de ces gardiens.

« Si tu peux le prendre un peu au dépourvu, tu auras un avantage. »

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Un peu plus d'un an avant que Matthews ne fasse son entrée dans la Ligue, Martin Brodeur a annoncé sa retraite en janvier 2015 après avoir établi le record pour les victoires par un gardien (691). Avec un tel curriculum vitae, il y a peu de personnes qui pourraient mieux analyser le tir d'un joueur que le membre du Temple de la renommée du hockey et conseiller aux opérations hockey pour les Devils du New Jersey.

Brodeur était assis sur la galerie de presse au Scotiabank Arena à Toronto le 14 janvier, quand Matthews a réussi le deuxième tour du chapeau de sa carrière dans la LNH pour aider les Maple Leafs à vaincre les Devils 7-4.

« Il décoche son tir à une vitesse incroyable et il le dissimule toujours, a expliqué Brodeur. Évidemment, je ne l'ai jamais affronté, mais ayant appris au fil des années à analyser la manière dont les joueurs lancent, c'est impressionnant qu'il sache donner l'impression qu'il va passer puis qu'il décide de tirer en moins d'une demi-seconde.

« Il a toujours la tête haute, il sait toujours ce qu'il veut faire avec [son tir]. C'est extrêmement difficile. Oui, il y a d'autres joueurs qui décochent des tirs à toute vitesse, mais il possède un tir plus puissant en comparaison. Ses mains sont si rapides. Et c'est ce qui rend son tir si trompeur. Il n'a pas besoin de vous montrer qu'il va lancer pour décocher un tir puissant. »

Video: NJD@TOR: Matthews obtient son 2e triplé en carrière

L'entraîneur des Sénateurs d'Ottawa D.J. Smith connaît bien Matthews. Smith a agi comme adjoint chez les Maple Leafs pendant les trois premières saisons de Matthews dans la LNH.

« Je crois que ses succès en ce qui concerne son tir s'expliquent par la manière dont il contrôle la rondelle et sa façon de la cacher avant de lancer, a noté Smith. Elle quitte son bâton si rapidement, les gardiens ont de la difficulté à prédire sa trajectoire.

« Je me souviens d'en avoir discuté avec [le gardien des Maple Leafs Frederik] Andersen et il m'a dit, "Tu ne peux pas le prédire jusqu'à la dernière seconde". Il lance si rapidement, les gardiens ne peuvent pas le voir. »

John Tavares regarde Matthews décocher des tirs lors de chaque entraînement. Le capitaine des Maple Leafs a joué au sein d'une équipe de hockey mineure aux côtés de futurs tireurs d'élite comme Steven Stamkos, du Lightning de Tampa Bay, et Alex Pietrangelo, des Blues de St. Louis, mais il admet n'avoir jamais vu quelqu'un posséder les aptitudes de son jeune coéquipier.

« Il n'y a personne qui décoche ses tirs plus rapidement que lui, a affirmé Tavares. Et maintenant qu'il a développé ce tir lorsqu'il joue hors l'aile… je suis juste heureux qu'il soit de notre côté. »

Bien sûr, la technologie a beaucoup changé les bâtons depuis l'époque de Vaive. L'ancien capitaine des Maple Leafs a indiqué qu'il a réussi ses saisons de 50 buts avec des bâtons qui pesaient presque 10 livres, les comparant à « des bûches ».

Quant à Matthews, c'est une histoire complètement différente.

« Même s'il est imposant, il se sert encore d'un bâton plutôt flexible, et je crois que ça rend le tir très difficile à prédire », a mentionné l'attaquant des Blackhawks Patrick Kane. « Il décoche des tirs rapidement ou il garde la rondelle près de lui afin de décocher un tir plus précis, mais je pense que c'est difficile de prédire où la rondelle ira dès qu'elle quitte son bâton. » 

Selon Brian Matthews, son fils a encore quelques atouts inconnus des autres.

Quels sont-ils?

« Je ne vais pas vous le dire », a dit Auston Matthews avec un sourire coquin. « Vous devez attendre pour les voir. »

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