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Marc-André Fleury ne voulait pas y croire

Le gardien québécois s'inquiétait de devoir attendre trop longtemps dans les gradins du Bridgestone Arena en 2003

par Guillaume Lepage @GLepageLNH / Journaliste LNH.com

MONTRÉAL - Marc-André Fleury n'y a jamais vraiment cru. Même si on lui disait qu'il avait des chances d'être le tout premier choix du repêchage en 2003 et même si son impressionnante tenue au Championnat mondial junior avait fait grimper sa valeur en flèche, le gardien québécois ne se faisait pas d'idées.

Il y avait des attaquants franchement attrayants dans sa cuvée. Eric Staal et Nathan Horton avaient entre autres fait couler beaucoup d'encre et on leur prédisait de belles et prolifiques carrières. Pourquoi une équipe courrait-elle le risque de sélectionner un gardien au tout premier rang?

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Les décideurs étaient quand même un peu plus aventureux à l'époque qu'ils ne le sont dorénavant - Rick DiPietro avait été le premier choix en 2000 et Kari Lehtonen avait été sélectionné au deuxième rang en 2002. Malgré ça, Fleury restait sceptique.

« J'ai grandi en jouant au hockey et j'ai toujours adoré ça », a fait valoir le gardien des Golden Knights de Vegas en entrevue à LNH.com. « En même temps, pour moi, la LNH je voyais ça tellement plus loin. C'était un rêve depuis que j'étais jeune.

« Les gens me parlaient et me disaient que j'avais des chances d'être sélectionné au premier rang. C'est rare qu'un gardien sorte premier. C'était un peu irréaliste pour moi de voir tout ce qui se passait. »

L'irréalisme a franchi un autre niveau, quelques heures avant le début de la séance de sélection, quand les Penguins de Pittsburgh ont envoyé l'attaquant Mikael Samuelsson et le troisième choix de l'encan aux Panthers de la Floride pour s'assurer de monter sur le podium les premiers.

À en juger par les besoins des Penguins devant le filet et par leur processus de reconstruction déjà bien entamé, on n'avait plus besoin des services d'une diseuse de bonne aventure pour deviner que le portier des Screaming Eagles du Cap-Breton était dans la mire du directeur général Craig Patrick.

En fait, pas mal tout le monde s'était fait à l'idée que Fleury n'aurait pas le temps de froisser son veston, assis dans les gradins du Bridgestone Arena de Nashville. Tout le monde, sauf lui.

« Je pense que j'étais déjà à l'aréna quand j'ai appris qu'il y avait eu une transaction, a dit Fleury en fouillant dans ses souvenirs. Je n'avais aucune idée que l'échange avait été fait pour moi. Ç'aurait pu être pour aller chercher Horton ou Staal.

« Je me souviens que j'avais eu une bonne entrevue avec les Penguins et que j'avais beaucoup parlé avec Gilles Meloche, qui était dépisteur et qui avait été très gentil avec moi. Ç'avait bien été, mais en même temps, je ne savais pas ce qui allait se produire. »

Le secret de Polichinelle a été révélé au grand jour, quelques instants après le traditionnel discours de bienvenue du commissaire Gary Bettman. Quand Patrick a prononcé son nom, Fleury a affiché un large sourire - encore plus large qu'à l'habitude.

« Mon agent m'avait dit de prendre mon temps et de remercier ma famille et mes amis qui étaient là, s'est-il souvenu. Il voulait que j'en profite parce que c'est quelque chose qui arrive juste une fois. J'ai essayé de le faire, mais c'est difficile avec le stress et la nervosité. Ça reste un bon 'feeling'.

« Ensuite, je suis monté sur la scène, j'ai rencontré Mario (Lemieux) et tout l'état-major de l'équipe. Tout est comme un peu flou dans ma tête. Quand tu es repêché, on dirait que tu serres des mains, que tu prends des photos et que la soirée est finie. »

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Grandes attentes

En enfilant le chandail noir et jaune des Penguins, Fleury devenait alors le premier choix au total au repêchage des Penguins depuis un certain Mario Lemieux, en 1984. Il n'était pas encore au courant du fait, mais ça n'a pas pris de temps avant qu'il l'apprenne.

« Pendant ma saison junior, je ne réalisais pas l'ampleur de tout ça, sauf qu'avec les entrevues que tu fais après le repêchage, tu vois à quel point les attentes sont grandes à ton endroit, a ajouté Fleury. On s'attendait à ce que j'arrive dans l'équipe et que j'aie un impact rapidement. »

Le gardien québécois n'était pas vu comme un sauveur, mais presque. On disait de lui à l'époque qu'il était un croisement entre Patrick Roy et Martin Brodeur. Rien que ça.

Les choses ont finalement bien tourné, non sans quelques doutes au départ. C'est qu'à leur deuxième saison dans la LNH, Eric Staal - repêché juste derrière lui - avait déjà atteint le plateau des 100 points et que Nathan Horton - le troisième choix - était passé à deux buts de la marque des 30.

Pendant ce temps, Fleury avait partagé son temps entre la Ligue américaine et la LNH. Disons que ce n'était rien pour rassurer les sceptiques.

« J'entendais un peu les comparaisons, a-t-il expliqué. Le nombre de gars qui ont eu de bonnes carrières dans mon année de repêchage est assez impressionnant. J'aurais pu être repêché pas mal plus loin (rires). Dans le temps, je m'occupais pas mal plus de mes problèmes (que des comparaisons).

« J'essayais de gagner des matchs avec les Penguins plutôt que de penser à ce que les autres faisaient autour de la Ligue. »

Avec un peu de recul, c'était bel et bien la bonne stratégie.

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