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Lundqvist a l'occasion de rétablir sa réputation

Le gardien des Rangers veut rebondir après une saison en dents de scie et exceller pendant les séries éliminatoires de la Coupe Stanley

par Dan Rosen @drosennhl / Journaliste principal NHL.com

GREENBURGH, New York - Une seule petite phrase.

« J'en veux plus », a déclaré le gardien des Rangers de New York Henrik Lundqvist.

C'est tout ce qu'il avait à dire quand on lui a demandé de parler de sa saison jusqu'à présent. Une petite phrase tellement pertinente qu'il a senti le besoin de la répéter encore et encore.

« Évidemment que j'en veux plus, a ajouté Lundqvist. Je travaille très fort, je me prépare rigoureusement avant chaque match et chaque séance d'entraînement, alors j'en veux plus. »

 

Il n'en a pas eu assez cette saison. Et ça l'ennuie.

« J'ai connu des périodes [en montagnes russes] au cours de l'année », a-t-il mentionné.

Il aura la chance de se racheter dès le premier tour des séries éliminatoires de l'Association de l'Est contre les Canadiens de Montréal qui se mettra en branle mercredi au Centre Bell (19 h HE; CBC, TVA Sports, NBCSN). C'est ce que ces séries éliminatoires de la Coupe Stanley représentent pour Lundqvist après une saison forte en émotions et quelque peu décevante.

Il a l'occasion de rétablir sa réputation d'excellence.

« Ça me motive lors des entraînements. Je veux travailler encore plus fort et sur tous les aspects possibles pour m'améliorer », a indiqué Lundqvist.

Cette saison est loin d'avoir été parfaite, mais elle ne fut pas aussi terrible qu'on serait porté à le croire. Lundqvist a signé plus de 30 victoires pour une 11e fois en 12 ans et il a permis aux Rangers de se qualifier pour les séries éliminatoires pour la septième année de suite.

Lundqvist parle volontiers de ses bons moments, comme les 31 parties lors desquelles il a accordé deux buts ou moins. Il a remporté 25 de ces matchs.

Il aime aussi raconter comment il s'est sorti de mauvaises passes en décembre et en janvier.

Lundqvist a été cloué au banc pendant quatre matchs consécutifs du 8 au 13 décembre, puis il n'a accordé que trois buts lors de ses trois départs suivants, qu'il a tous gagnés. Il a cédé 16 fois lors d'une séquence de trois défaites du 13 au 17 janvier, mais il a rebondi avec huit victoires lors des dix parties suivantes et un pourcentage d'arrêt de ,939.

Il a battu le record de Dominik Hasek pour le plus grand nombre de victoires pour un gardien européen dans la LNH (389) le 31 décembre, il a signé un 400e gain dans la LNH le 11 février, et il a surpassé John Vanbiesbrouck, Mike Vernon, Hasek, Chris Osgood et Grant Fuhr au 10e rang de l'histoire de la ligue avec 405 victoires en carrière.

« Je crois que j'ai accompli de belles choses », a admis Lundqvist.

On sent cependant qu'il s'apprête à ajouter un « mais ».

« Mais les défaites écrasantes, a-t-il continué. Elles jettent un peu d'ombre sur les bons moments. »

Et il y en a eu plusieurs de ces défaites amères.

Il a accordé quatre buts ou plus dans 14 de ses 55 départs et cinq ou plus à cinq reprises. Il a alloué sept buts à l'adversaire une fois. Il a terminé la saison avec un pourcentage d'arrêts de ,910 et une moyenne de buts accordés de 2,74.

Il n'a jamais eu un taux d'efficacité aussi bas en une saison ni une moyenne aussi élevée.

Lundqvist a accordé quatre buts ou plus à 15 reprises l'année dernière, mais il avait alors effectué 64 départs et il avait conservé un pourcentage d'arrêts de ,920 et une moyenne de buts accordés de 2,48. Ses quelques contre-performances étaient alors plus faciles à accepter avec de telles statistiques.

« J'ai eu plusieurs bons matchs [cette saison] où j'étais très heureux d'aider l'équipe à gagner. Par contre, il y a des matchs où j'ai laissé passer plusieurs buts. Il y en a eu plus que par le passé, a révélé Lundqvist. Bien entendu, ça influence le bilan qu'on fait de la saison. »

Lundqvist doit laisser tout ça derrière lui. Il a l'occasion de faire taire ses détracteurs de plus en plus nombreux. Ceux-ci prétendent qu'il se fait vieux à 35 ans et que le poids de ses 12 campagnes dans la LNH le rattrape, qu'il n'est plus aussi bon qu'avant, qu'il ne fait plus partie de l'élite et qu'il est incapable de gagner la Coupe Stanley.

Certaines de ces critiques sont complètement folles. Toutefois, on ne peut nier le fait qu'il n'a toujours pas gagné la Coupe Stanley.

Lundqvist ressent cette pression depuis quelques années, surtout depuis que les Rangers se sont inclinés en finale de la Coupe Stanley en 2014. Au départ, il était un bon gardien au sein d'une équipe prometteuse. Puis, il est devenu un gardien d'élite dans une équipe pouvant aspirer aux grands honneurs.

Et aujourd'hui, il reste à déterminer où il se situe.

Lundqvist ne joue plus comme avant. Il s'avance plus devant son filet pour mieux contrôler les déviations et pour mieux voir dans la circulation. Il a apporté ce changement en décembre, lorsqu'il a été cloué au banc pendant quatre parties.

« On essaie de s'ajuster selon ce qui se passe devant nous, a-t-il expliqué. Au cours de ma carrière de 12 ans, le jeu a changé, alors il y a toujours quelque chose à corriger ou à modifier. »

Ce fut une expérience enrichissante pour lui.

« Si rien ne changeait, ce serait plus facile, mais aussi plus monotone. C'est comme ça, le sport évolue », a-t-il affirmé.

Par contre, le sentiment dans le vestiaire des Rangers n'a pas changé.

« Depuis que je suis ici, on ne s'est jamais inquiétés à propos de notre gardien », a révélé le défenseur Marc Staal.

« Je sais que ça ira bien pour lui », a ajouté l'entraîneur des Rangers Alain Vigneault, « Il l'a prouvé par le passé. Il suffit qu'il retrouve son rythme. »

Lundqvist semble l'avoir retrouvé. Il a raté huit parties en raison de douleurs musculaires à la hanche. À son retour, il a accordé dix buts en deux matchs, mais il n'a cédé que 11 fois à ses quatre derniers départs pour afficher un taux d'efficacité de ,905.

Tout ça tandis que les Rangers laissaient d'excellentes occasions de marquer à leurs adversaires.

« La clé pour moi est de ne pas essayer de trop en faire, de laisser le jeu venir à moi au lieu de le forcer, a expliqué Lundqvist. Mes déplacements sont bons et je suis bien la rondelle, mais les autres équipes ont profité de bonnes chances de marquer. »

Staal affirme que cette responsabilité repose sur lui-même et sur ses coéquipiers.

« Il s'occupe de ses affaires et de ce qu'il fait et notre équipe s'inspire de lui, a indiqué Staal. C'est notre travail en tant que joueurs de lui donner la chance d'être celui qui fait la différence.

« Il peut le faire. »

Et il devra le faire.

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