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Luc Gauthier doit se pincer pour y croire

Le recruteur québécois savoure sa troisième conquête de la Coupe Stanley à l'emploi des Penguins

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

Les observateurs et recruteurs d'équipes de la LNH s'entendent pour dire que la cuvée 2017 des espoirs en vue de la séance de repêchage n'est pas très relevée, tant dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) qu'ailleurs.

Ce n'est toutefois pas une raison pour ne pas dénicher les futurs Johnny Gaudreau, Victor Hedman ou Matt Murray de demain. 

« Je me rappelle qu'à l'époque où je travaillais pour les Predators de Nashville, quand on mentionnait lors de réunions au directeur général David Poile que le repêchage à venir n'était pas un grand cru, il nous répondait tout le temps : "Bonne cuvée ou pas, il y a sûrement de bons jeunes. Trouvez-les!" », relatait dernièrement le recruteur Luc Gauthier des Penguins de Pittsburgh.

À l'emploi maintenant des Penguins depuis bientôt 10 ans, Gauthier a bien dû assimiler le message de Poile parce qu'il vient de vivre sa troisième conquête de la Coupe Stanley.

Il a assisté, avec ses collègues, au triomphe des Penguins à Nashville à l'issue du sixième match de la Finale contre les Predators, le 11 juin. C'était la deuxième conquête d'affilée de l'équipe, après celle acquise face aux Sharks de San Jose en 2016.

« C'est dur à réaliser. C'est ma troisième Coupe, en plus de celle de 2009. Je me pince pour y croire et, à force de me pincer, j'ai des bleus sur les bras », a lancé à la blague Gauthier que LNH.com a rencontré à Nashville au lendemain de la réussite de la bande à Sidney Crosby.

« C'est un sentiment incroyable, a-t-il repris. Pour avoir eu la chance de discuter avec d'anciens joueurs des Canadiens de Montréal qui ont souvent gagné la Coupe dans les années 1970, c'est vrai ce qu'ils m'ont dit : que chacune des conquêtes est spéciale. Cette année, elle est très particulière en raison de toute l'adversité que l'équipe a surmontée.

« Nous savions au début des séries éliminatoires que ce serait difficile sans (le défenseur étoile) Kristopher Letang, mais les gars se sont défoncés. Comme je le dis aux gens que je rencontre, nous avons une bonne équipe et de bons joueurs. Mais pour gagner la Coupe, ça prend plus que des bons joueurs. Ça prend de la passion et de la persévérance. Les gars en ont affiché tout au long des séries. »

L'importance du développement

Les Penguins sont compétitifs depuis plusieurs années grâce à des super-vedettes de la trempe des Crosby et Evgeni Malkin, mais ils trouvent le moyen de dénicher de bons éléments au repêchage. En 2016, les Murray, Conor Sheary et Bryan Rust ont joué un rôle important en séries. Cette année, les Jake Guentzel, Scott Wilson et Carter Rowney se sont ajoutés au groupe.

Quelle est donc la recette du succès du recrutement de l'organisation? Il ne fallait pas s'attendre à ce que Gauthier en dévoile les principaux ingrédients.

« Nous avons une ligne directrice claire, nous pouvons visualiser le portrait-robot de l'athlète recherché. Je n'entrerai pas dans les détails, mais c'est important que tous les recruteurs soient au diapason. Nous repêchons les espoirs en nous basant sur des critères bien définis. Comme toutes les équipes, nous commettons des erreurs. Cela dit, quand un de nos jeunes atteint la Ligue nationale c'est beaucoup grâce au département du développement qui fait un travail colossal chez les Penguins, avec en tête les deux directeurs Mark Recchi et Bill Guerin. Nous les repêchons jeunes et nous les développons bien. Ce ne sont pas de gros espoirs, mais ils bâtissent leur réputation parce qu'ils ont suivi les conseils qu'on leur a donnés dès leur arrivée dans l'organisation. Ça vaut de l'or de les voir connaître du succès avec l'équipe. »

C'est la plus belle récompense pour les recruteurs et les gens du développement, qui sont ces travailleurs de l'ombre au sein des organisations.

La douzaine de recruteurs des Penguins ainsi que le groupe de dirigeants auront leur ultime récompense dans le cadre de la séance de repêchage à Chicago, en fin de semaine : une réception en compagnie de la Coupe Stanley.

« C'est devenu la tradition. En 2009, nous avions tenu la soirée à Montréal. L'an dernier, elle s'est déroulée à Buffalo », a raconté Gauthier, qui avait été recruteur chez l'Avalanche du Colorado avant de joindre le personnel des Penguins. « C'est notre moment privilégié avec la Coupe. »

Gauthier s'estime par ailleurs choyé parce qu'on lui a de plus permis d'accueillir la Coupe Stanley à sa résidence de Sherbrooke à chacune des deux premières occasions. Il espère que ce soit de nouveau le cas au cours des prochaines semaines.

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