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L'impact de Weber se fait encore sentir à Nashville

Le défenseur des Canadiens de retour à Nashville pour la première fois depuis qu'il a été échangé à Montréal

par Arpon Basu @ArponBasu / Directeur de la rédaction LNH.com

Il y a quelque chose de spécial qu'on retrouve dans la façon d'être de Shea Weber, mais personne n'arrive à mettre tout à fait le doigt dessus.

 

À peu près tout le monde qui a joué avec lui, que ce soit avec les Predators de Nashville à ses 11 premières saisons dans la LNH, avec les Canadiens de Montréal cette saison ou encore avec le Canada en compétitions internationales, considère les qualités de meneur de Weber comme un de ses principaux atouts.

 

Et pourtant, ces mêmes personnes disent souvent qu'il est un homme de peu de mots.

Plusieurs estiment que Weber a cette capacité d'intimider l'adversaire en raison du fait qu'il joue avec robustesse et est alerte défensivement, tandis que d'autres font allusion au puissant tir frappé qui fait de lui un joueur menaçant en zone adverse.

 

Mais peu importe ce qui fait de Weber un joueur aussi efficace, une chose est vite devenue claire à sa première saison avec les Canadiens : ses coéquipiers apprécient grandement l'avoir de leur côté. Et il semble bien, du moins à ce stade-ci de la saison, que sa présence manque aux Predators.

 

« Il a un impact énorme, a déclaré l'entraîneur des Canadiens Michel Therrien. C'est un véritable meneur. Il rend meilleur les gens autour de lui. Son niveau de concentration est exemplaire et il amène les gars à mieux se concentrer aussi. »

 

Quand les Canadiens rendront visite aux Predators, mardi (20h HE ; RDS, SNE, FS-TN, NHL.TV), Weber se retrouvera sur la patinoire du Bridgestone Arena en tant que membre de l'équipe adverse pour la première fois depuis la transaction du 29 juin qui l'a vu aboutir à Montréal en retour du défenseur P.K. Subban.

 

Subban ratera l'affrontement en raison d'une blessure au haut du corps qui le gardera à l'écart du jeu pour un minimum de deux à trois semaines. Mais c'est le retour de Weber à Nashville qui a toujours été le principal point de mire de ce rendez-vous.

 

Stu Grimson connaît le marché du hockey à Nashville aussi bien que quiconque puisqu'il vit à cet endroit depuis qu'il a disputé la dernière saison de sa carrière dans la LNH avec les Predators en 2001-02. Il est analyste à l'occasion des matchs des Predators depuis neuf ans en plus d'être le président de l'association des anciens joueurs des Predators.

 

Quand Weber s'est amené à Nashville en 2005-06, il s'agissait d'un marché de hockey très différent de celui d'aujourd'hui. Et si la région a adopté le hockey avec autant d'enthousiasme, c'est en grande partie grâce à Weber.

 

« Notre approche du hockey est un peu différente par rapport à ce qui se fait dans la plupart des autres régions d'Amérique du Nord, et c'est en ce sens que Shea a laissé un héritage important à Nashville, a indiqué Grimson. Les gens comprennent ça. Il a vraiment contribué à mettre le hockey sur la carte dans notre marché. J'ai l'impression qu'il aura droit à la réception la plus chaleureuse qu'un ancien joueur ait jamais eue. Aucun ancien joueur des Predators n'a laissé une empreinte aussi profonde que lui. »

 

Cette empreinte, on la retrouve autant dans le vestiaire des Predators que dans le marché de Nashville dans son ensemble.

 

Weber a été le capitaine des Predators à ses six dernières saisons à Nashville et selon l'entraîneur Peter Laviolette, son équipe a eu besoin d'une certaine période de temps pour s'ajuster au vide laissé par Weber en terme de leadership. Et ce, même si c'est un joueur qui a de grandes qualités de meneur qui l'a remplacé au poste de capitaine, soit Mike Fisher.

 

Le problème, a fait savoir Laviolette, c'est qu'en donnant le poste de capitaine à Fisher, il a fallu étendre le groupe de meneurs dans le vestiaire afin d'y inclure un noyau de jeunes vedettes montantes qui ont toutes 26 ans ou moins, notamment les défenseurs Roman Josi (26) et Ryan Ellis (25), ainsi que le joueur de centre no 1 Ryan Johansen (24).

 

« Une bonne partie de l'apprentissage qui a dû se faire en octobre, au sein de notre groupe, se situe au niveau des responsabilités qui revenaient à chacun, a dit Laviolette. C'est pourquoi, je pense, que c'est seulement en novembre que l'équipe a trouvé son erre d'aller. C'est à ce moment que les gars ont vraiment assumé leurs responsabilités et essayé de faire la différence, et c'est un processus qui se poursuit.

 

« Si ce sont habituellement les vétérans qui se distinguent en tant que meneurs au sein d'une équipe, il y a une raison. Les plus jeunes doivent passer par un processus d'apprentissage, et les gars dans ce vestiaire apprenaient jusqu'ici en côtoyant Shea, en côtoyant Mike Fisher quand il était adjoint au capitaine. »

 

Les Predators ont connu des hauts et des bas cette saison, affichant un dossier de 2-5-1 en octobre, de 9-3-2 en novembre et de 5-6-3 en décembre. On peut difficilement déterminer dans quelle mesure le départ de Weber a eu un rôle à jouer dans ce contexte, mais il semble que le passage difficile soit en partie attribuable à cela.

 

« Nous ne sommes pas aussi bien placés au classement que nous aimerions l'être, aucun doute, a reconnu Fisher. Mais j'ai le sentiment que nous affichons autant d'ardeur au travail que bien d'autres équipes en ce moment, nous essayons de trouver des moyens pour aller chercher la victoire. Le groupe est vraiment en train de s'unir. »

 

Pendant ce temps, à Montréal, Weber s'est intégré à sa nouvelle équipe de façon tout à fait naturelle.

 

« Pour moi, c'étaient pas mal tous des nouveaux visages ici, a noté Weber. Mais tout le monde a été très accueillant, ç'a été facile pour moi de me fondre dans le groupe. J'avais le sentiment de faire partie de quelque chose ici, ce qui est très révélateur. C'est signe que le groupe est très uni quand c'est aussi facile de s'intégrer. »

 

Le bilan préliminaire de la transaction s'est avéré largement en faveur d'une seule équipe, alors que les Predators ont connu un début de saison difficile et que les Canadiens ont affiché un dossier de 9-0-1 pour amorcer la campagne. Weber a inscrit quatre buts et six aides dans ces 10 matchs-là.

 

Les Canadiens et Weber lui-même ont connu une baisse de régime depuis ce temps, mais personne à Montréal ne se plaint de la présence de ce nouveau venu au sein du vestiaire.

 

C'est en bonne partie dans le but de modifier la dynamique de groupe dans le vestiaire que le directeur général des Canadiens Marc Bergevin a accepté de conclure une transaction impliquant le très populaire Subban, et ça semble porter ses fruits jusqu'ici.

 

Peu importe ce qui fait de Weber un joueur aussi formidable, les Canadiens aiment ça.

 

« Quand il entre dans une pièce, tout le monde lui accorde beaucoup de respect en raison de ce qu'il a accompli, mais il ne tient pas ça pour acquis, a fait savoir l'attaquant des Canadiens Brendan Gallagher. C'est un excellent coéquipier. Il prend le temps d'écouter l'opinion de tout le monde, de prendre leur pouls. Il n'agit pas comme quelqu'un qui estime qu'il n'a plus rien à apprendre, il croit qu'il peut encore apprendre des autres. Je trouve que c'est là quelque chose d'important.

 

« Quand l'équipe a fait son acquisition, c'était évidemment en raison de ce qu'il fait sur la patinoire, de ses habiletés. Mais c'est aussi en raison des qualités de meneur qu'il affiche match après match, de sa mentalité. Il est capable de rebondir soir après soir. Gagne ou perd, c'est difficile de lire sur son visage quel a été le résultat du match. Dans les minutes précédant un match, il est toujours aussi intimidant et prêt à tout donner. »

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