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L'héritage de Crosby va au-delà de la Coupe

Le double champion a 'sauvé' les Penguins et a été la bougie d'allumage du développement du hockey chez les jeunes à Pittsburgh

par Tom Gulitti @tomgulittinhl / Journaliste NHL.com

PITTSBURGH - Sur l'estrade du Microsoft Theater à Los Angeles, le mois dernier, Mario Lemieux se tenait debout avec fierté aux côtés des autres membres du groupe des 100 plus grands joueurs de la LNH présentés par Molson Canadian. C'est également avec fierté qu'il a parlé de l'un d'entre eux, Sidney Crosby, et de la façon dont celui-ci a changé la donne chez les Penguins de Pittsburgh.

« Il a sauvé notre concession encore une fois », a dit Lemieux, répétant une phrase qu'il a prononcée souvent au fil des 12 saisons qui ont suivi cette journée historique où les Penguins ont remporté la loterie en vue du repêchage de la LNH et obtenu le droit de réclamer Crosby au premier rang.

En tant que joueur, Lemieux a joué un rôle similaire au profit des Penguins après qu'ils l'eurent choisi au premier rang du repêchage 1984 de la LNH. Et à titre de copropriétaire des Penguins, Lemieux a vu l'histoire se répéter et même plus avec Crosby. Celui-ci a non seulement donné une nouvelle vie à une équipe qui connaissait des difficultés sur la glace, la menant comme capitaine à deux conquêtes de la Coupe Stanley, mais il a aussi permis au hockey de renforcer et d'étendre ses racines dans la ville ainsi que dans la région.

On pourra prendre la mesure de l'impact de Crosby en fin de semaine, alors que le développement du hockey à Pittsburgh et dans l'État de la Pennsylvanie sera mis en relief dans le cadre du match de la Série des stades Coors Light 2017, qui sera disputé entre les Penguins et les Flyers de Philadelphie samedi au Heinz Field (20h HE ; TVA Sports 2, SN, NBC, NHL.TV).

Ç'a commencé jeudi quand Crosby et quelques coéquipiers ont rejoint un groupe de jeunes joueurs de hockey choisis au hasard parmi ceux ayant participé au programme Sidney Crosby's Little Penguins (Les petits Penguins de Sidney Crosby) en vue d'une séance d'entraînement au UPMC Lemieux Sports Complex dans le canton Cranberry Township. Dimanche après-midi, deux équipes du programme juvénile AAA élite des Penguins de Pittsburgh affronteront des formations de leur catégorie provenant du programme Flyers Team Virtua au Heinz Field.

Et dimanche soir, l'équipe de hockey masculin de Robert Morris University, qui joue dans la Division I de la NCAA et dispute ses matchs au Island Sports Center à Pittsburgh, fera face à Niagara University au Heinz Field.

Il est peu probable que tout cela aurait pu se matérialiser sans Crosby, et c'est ce qui explique pourquoi le président et chef de la direction des Penguins David Morehouse a affirmé que « son héritage en dehors de la glace a été tout aussi important que son héritage sur la glace, sinon plus. Il a eu un impact sur Pittsburgh de manières qu'on ne peut même pas mesurer ».

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Les Penguins, qui célèbrent leur 50e anniversaire cette saison, n'auraient peut-être pas existé au moment de l'entrée en scène Crosby si Lemieux n'avait pas eu le même impact avant lui. En 1983-84, les Penguins ont affiché un dossier de 16-58-6 avec 38 points, le pire total de leur histoire, et ils se sont classés au dernier rang dans la LNH avec une assistance moyenne de 6839 spectateurs par match, selon hockeydb.com.

Alors que Lemieux était leur chef de file, ils ont remporté la Coupe Stanley en 1991 et 1992 et atteint le cap des 16 000 spectateurs par match en moyenne pendant cinq saisons de suite de 1992-93 à 1996-97. Le taux de participation chez les jeunes a également augmenté.

« Avant que Mario Lemieux soit repêché par Pittsburgh, il y avait six patinoires dans la région, a fait remarquer Morehouse. Quand il a pris sa retraite [en 2006], il y en avait 33. »

Lemieux a pris sa retraite pour la première fois à l'âge de 31 ans, après la saison 1996-97, mais il est revenu au jeu en 2000-01, saison au cours de laquelle les Penguins ont attiré 16 277 personnes par match en moyenne. Lemieux avait alors uni ses efforts à ceux de Jaromir Jagr pour mener l'équipe en Finale de l'Association de l'Est.

À ce moment-là, Lemieux était également le propriétaire majoritaire des Penguins, ayant converti en participation de contrôle certaines des sommes que les anciens propriétaires, qui ont déclaré faillite en 1998, lui devaient en salaire. Lemieux est intervenu pour sauver les Penguins, reportant à plus tard les spéculations à l'effet que l'équipe allait peut-être déménager dans une autre ville.

Mais à cause des difficultés financières de l'équipe, du moins en partie, Jagr a été échangé aux Capitals de Washington à l'issue de la saison 2000-01, et les Penguins ont raté les séries éliminatoires de la Coupe Stanley au cours des quatre années qui ont suivi. En 2003-04, les Penguins ont montré une fiche de 23-47-8 et terminé au dernier rang dans la LNH avec une récolte de 58 points. Ils ont également pris le dernier rang dans la Ligue au chapitre de l'assistance moyenne, soit 11 877.

Alors que les Penguins avaient absolument besoin d'un nouvel amphithéâtre pour remplacer le vieillissant Mellon Arena, les rumeurs de déménagement ont refait surface.

« Nous pensions que l'équipe s'en allait à Kansas City », a noté le défenseur des Capitals Brooks Orpik, qui s'est aligné avec les Penguins de 2002-03 à 2013-14. « Ça semblait inévitable. Je suis plus vieux maintenant et j'ai plus de recul, mais à l'époque, je ne réalisais pas à quel point c'était venu près de se faire. »

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Au mois de juin 2005, William 'Boots' Del Biaggio, un spéculateur financier associé à Silicon Valley, a négocié une lettre d'intention avec Lemieux dans le but d'acheter les Penguins, tout cela dans l'espoir de les aider à se doter d'un nouvel aréna à Pittsburgh. Ce marché a fini par tomber à l'eau, mais seulement après le 22 juillet 2005, date à laquelle la LNH a tenu sa loterie en vue du repêchage.

Crosby était sans contredit le joueur que tout le monde convoitait cette année-là, et les partisans des Penguins qui sont assez vieux se souviennent de l'endroit exact où ils se trouvaient quand ils ont appris que Pittsburgh avait remporté la loterie.

« Je me rappelle que j'étais assis dans mon salon », a raconté Jacob Coleman, un joueur de première année à Robert Morris University qui est né à Moon, en Pennsylvanie. « Je m'en souviens comme si c'était hier. »

Le gardien de but Marc-André Fleury, le seul joueur qui s'est joint aux Penguins avant Crosby et qui est encore avec l'équipe, ne se souvient pas de l'endroit où il se trouvait le jour de la loterie, mais il sait fort bien ce que cela signifiait pour l'organisation.

« Avant que [Crosby] arrive, on ne gagnait pas souvent. Chaque match était difficile, a souligné Fleury. Puis, Sid est arrivé. [Evgeni Malkin] est arrivé, [Jordan Staal] est arrivé et aussi quelques joueurs de ligues mineures, quelques jeunes joueurs. Sid est le visage de cette équipe et de la Ligue depuis ce temps. »

Bien que les Penguins ont encore terminé au dernier rang dans la LNH avec un total de 58 points (22-26-14) à l'issue de la première saison de Crosby, en 2005-06, l'assistance moyenne a augmenté à 15 804 spectateurs par match (20e rang dans la Ligue). Alors qu'il continuait de travailler d'arrache-pied pour conclure une entente pour un nouvel aréna, Lemieux, qui a pris sa retraite définitive en tant que joueur en janvier 2006, a failli vendre les Penguins à l'homme d'affaires canadien Jim Balsillie plus tard cette année-là ; mais la vente a avorté à la mi-décembre parce que Balsillie ne voulait pas garantir que l'équipe resterait à Pittsburgh.

Trois mois plus tard, les Penguins ont conclu une entente avec les dirigeants de la ville, du comté et de l'État concernant le financement d'un nouvel aréna et ils ont annoncé le 13 mars 2007 qu'ils allaient rester à Pittsburgh. Ils ont atteint la Finale de la Coupe Stanley en 2008 et, un an plus tard, Crosby, qui avait 21 ans à l'époque, est devenu le plus jeune capitaine dans l'histoire de la LNH à soulever la Coupe Stanley.

Les Penguins se sont installés au Consol Energy Center (renommé le PPG Paints Arena en octobre) au début de la saison 2010-11. Cette saison, ils affichent une moyenne d'assistance de 18 552 spectateurs par rencontre (11e rang dans la LNH) et ils prolongé leur séquence de salles combles consécutives, qui a commencé le 14 février 2007, à 462.

Selon Morehouse, qui s'est joint aux Penguins en 2005 en tant que conseiller et qui est devenu le président du club en 2007, c'est la persévérance de Lemieux et du copropriétaire Ron Burkle qui a permis d'en arriver à une entente pour le nouvel aréna, mais c'est le soutien que le public affichait à l'endroit de l'équipe qui a fait la différence. Un soutien qui, selon lui, est « en grande partie attribuable à Sidney Crosby ».

« Nous étions en dernière place, nous étions les derniers au chapitre des revenus, les derniers pour les assistances, les cotes d'écoute à la télé étaient modestes et nous avions le bâtiment le plus âgé dans la LNH, a énuméré Morehouse. Nous avons réussi à attirer l'attention sur nous en tant que concession en raison de la sélection de Sidney Crosby au repêchage et des succès que nous avons connus par la suite. »

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À eux seuls, les exploits de Crosby sur la glace auraient probablement suffi à fournir l'étincelle qui aurait mené à au moins une petite hausse du taux de participation chez les jeunes joueurs de hockey dans la région de Pittsburgh, si les Penguins et lui n'avaient pas levé le petit doigt pour y contribuer. C'est essentiellement ce qui est arrivé durant la carrière de Lemieux en tant que joueur et le passage de Jagr chez les Penguins.

« Quand je suis arrivé ici, je me souviens d'avoir regardé nos livres et constaté que nous faisions de l'argent avec le hockey juvénile, mais que nous n'investissions pas d'argent dans le hockey juvénile, a dit Morehouse. Alors nous avons immédiatement renversé cette tendance, avec l'aide de Sid en plus. »

Crosby a proposé aux Penguins de lancer un programme de hockey pour jeunes, et Sidney Crosby's Little Penguins a été lancé en 2008. Crosby a fait en sorte que Reebok Hockey (maintenant CCM) s'implique, tandis que les Penguins ont assuré la participation de Dick's Sporting Goods. L'implication de ces deux entreprises a fait en sorte qu'à chaque année, 1000 garçons et filles âgés de 5 à 7 ans ont reçu gratuitement un équipement complet. Et tous ensemble, les parties impliquées ont veillé à ce que ces jeunes participent à des séances d'entraînement du programme Learn to Play (Apprenez à jouer) à 25 endroits dans la région.

Cette saison, le nombre de participant(e)s a été augmenté à 1200 et on espère qu'il s'élèvera à 2000 la saison prochaine, alors qu'on divisera le programme en deux.

« J'adore le hockey et s'il y a une opportunité d'aider les jeunes à y prendre plaisir, à en retirer un apprentissage et à participer à ce genre d'activité, alors c'est quelque chose dont je veux faire partie, a indiqué Crosby. J'ai eu la chance de jouer pour une équipe qui était prête à s'impliquer et de voir différents commanditaires y contribuer, ce qui a permis de concrétiser le tout. Ç'a beaucoup évolué et c'est beau à voir. »

Avec l'aide de Crosby, le hockey pour jeunes a décollé dans la région. Rich Hixon, qui supervise le programme Learn to Play et dirige le UPMC Lemieux Sports Complex, a déclaré que depuis que Crosby a été repêché, il y a eu une augmentation de 152 pour cent du taux de participation chez les jeunes de huit ans et moins, tandis que le nombre de joueuses a doublé et que le taux de participation global chez les jeunes a progressé de 60 pour cent.

En plus de lancer les Little Penguins, les Penguins ont bâti 12 surfaces de dek hockey dans la région et donné de l'équipement de hockey balle à 600 écoles primaires dans 10 comtés environnants.

« Nous leur avons tous donné de l'équipement gratuit, des bâtons en plastique et des balles, pour qu'ils l'utilisent dans les cours d'éducation physique, en plus de leur fournir un programme pédagogique qui leur montre les bénéfices de jouer au hockey au niveau de la forme physique, et comment enseigner à jouer au hockey », a affirmé Morehouse.

Tout cela fait partie intégrante de ce que Morehouse appelle la « pyramide de hockey » des Penguins, qui a pour but de mettre en place les bases pour que l'intérêt à l'endroit du hockey et le taux de participation grandissent. Ça semble fonctionner.

Selon le rapport annuel de USA Hockey, le taux de participation dans l'Ouest de la Pennsylvanie est passé de 9920 joueurs enregistrés en 2001-02, la saison suivant le départ de Jagr, à 8697 en 2004-05, la saison qui a précédé l'arrivée de Crosby.

Ce chiffre a augmenté depuis, s'élevant à 13 689 en 2015-16, une hausse de 57 pour cent.

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Même en l'absence du soutien financier des Penguins, l'ère Lemieux et Jagr a inspiré toute une génération de joueurs de la région de Pittsburgh, dont quatre ont été réclamés lors du repêchage 2011 de la LNH : l'ailier gauche des Blue Jackets de Columbus Brandon Saad (réclamé par les Blackhawks de Chicago au deuxième tour, 43e au total), l'ailier droit des Rangers de New York J.T. Miller (premier tour, 15e au total), le gardien de but des Ducks d'Anaheim John Gibson (deuxième tour, 39e au total) et le joueur de centre des Panthers de la Floride Vincent Trocheck (troisième tour, 64e au total).

« Quand j'étais très jeune, quand je venais de commencer à jouer et que j'allais assister à des matchs, je regardais Mario, a affirmé Gibson. Mais j'aimais tout simplement aller à des matchs. Plus vieux, Sid était là et ces gars-là jouaient, alors c'était 'cool' de les suivre. »

Gibson, Saad, Miller et Trocheck sont passés par le programme AAA des Hornets de Pittsburgh, qui a également mené au développement du défenseur des Stars de Dallas Stephen Johns et du défenseur des Ducks Nate Guenin, avant qu'ils aillent ailleurs pour continuer à progresser. La famille de Trocheck s'est installée à Detroit afin qu'il puisse faire partie du programme Little Caesars là-bas.

Les Penguins veulent donner aux jeunes joueurs de hockey l'occasion de rester dans la région de Pittsburgh tout au long de leur développement. C'est pourquoi ils ont pris en charge les Hornets en 2012 et mis sur pied le programme AAA élite des Penguins de Pittsburgh pour garçons et filles.

Ils ont maintenant 22 équipes AAA - 15 équipes masculines (10 ans et moins à 18 ans et moins) et sept équipes féminines (10 ans et moins à 19 ans et moins) - qui évoluent au UPMC Lemieux Sports Complex. L'équipe masculine U-18 a remporté le Championnat national de USA Hockey, la saison dernière.

Même si le but premier du UPMC Lemieux Sports Complex, qui a ouvert ses portes avant la saison 2015-16, est de servir de centre d'entraînement pour les Penguins, les joueurs du programme élite ont accès à toutes les installations. Ils suivent le programme d'entraînement en musculation et conditionnement physique dirigé par l'ancien joueur des Penguins Gary Roberts, en plus d'enfiler les patins pour suivre les instructions de l'entraîneur de développement des habiletés des Penguins, Ty Hennes, et de l'entraîneur de patinage intensif Max Ivanov.

« Ils s'entraînent donc, sur la glace et en dehors, de la même façon que le font les joueurs de la LNH, d'une façon qui est évidemment adaptée à leur âge », a indiqué Hixon.

Depuis 2012, le programme élite des Penguins a vu plus de 60 de ses joueurs (hommes et femmes) rejoindre éventuellement les rangs du hockey junior, de la North American Hockey League et de la United States Hockey League, ou encore ceux du hockey universitaire.

Selon Hixon, huit joueuses de l'équipe féminine élite U-16 des Penguins ont des ententes en place qui leur permettront de commencer à évoluer dans les rangs universitaires dans deux ans, tandis que deux joueuses de l'équipe féminine U-19 ont également conclu des ententes pour jouer à ce niveau. En bout de ligne, le programme aimerait donner naissance à une autre vague de joueurs de la LNH originaires de Pittsburgh.

« Je crois que vous allez voir ça avec le développement de nos autres athlètes, a dit Hixon. Je pense que nos meilleurs joueurs sont nés en 2002, en 2001 et après. Mais même l'an dernier, nous avons vu un certain nombre de nos jeunes qui ont eu l'occasion de faire avancer leurs carrières dans la USHL et à l'université. »

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Morehouse considère que le UPMC Lemieux Sports Complex, qui abrite deux patinoires ainsi que des installations d'entraînement hors glace et de médecine sportive, est l'aboutissement des efforts que les Penguins ont consentis pour faire progresser le hockey dans la région, ainsi qu'une « vitrine » qui témoigne des progrès faits en ce sens.

La patinoire principale était remplie à craquer, alors que plus de 1000 personnes étaient présentes, à l'occasion du match des étoiles de la National Women's Hockey League disputé le 12 février. Et ce, même si Pittsburgh ne compte pas d'équipe dans cette ligue. Les 21 et 22 mars, le complexe accueillera les finales de la Penguins Cup des catégories AAA, AA et A de la Pennsylvania Interscholastic Hockey League (ligue qui regroupe les équipes des écoles secondaires de l'Ouest de la Pennsylvanie) pour la deuxième année de suite.

Les finales de la Penguins Cup se sont auparavant déroulées au PPG Paints Arena et au Mellon Arena. Le commissaire de la PIHL Craig Barnett, l'ancien entraîneur de l'équipe scolaire de Cathedral Prep à Erie, a fait remarquer que plusieurs étaient sceptiques quand on a choisi d'aller jouer dans un bâtiment plus modeste, mais ça s'est bien passé.

« C'était plein à craquer et quand tu as 1000 personnes dans cet aréna, l'atmosphère est incroyable », a souligné Barnett, un ancien gardien de but originaire d'Oakville, en Ontario, qui a joué brièvement dans les rangs professionnels dans la ECHL et dans la Ligue internationale. « Si tu fermais les yeux, tu avais l'impression d'être dans le vieux Forum de Montréal. J'ai participé à ça l'an dernier et j'ai aimé leur approche. J'aime l'environnement et l'atmosphère, et nos jeunes adorent ça. »

La PIHL regroupe plus de 150 équipes provenant d'une soixantaine d'institutions scolaires. Les chandails des programmes scolaires sont affichés dans le hall du PPG Paints Arena, aux côtés des maillots des équipes des rangs amateurs de Pittsburgh.

Selon Barnett, la présence de Crosby a également eu un impact au niveau des écoles secondaires.

« C'est certain que l'arrivée de Sidney Crosby a donné une nouvelle vigueur à toute la région, compte tenu des succès que les Penguins ont connus, a-t-il dit. Du point de vue des écoles secondaires, je crois qu'on voit vraiment une explosion en ce moment. Je regarde nos ligues de hockey juvénile et je vois qu'il y a des moustiques et des petits partout dans la région de Pittsburgh à cause de la Coupe [de 2016]. Je dirais qu'au chapitre du nombre de participants, le hockey des écoles secondaires va en profiter dans six ou sept ans. »

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Le hockey progresse également à grande vitesse au niveau universitaire de Division I, avec les équipes masculine et féminine à Robert Morris. L'équipe féminine des Colonials a une fiche de 20-4-6 et est neuvième au pays selon le plus récent classement USCHO.com. L'équipe masculine affiche un dossier de 17-11-4 avec deux matchs à faire avant d'entreprendre le tournoi d'après-saison de l'Atlantic Hockey Association.

L'équipe masculine des Colonials, qui a commencé à jouer en 2004-05, a obtenu sa première qualification au tournoi de la NCAA en 2013-14 en remportant le tournoi de la AHA. Les Colonials ont également remporté les titres de la saison régulière dans l'association en 2014-15 et 2015-16.

Cette saison, ils ont remporté la Three Rivers Classic, un tournoi disputé au PPG Paints Arena, pour la troisième fois en cinq saisons grâce à une victoire de 5-2 en finale contre Quinnipiac, qui s'est incliné dans le match de championnat du tournoi Frozen Four de la NCAA, la saison dernière.

L'entraîneur Derek Schooley, qui fait partie du programme masculin depuis le début, a fait savoir qu'il a aligné au moins deux joueurs de la région de Pittsburgh au sein de l'équipe chaque saison. Il en a trois cette saison: l'attaquant de première année Jacob Coleman, l'attaquant de première année Luke Lynch et l'attaquant de deuxième année Alex Dagnal.

Durant ses 13 saisons avec l'équipe, a dit Schooley, il a vu une amélioration au chapitre du nombre et de la qualité des joueurs issus de la région.

« On peut voir une amélioration dans le développement du hockey juvénile et du taux de participation chez les jeunes en raison des succès des Penguins et grâce à Sidney Crosby, grâce à Malkin, grâce à Fleury, a souligné Schooley. On voit des joueurs [de la région de Pittsburgh] qui grandissent et qui veulent faire comme eux. On voit que ça s'en vient quand on regarde autour de la patinoire et qu'on voit de jeunes joueurs de hockey qui portent les chandails de nos joueurs. »

L'équipe masculine des Colonials a vu 59 de ses joueurs aller jouer dans les rangs professionnels par la suite. Certains d'entre eux ont participé à des camps de développement et à des camps d'entraînement d'équipes de la LNH, mais aucun n'a encore joué dans la LNH.

« La prochaine étape, ce sera de voir un Colonial aboutir dans la LNH, a-t-il affirmé. Et nous serons très heureux quand ça va arriver, ça, c'est certain. »

Ça aide qu'il y ait une bonne relation entre les Colonials et les Penguins. Chaque saison, les Colonials disputent des matchs au PPG Paints Arena. Et ce dimanche, ils auront l'occasion de jouer au Heinz Field.

« Ça va être fou, a lancé Lynch. Il va y avoir pas mal de membres de ma famille au match. C'est une opportunité incroyable de jouer à cet endroit et ça va être excitant au possible. »

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Toute discussion à propos du hockey à Pittsburgh va finir par donner lieu à un commentaire à l'effet qu'il s'agit avant tout d'une ville de football, dont la mentalité de col bleu a été forgée dans les vieilles aciéries. C'est donc logique que les Penguins disputent leur match au domicile des Steelers de la NFL, samedi, comme ils l'ont fait à l'occasion de la Classique hivernale Bridgestone 2011 de la LNH contre les Capitals de Washington.

Bien que le football demeure le sport no 1 à Pittsburgh, le hockey s'est bien installé dans la région ces 12 dernières années, comme en témoignent l'augmentation du taux de participation, la mise en place d'un système de développement bien structuré et l'intérêt des partisans. Les autorités municipales ont estimé qu'entre 380 000 et 400 000 personnes ont assisté au défilé de la Coupe Stanley dans les rues de Pittsburgh, en juin dernier. Il s'agit là de la foule la plus imposante dans l'histoire de Pittsburgh pour des festivités à l'intention d'une équipe championne.

« Ç'a toujours été une ville de football et l'équipe de baseball a eu du succès, et elle va mieux maintenant, a noté Gibson. Mais plus on parle aux gens, plus on constate que le hockey arrive très près du football maintenant. »

Morehouse, qui est originaire du secteur de Beechview à Pittsburgh, se souvient de jeunes joueurs « de la génération Mario Lemieux » qui avaient commencé à jouer au hockey sous les ordres d'entraîneurs de football et que ces derniers portaient des crampons sur la glace parce que « nous n'avions pas assez d'anciens joueurs pour leur enseigner » le hockey.

Ce n'est plus comme ça maintenant.

« Pittsburgh est devenue une ville de hockey, a affirmé Schooley. On le voit avec les succès que les Penguins ont connus et le soutien que les gens leur ont donné. Il y a eu 20 000 personnes qui ont regardé dehors un de leurs matchs en Finale de la Coupe Stanley. On peut voir le soutien croissant, année après année, qu'il y a à l'endroit des Penguins, mais aussi à l'endroit de [Robert Morris University] ainsi que des équipes d'écoles secondaires et des rangs juvéniles. »

Crosby, qui a maintenant 29 ans, a joué un rôle là-dedans, directement et indirectement. Tout cela fera partie de l'héritage qu'il laissera à Pittsburgh, tout autant que ses bagues de la Coupe Stanley et ses exploits sur la glace.

C'est en plein ce que Crosby espère accomplir avec les Little Penguins.

« Quand tu es en position d'aider et de redonner, il faut le faire. Et quand tu te retrouves dans la LNH, tu as une belle opportunité de le faire, a-t-il souligné. Je suis content, c'est sûr, que le hockey ait continué ici et que ç'a continué à grandir. »

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