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Les Sharks savent qu'ils peuvent compter sur Jones

Le gardien a été solide afin d'aider San Jose à atteindre la Finale de la Coupe Stanley contre les Penguins

par Amalie Benjamin @amaliebenjamin / Journaliste NHL.com

PITTBURGH - Les gardiens ont fait la manchette plus souvent qu'à leur tour depuis le début des présentes séries. Matt Murray et Marc-Andre Fleury. Brian Elliott et Jake Allen. Ben Bishop et Andrei Vasilevskiy. Kari Lehtonen et Antti Niemi. Que ce soit en raison d'une blessure ou d'une baisse de rendement, ou les deux à la fois, les équipes ont eu à se tourner vers leurs gardiens partants et leurs auxiliaires, de confier le rôle de partant à leurs auxiliaires, et vice-versa.

Mais pas les Sharks.

Fait très rare au cours du tournoi printanier, les Sharks ont fait presque exclusivement confiance à Martin Jones - à sa première saison comme partant, qui plus est - alors qu'ils sont parvenus à s'extirper de la très compétitive Association de l'Ouest pour prendre part à la première Finale de la Coupe Stanley de l'histoire de l'équipe.

Jones a été devant le filet pendant tout le parcours des Sharks en séries, à l'exception de 29:05, réalisant 440 des 446 arrêts effectués par les gardiens des Sharks, et signant les 12 gains nécessaires pour atteindre cette étape. En cours de route, il a apaisé l'esprit de ses coéquipiers, a montré la marche à suivre, sans être l'histoire des séries, mais en jouant son rôle dans cette histoire.

« Il stabilise notre équipe, a affirmé le défenseur Paul Martin. Jonesy est en général un gardien assez réservé. Il est très calme devant son filet, ce qui nous rend la tâche facile en défensive devant lui. Il n'y a pas grand-chose qui le dérange ou qui l'atteint. De savoir qu'il est derrière nous à chacun des matchs et qu'il nous donne une chance de gagner est très important, et nous n'avons pas à nous inquiéter de ce qui va se passer s'il accorde un but, de nous demander si nous allons changer de gardien. Je pense que ça nous aide beaucoup mentalement. »

Martin et les Sharks ont vu ce qui pouvait se passer en finale de l'Association de l'Ouest. Ils ont vu les Blues de St. Louis retirer Elliott du match no 3, confier le départ à Allen dans le match no 4 et le match no 5 avant de revenir avec Elliott dans le match no 6.

Ils ont vu l'incertitude. Ils ont vu l'hésitation. Ils ont vu à quel point cela pouvait devenir problématique.
 
« Nous n'avons pas eu à jongler avec ça cette année, mais je suis persuadé que pour d'autres équipes par le passé, lorsque vous misez sur un gardien qui est au sommet de sa forme ou qui joue bien, vous n'avez pas à songer à cela, a souligné Martin. Vous n'y pensez presque pas. Il s'agit d'une chose que l'on tient pour acquise.

« Je pense que lorsque vous avez des gardiens qui sont retirés du match ou qui sont relégués au banc, vous vous demandez toujours quelque part "Oh, est-ce que notre gardien va être retiré du match ce soir? Qui sera devant le filet pour le prochain match?" Nous avons le luxe de ne pas avoir à nous soucier de cela. »

Ils ont mis la main sur ce luxe l'été dernier lorsque les Sharks ont remodelé leur présent et leur avenir à la position de gardien, échangeant les droits de négociation de Niemi aux Stars de Dallas et, par la suite, en faisant l'acquisition de Jones. Il aura toutefois fallu bien des manœuvres pour que cela se produise. Jones était, jusqu'au repêchage de la LNH, un membre des Kings de Los Angeles, avant d'être échangé aux Bruins de Boston dans une transaction qui a permis aux Kings d'obtenir Milan Lucic.

Jones a passé moins d'une semaine dans l'organisation des Bruins, alors que le directeur général des Sharks Doug Wilson a saisi l'opportunité d'enfin mettre la main sur un joueur qu'il avait à l'œil depuis un bon moment.

« Ils ont procédé à une transaction, et nous avions besoin de ce type de gardien. Il était au sommet de notre liste », a expliqué Wilson.

Jones est donc débarqué à San Jose, sans avoir fait ses preuves. Il a compilé une fiche de 37-23-4 avec une moyenne de buts alloués de 2,27 et un pourcentage d'arrêts de ,918 en saison régulière, avant de présenter un dossier de 12-6 avec une moyenne de 2,12 et un taux d'efficacité de ,919 en séries éliminatoires pour permettre aux Sharks d'atteindre cette étape, et de se préparer pour le match no 1 de la Finale de la Coupe Stanley au Consol Energy Center lundi (20 h (HE); TVA Sports, NBC, CBC).

« Je crois que tout est une question de perception, et lorsque nos joueurs dans le vestiaire parlent à Marty Jones et lorsqu'ils jouent devant lui, ils ne le considèrent pas comme une recrue de [26] ans ou comme un joueur qui n'a disputé qu'un certain nombre de matchs, a évoqué l'entraîneur des Sharks Peter DeBoer. Ils le considèrent comme un vétéran aguerri, puisqu'il se comporte de cette manière. »

Il n'a pas été spectaculaire en séries éliminatoires - il n'a pas eu besoin de l'être -, mais Jones a offert un rendement plus que satisfaisant. Il a réalisé les arrêts nécessaires, dont certains spectaculaires, le plus important ayant été réussi de la jambière aux dépens de Jori Lehtera dans le match no 6 de la finale de l'Association de l'Ouest.

Jones a été discret. Son jeu a été discret. La situation des gardiens des Sharks a été discrète.

Cela cadre bien avec lui.

« Il est très discret et il s'occupe de ses affaires à sa manière, a expliqué Martin. Nous ne le remarquons pas trop souvent. Il n'est pas le genre de gars à s'imposer et amorcer une conversation. »

Pas plus que les conversations n'ont tourné autour de lui. Son nom n'a pas fait les grands titres, n'a pas été mentionné souvent dans les lignes ouvertes, ni frappé l'imagination. Il était simplement là, match après match, calme et détendu. Il a été ce que les Sharks n'avaient jamais eu, et qu'ils possèdent maintenant.

« Il est de toute évidence très compétitif et il veut gagner, a ajouté Martin. Il a beaucoup progressé cette année, et nous sommes chanceux de pouvoir compter sur lui derrière nous. »

Sur lui et - avec une légère exception - seulement lui.

 

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