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Les Predators ont cru jusqu'à la fin qu'ils allaient gagner le match no 6

Leur parcours mémorable jusqu'en Finale de la Coupe Stanley a pris fin avec une défaite décevante contre les Penguins

par Tom Gulitti @tomgulittinhl / Journaliste NHL.com

NASHVILLE - On entendait les Penguins de Pittsburgh célébrer sur la patinoire leur conquête de la Coupe Stanley jusque dans le vestiaire plutôt tranquille des Predators de Nashville, ce qui rendait encore plus vive la douleur que ressentaient le gardien Pekka Rinne et ses coéquipiers.

Durant les deux mois qu'a duré leur parcours en séries éliminatoires de la Coupe Stanley, ils en étaient arrivés à croire que c'est eux qui allaient faire le tour de la patinoire en brandissant la Coupe. Mais les Penguins leur ont subtilisé leur dénouement de rêve, dimanche, en remportant la série grâce à une victoire de 2-0 à l'occasion du sixième match de la Finale de la Coupe Stanley.

« C'est juste un fort sentiment de vide, a dit Rinne. Dans les premiers instants après le match, c'était vraiment émotif. Avant le match et pendant le match, tu ne penses pas au moment où ça pourrait être terminé. Tu y crois et puis, tout à coup, on a entendu la sirène et la saison était terminée. »

La défaite des Predators n'est pas venue sans avertissement comme ç'aurait été le cas en prolongation, mais c'est tout comme puisque l'ancien des Predators Patric Hornqvist a rompu l'égalité de 0-0 en faisant ricocher le disque sur Rinne alors qu'il restait 1:35 à disputer en troisième période. Carl Hagelin a ensuite marqué dans un filet désert à 19:46 pour ainsi assurer la victoire aux Penguins, ainsi qu'un deuxième championnat d'affilée, tout en laissant les Predators incrédules.

« C'est [moche], a lancé le défenseur Ryan Ellis. Ça n'a rien de plaisant. Tu fais tout ce chemin, tu joues deux mois de plus... pour rien. »

Dans les prochains jours, Ellis et les autres joueurs des Predators finiront par réaliser qu'ils n'ont pas tout fait ça pour rien. Mais 30 minutes après le match, ils étaient encore à vif émotivement, ils avaient de la difficulté à faire la part des choses. Pour le moment, c'est à peine s'ils commençaient à réaliser qu'ils n'allaient pas disputer de septième match à Pittsburgh.

« C'est difficile à décrire, a affirmé le défenseur P.K. Subban. Quand, plus jeune, tu rêves de soulever la Coupe Stanley, et c'est un rêve que tu revis probablement des milliers de fois, le fait de venir si près, à deux matchs près, à 120 minutes près de soulever la Coupe, c'est [moche]. »

Bien qu'il est vrai que les Predators sont venus à deux victoires près de décrocher la Coupe Stanley pour la première fois, il est tout aussi vrai qu'ils ont connu leur meilleure saison en 19 ans d'histoire. Avant ce printemps, ils ne s'étaient jamais rendus au-delà du deuxième tour éliminatoire.

Ils ont réussi le coup alors qu'ils étaient la dernière tête de série chez les équipes qualifiées, ayant accédé aux séries en vertu d'une récolte de 94 points pour ensuite balayer les Blackhawks de Chicago, qui avaient pris le premier rang dans l'Association de l'Ouest en saison régulière avec 109 points, au premier tour. Par la suite, ils ont éliminé les Blues de St. Louis en six rencontres au deuxième tour, puis les Ducks d'Anaheim en six affrontements en finale de l'Association de l'Ouest.

En cours de route, ils ont perdu les services de leur joueur de centre no 1 Ryan Johansen, qui a vu sa saison se terminer quand il a dû subir une intervention chirurgicale à la cuisse gauche, et de l'ailier gauche Kevin Fiala, qui s'est fracturé le fémur. Mais ils n'ont pas bronché. Leurs exploits ont par ailleurs été agrémentés par l'appui indéfectible de leurs partisans passionnés, qui ont fait sentir leur présence à l'intérieur et à l'extérieur du Bridgestone Arena tout au long de leur parcours.

Avant dimanche, les Predators n'avaient subi qu'une défaite à domicile dans ces séries et ce revers est survenu en prolongation du quatrième match de la Finale de l'Association de l'Ouest contre les Ducks. Après s'être inclinés à leurs deux premiers matchs de la Finale de la Coupe Stanley, disputés à Pittsburgh, ils ont rebondi et remporté les deux affrontements suivants à domicile, alors que des foules énormes avaient envahi la ville pour assister à des concerts d'avant-match ainsi qu'au visionnement public des rencontres.

Ainsi donc, même s'ils ont subi un revers de 6-0 lors de la cinquième rencontre, jeudi à Pittsburgh, ils n'ont jamais douté que la victoire serait au rendez-vous à l'occasion du sixième match - jusqu'à preuve du contraire. Ils croyaient avoir vu Colton Sissons marquer et avoir pris les devants 1-0 à 1:07 de la deuxième période, mais l'arbitre Kevin Pollock a perdu la rondelle de vue après le tir initial de Filip Forsberg et il a sifflé avant que le disque dépasse la ligne de but.

Bien qu'ils aient appliqué de la pression et dicté le rythme de jeu à plusieurs reprises, ils ont été incapables de battre une nouvelle fois le gardien recrue Matt Murray, qui n'a pas cédé un seul but sur l'ensemble des deux derniers matchs de la série.

« Nous avions tous ça à coeur et nous voulions obtenir la chance de disputer la Coupe dans un septième match dans leur aréna, mais ça ne s'est pas matérialisé, a noté Subban. Je pense que nous devons apprivoiser ce que nous ressentons en ce moment, l'accepter et le digérer parce qu'en fin de compte, c'est ce qui va nous donner la force pour revenir l'an prochain et se mettre de nouveau en position de remporter la Coupe Stanley. »

D'autres joueurs des Predators avaient plus de difficultés à penser à la saison prochaine après une défaite aussi amère. Rinne, un vétéran de 34 ans, a disputé 11 saisons avec les Predators avant de venir aussi près de la Coupe, pour ensuite voir le trophée lui échapper en raison d'un bond malchanceux.

« Je ne veux pas avoir l'air égoïste, mais je voyais ça comme l'occasion d'une vie, une chance unique, et tu ne sais jamais quand tu vas avoir droit à une autre occasion, a affirmé Rinne. La seule chose à laquelle je pensais, c'était cette Coupe, le fait que j'en rêvais depuis des années. Alors pour le moment, c'est difficile à accepter. »

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