Skip to main content

Les Penguins peuvent-ils survivre sans Letang?

Le défenseur étoile des Penguins de Pittsburgh n'a participé qu'à 41 des 65 matchs de son équipe et est hors de combat depuis la joute du 21 février

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

C'est une autre de ces saisons où Kristopher Letang peine à demeurer en santé. Le défenseur étoile des Penguins de Pittsburgh n'a participé qu'à 41 des 65 matchs de son équipe et est hors de combat depuis la joute du 21 février. Après deux saisons relativement sans histoire (69 et 71 parties jouées), l'atout le plus précieux de la brigade défensive des Penguins inquiète de nouveau.

Parmi les défenseurs ayant disputé au moins 200 matchs depuis le début de la saison 2013-14, Letang obtient, selon Hockey-Reference.com, le troisième plus haut total de points par match, dépassé seulement par Brent Burns et Erik Karlsson. En nombre brut, il est le 11e meilleur pointeur parmi les défenseurs de la LNH au cours de cette période.

Mais il faut le dire, l'influence de Letang dépasse largement la simple colonne des buts et des passes. Il a tenu la brigade défensive de son club à bout de bras lors de la conquête de la Coupe Stanley au printemps dernier et l'émergence de Justin Schultz cette saison a permis à Mike Sullivan de se doter d'une véritable unité de choc.

Pour bien saisir cet impact, la part des tirs obtenus constitue un indicateur fort révélateur. Un petit rappel à ce sujet : la plupart des équipes de la LNH sont massées dans une fourchette allant de 48 à 52 pour cent : vingt des 30 équipes de la LNH obtiennent entre 48 et 52 pour cent des tirs vers le filet à forces égales. Les équipes qui obtiennent plus de 53 pour cent des tirs vers le filet sont, année après année, parmi celles qui se qualifient pour les grandes finales de la Coupe Stanley. C'est simple, les Hurricanes de la Caroline sont le dernier club à avoir remporté le précieux trophée sans avoir obtenu 50 pour cent des tirs vers le filet en saison régulière, en 2006!

L'importance d'un joueur comme Letang, disais-je, se constate à travers les choix que son entraîneur fait selon qu'il est ou non en uniforme et ces choix sont cette saison facilités par l'émergence de Justin Schultz comme défenseur de premier plan.

Parlons du temps de jeu. Lorsque Letang est en uniforme, Sidney Crosby passe 58 pour cent de son temps de glace à forces égales en sa compagnie. Schultz et Crosby ne jouent alors que peu ensemble, 20 pour cent de leur temps de jeu respectif. Cette façon de déployer ses effectifs permet à Sullivan d'avoir au moins un de ces trois joueurs sur la glace pour 75 pour cent du temps de jeu de son équipe.

Et les résultats sont à l'avenant. Crosby et Letang réunis obtiennent 56 pour cent des tirs et les autres combinaisons de ces trois joueurs donnent aux Penguins 53 pour cent des tirs. Le quart du temps restant, les Penguins se débrouillent encore avec 49 pour cent des tirs obtenus.

Lorsque Letang n'est pas en uniforme, Crosby et Schultz obtiennent bien 51 pour cent des tirs, un pourcentage qui demeure identique lorsqu'on les sépare. Et sans ces deux joueurs, le club retombe à 49 pour cent. Surtout, la moitié du temps de glace de l'équipe est alors joué sans Schultz ou Crosby. Le club ne se résume pas à Letang et à Crosby, en fait le reste de l'équipe est capable de tenir son bout sans problème en saison régulière.

Si on dit de Letang qu'il est l'atout le plus précieux de la défensive de Pittsburgh, c'est donc pour ce qu'il offre comme possibilités à Sullivan : cette capacité à masser deux unités ultra-menaçantes à cinq contre cinq, un élément vital lorsqu'on cherche à combler un retard. Ça n'est pas un hasard si les Penguins sont en tête de la LNH pour le taux de victoires remportées lorsqu'ils tirent de l'arrière après une (59 pour cent) et deux périodes (33 pour cent). Dans ce contexte, Schultz rend lui aussi de précieux services à son équipe, y compris en l'absence de Letang. Mais il ne peut toutefois compenser pour la perte de l'autre.

Les Penguins ont doublement intérêt à être prudents avec Letang. Premièrement, s'il commence les séries en santé et reposé, on réduit d'autant les risques de blessures. Mais il y a plus. Les Penguins, présentement au troisième rang de leur section, ont tout intérêt à y terminer premiers ou quatrièmes.

Les Penguins ont présentement 90 points, soit cinq de moins que les Capitals de Washington, le même total que les Blue Jackets de Columbus, deux de plus que les Rangers de New York et 17 de plus que le dernier club qualifié, les Islanders de New York.

Si les Penguins terminent derrière Washington, Columbus et les Rangers, ils affronteront le champion de la division Atlantique, fort probablement les Canadiens de Montréal. S'ils terminent premiers, ils affrontent le dernier club qualifié. Sinon, c'est un duel plus difficile qui s'annonce, contre un adversaire coriace de leur propre section.

Vu les circonstances, je ne serais donc pas étonné qu'on soit extrêmement prudent avec Letang d'ici la fin de la saison. Le sort du club est assuré et une fin de saison en demi-teinte n'est pas le pire scénario, pour peu qu'on évite les blessures catastrophiques.

En voir plus