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Les joueurs intouchables existent-ils encore?

Quelles raisons pousseraient les directeurs généraux à échanger un joueur vedette?

par Siniša Šindik / Collaborateur LNH.com

La notion de joueur intouchable s'est quelque peu transformée au cours des dernières années, car comme se plaisent à le répéter plusieurs observateurs, si Wayne Gretzky a été échangé, personne n'est à l'abri.

À quelques jours de la date limite des transactions (26 février, 15 h), il y a plusieurs gros noms qui circulent dans les rumeurs de transaction et certains de ces joueurs ne deviendront même pas joueurs autonomes au terme de la présente campagne.

Lorsqu'on entend les rumeurs au sujet des Erik Karlsson, Max Pacioretty et Ryan McDonagh, c'est que ça commence à être sérieux. 

Une plus grande marge de manœuvre 

Les directeurs généraux ont raison de se plaindre, c'est devenu très compliqué d'effectuer des transactions avec la réalité du plafond salarial, les clauses de non-échange et la parité à travers le circuit.

Or, avec un plafond salarial qui risque de grimper considérablement l'an prochain - augmentation minimale de 3 millions $ (de 75 à 78 millions $) - la marge de manœuvre sera plus grande pour plusieurs formations. Il s'agira par ailleurs de la plus importante hausse du plafond depuis 2014-15 (de 64,3 à 69 millions $).

À ce sujet, lorsque Gary Bettman avait annoncé une augmentation potentielle pour l'an prochain, le président des Oilers, Bob Nicholson, avait exprimé une pensée rejoignant plusieurs formations du circuit.

« La hausse du plafond salarial nous aidera grandement et nous permettra de continuer à suivre le plan que Peter [Chiarelli] a établi pour notre équipe, et ce, à court et à long terme », avait déclaré Nicholson au réseau TSN.

L'ajout de 3 millions $ supplémentaires sur la masse salariale peut faire une énorme différence. Les directeurs généraux auront ainsi plus de flexibilité pour se doter d'un joueur au contrat plus lourd ou tout simplement pour offrir plus d'argent à leurs meilleurs joueurs.

Une saison à oublier

Un DG peut aussi profiter d'une mauvaise saison pour se lancer dans une reconstruction complète ou partielle. Cela explique pourquoi, par exemple, Jeff Gorton, le DG des Rangers de New York, voudrait se départir de son capitaine Ryan McDonagh.

D'ailleurs, Gorton et Glen Sather, le président de l'équipe, ont récemment fait part aux partisans du plan et de la vision à long terme de la franchise dans une lettre ouverte.

« Nous concentrerons nos efforts pour ajouter de jeunes joueurs compétitifs qui sont rapides, habiles et qui ont du caractère. Cela peut signifier que nous devrons perdre quelques visages familiers, des joueurs que nous respectons beaucoup », avaient écrit les deux hommes.

Un état d'esprit qui reflète probablement la vision de quelques-uns de leurs homologues à travers la ligue. On pense ici entre autres à Pierre Dorion avec les Sénateurs d'Ottawa, Marc Bergevin avec les Canadiens de Montréal, Jim Benning avec les Canucks de Vancouver et Stan Bowman avec les Blackahwks de Chicago.

Toutes ces équipes vont vraisemblablement rater les séries éliminatoires - même s'il y a toujours de l'espoir pour la formation new-yorkaise. Le moment serait donc bien choisi pour se départir d'un ou deux gros morceaux afin de regarnir la banque de choix au repêchage ou pour ajouter quelques espoirs.

Des joueurs de location qui coûtent cher

Il y a de moins en moins d'échanges spectaculaires impliquant les équipes de premier plan durant la saison, en raison du coût exigé pour les joueurs de location. 

Par exemple, l'an dernier, pour acquérir les services de Kevin Shattenkirk, les Capitals de Washington avaient dû céder Zach Sanford, Brad Malone, un choix de 1re ronde en 2017 et un choix conditionnel de 2e tour en 2019 aux Blues de St. Louis.

Video: WSH@PIT, #3: Shattenkirk marque en prolongation

L'année précédente, soit en 2015-16, les Blackhawks avaient ajouté de la profondeur à leur formation avec la venue d'Andrew Ladd. Par contre, ils avaient payé le gros prix, en cédant Marko Dano, un choix de 1re ronde en 2016 et un choix conditionnel de 3e tour en 2018.

Donc, afin de recevoir un joueur de location qui pourrait potentiellement les aider à faire un bon bout de chemin dans les séries - sans aucune garantie - les directeurs généraux doivent sortir leur portefeuille au risque d'hypothéquer le futur de leur formation. 

Une situation pas trop enviable qui explique pourquoi certains DG préfèrent échanger un joueur vedette pour obtenir gros en retour.

Quels sont ces gros noms susceptibles de partir?

Karlsson, 27 ans, est celui qui fait le plus jaser dernièrement. Même si Dorion avait mentionné que sa priorité serait de s'entendre avec son capitaine à long terme et le garder à Ottawa, il est conscient que certaines formations seraient prêtes à payer cher pour obtenir ses services.

L'attrape dans tout cela, selon Darren Dreger de TSN, c'est que si une équipe veut Karlsson, dont l'entente sera encore valide la saison prochaine, elle devra aussi accepter d'engloutir le lourd contrat de Bobby Ryan, auquel il reste quatre saisons à 7,25 millions $ sur la masse salariale. 

À Montréal, c'est le nom de Pacioretty qui retient l'attention. Si Bergevin décide de s'en départir, le capitaine du CH risque d'être un des attaquants les plus recherchés sur le marché, car, après tout, il n'a que 29 ans et il compte cinq saisons de 30 buts ou plus à son actif. Or que vaut-il?

À Buffalo, les recruteurs spéculent que la facture pour Evander Kane serait composée d'un choix de première ronde, un espoir et un joueur évoluant dans le circuit. Donc, le prix exigé pour Pacioretty risque d'être plus élevé encore. L'Américain aura encore une saison à son contrat.

Puis, dans la Grosse Pomme, voilà que le nom de Ryan McDonagh a fait son entrée au sein de la machine à rumeurs, aux côtés de Rick Nash et Michael Grabner, qui eux seront joueurs autonomes au terme de la campagne. 

La valeur risque d'être élevée pour un défenseur de sa trempe. L'Américain de 28 ans aura une année restante à son contrat. 

Malgré tout, Dreger souligne que les Rangers auraient intérêt à attendre à cet été avant de transiger dans son cas. À suivre…

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