Skip to main content

Les funérailles de Henri Richard se tiendront en privé

Le dernier adieu à la légende des Canadiens se fera avec la famille rapprochée uniquement en raison des préoccupations liées au coronavirus

par Dave Stubbs @Dave_Stubbs / Journaliste NHL.com

MONTRÉAL - Le dernier adieu à la légende des Canadiens de Montréal Henri Richard, lundi, sera aussi discret et réservé que l'homme lui-même.

Une séance de visites de quatre heures et demie prévue par la famille Richard dans un complexe funéraire au nord de Montréal a été annulée vendredi en raison de la réglementation imposée par le gouvernement du Québec, qui interdit les rassemblements de plus de 250 personnes dans des lieux clos pour prévenir la propagation du coronavirus.

À LIRE AUSSI : Henri Richard a inspiré les Canadiens selon Cournoyer et LafleurHenri Richard était un joueur populaire dans la famille Julien« Henri Richard a été l'un des vrais géants de ce sport » - Gary Bettman

Maintenant, les funérailles seront célébrées en privé par la famille rapprochée de Richard, ce qui est plutôt représentatif de l'homme qui a toujours priorisé sa famille au cours de sa vie. Sa carrière de hockey n'est qu'un bémol selon son propre point de vue.

Richard, qui détient le record de la LNH avec 11 titres de la Coupe Stanley, était à un seul championnat d'avoir participé à la moitié des 24 conquêtes des Canadiens, équipe avec laquelle le membre du Temple de la renommée a joué chacune de ses 1439 parties de saison régulière et de séries éliminatoires de 1955 à 1975.

Mais pour comprendre l'homme qu'était Richard, il faut avoir lu la note publiée sur la page des avis de décès dans un journal de la région de Montréal le 11 mars, cinq jours après qu'il soit décédé à l'âge de 84 ans à la suite d'un long combat contre la maladie d'Alzheimer.

Video: Les 100 plus grands de la LNH : Henri Richard

Pas plus gros qu'un signet de cinq centimètres de large et 14 de haut, précédé d'une sobre photo, l'avis de 114 mots faisait mention de la femme de Richard, Lise Villiard, ses cinq enfants et leurs conjoints, ses 10 petits-enfants et quatre arrière-petits-enfants.

On y trouvait des détails sur les funérailles et sur l'endroit où des dons pouvaient être faits à la mémoire de Richard.

Il n'y avait pas un mot sur sa carrière de hockeyeur.

L'avis de décès était fidèle à ses souhaits. Extrêmement fier de ce qu'il avait accompli sur la glace et de sa relation de près de 70 ans avec l'organisation des Canadiens, Richard disait souvent que sa vie était entièrement consacrée à sa famille.

« Ça, a affirmé Denis Richard, un de ses fils. C'est la personne qu'était mon père. »

La carrière et l'héritage de Richard ont été célébrés au Centre Bell le 10 mars avant l'affrontement entre les Canadiens de Montréal et les Predators de Nashville. Un hommage vidéo a été suivi d'un moment de silence symbolique de 16 secondes, le numéro porté par Richard durant toute sa carrière et qui est retiré et affiché dans les hauteurs du Forum de Montréal, maintenant du Centre Bell, depuis 1975.

Video: MTL@FLA : Un moment de silence pour Henri Richard

Lundi après-midi, famille et amis devaient se réunir à Laval pour faire un dernier adieu à un homme qui, sur la glace comme en dehors, en menait bien plus large que ses 5-pieds-7 et 160 livres. La réalité actuelle a toutefois contraint la réunion.

« Je suis désolé que nous ayons à restreindre l'accès à la famille seulement, mais nous n'avions pas le choix », a expliqué Denis Richard, tard vendredi. « Nous devons nous montrer responsables envers la santé publique. »

La famille Richard espérait initialement tenir son mémorial le 12 mars.

« Mais nous avons constaté que les Canadiens avaient un match ce soir-là (à domicile contre les Sabres de Buffalo) et nous ne voulions pas gêner les gens », a dit Denis Richard.

Ni la famille ni personne d'ailleurs n'avaient la moindre idée que la LNH mettrait sa saison en pause ce matin-là dans le but d'aider à endiguer la pandémie du coronavirus.

Dorénavant, la cérémonie prévue le 16 mars se veut accidentellement symbolique, puisque la date correspond au numéro que portait Richard. De plus, cela survient 65 ans jour pour jour après que son frère aîné, Maurice « Rocket » Richard, ait été suspendu à la suite d'une cinglante bataille au Garden de Boston le 13 mars 1955, d'où en découleront des conséquences historiques.

Suspendu pour les trois derniers matchs de la saison régulière 1954-55 et pour l'entièreté des séries éliminatoires, Maurice Richard était présent au Forum le 17 mars pour la partie de son équipe face aux Red Wings de Detroit. Ce soir-là, il sera témoin de la rage des partisans et l'émeute qui s'en suivra dans l'amphithéâtre et dans les rues du centre-ville de Montréal, donnant naissance à une révolution politique au Québec.

À l'âge de 19 ans, Henri Richard allait participer à son premier camp d'entraînement six mois plus tard, avec Maurice, le 12 octobre 1955. Après un impressionnant essai de trois matchs, il signait son premier contrat avec l'équipe.

Il a été gribouillé au stylo à bille par le directeur général Frank Selke sur une page de calendrier vieux de 2 ans, un accord à deux volets qui rapporterait à Richard une prime de signature de 5 000 $, 7 000 $ pour la saison 1955-56 et 8 000 $ pour 1956-57. S'il était rétrogradé aux Royaux de Montréal dans la Ligue de hockey senior du Québec, il allait toucher 5000 $.

Il n'aura jamais disputé une seule rencontre dans les mineures.

Certains suggèrent que le puissant Rocket était prêt à prendre sa retraite en 1955, épuisé par les abus physiques et psychologiques subis dans le monde du hockey. Il avait longtemps servi de pion à une époque politiquement surchargée. Il n'est resté, disent certains, que pour prendre soin de son petit frère Henri, qui était 15 ans plus jeune.

« Ce n'est pas vrai, affirme Maurice Richard Junior, un des fils du Rocket. Mon père avait encore beaucoup de bon hockey à offrir. »

Le premier match de Maurice suivant sa suspension impopulaire est survenu le 6 octobre 1955, une victoire de 2-0 contre les Maple Leafs de Toronto. C'était aussi un premier match dans la LNH pour Henri, à peine 150 livres - une des trois parties qu'il aura jouées avant de signer son contrat officiel.

Le premier des 358 buts de Henri est arrivé le 15 octobre face aux Rangers de New York, alors qu'il évoluait avec les futurs membres du Temple Jean Béliveau et Bert Olmstead.

L'entraîneur Toe Blake ne voyait pas d'urgence à mettre les deux frères sur un même trio, disant penser « qu'ils pourraient être trop nerveux ensemble. De plus, je pense que [le Rocket] pourrait laisser passer de nombreuses occasions de marquer pour donner la rondelle à Henri. »

Mais le 22 octobre, composant avec plusieurs blessures au sein de sa formation, Blake les a finalement réunis. Henri a marqué deux fois et a obtenu une passe sur un but de son frère dans une victoire de 6-0 au Forum. Le féroce ailier Dickie Moore les complétait parfaitement; Henri a amassé 40 points (19 buts, 21 passes) à sa saison recrue.

Les frères ont participé à la série sans précédent de cinq championnats consécutifs des Canadiens de 1956 à 1960, les cinq premières saisons de Henri dans la LNH, les cinq dernières du Rocket.

Plusieurs ont pensé que Henri échouerait sans la présence du Rocket. Mais Blake croyait que la vitesse fulgurante de Henri faisait de Maurice un joueur encore meilleur, améliorant son talent de fabricant de jeu.

Un article du magazine Maclean publié en mars 1958 par Trent Frayne rappelle que Henri, 6 ans, se rendait au Forum, coincé entre ses parents pour regarder Maurice, jeune vedette déjà. Deux ans plus tard, en 1944, Henri allait être témoin du Rocket devenant le premier joueur de l'histoire de la LNH à marquer 50 buts en une saison.

À l'âge de 6 ans, Henri passait des heures et des heures sur un ruisseau gelé près de la maison familiale à Montréal, ses premiers patins ayant été un cadeau de son célèbre grand frère. Quatre ans plus tard, son bâton planté dans un banc de neige, il patinait avec Lise Villiard, la petite amie d'enfance qu'il épousera au printemps 1956.

À peine sorti de l'adolescence, Henri sentait l'ombre de Maurice, même s'il restait lui-même, évoluant progressivement vers le meilleur joueur polyvalent. Trois saisons après le début de sa carrière, il se demandait à haute voix quel héritage il pourrait éventuellement laisser après celui de son frère légendaire.

« Lorsque Maurice sera parti, si je ne fais pas aussi bien qu'il l'a fait - et c'est certain que je ne ferai pas aussi bien - mais si je ne joue vraiment pas bien, les gens vont se souvenir de lui et vont assurément avoir des critiques à mon endroit. »

Avec 11 Coupes Stanley, son numéro 16 retiré, membre du Temple de la renommée qui a été élu parmi les 100 plus grands joueurs de la LNH lors du Centenaire de la Ligue en 2017, Henri Richard n'aurait pas dû s'en faire.

Photos: HHoF Images, Getty Images, Classic Auctions

En voir plus

La LNH a mis à jour sa Politique de confidentialité en date du 27 février 2020. Nous vous encourageons à la lire attentivement. La LNH utilise des témoins, des pixels espions, et d'autres technologies similaires. En utilisant les sites Web de la LNH ou d'autres services en ligne, vous acceptez les pratiques décrites dans notre Politique de confidentialité et nos Conditions d'utilisation, ce qui inclut notre Politique à l'égard des témoins.