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Les Flames ont-ils finalement trouvé la solution?

Les progrès de la formation albertaine sont remarquables

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Les Flames de Calgary ne se sont jamais vraiment relevés du départ de Mike Keenan, après la saison 2008-09. Ils n'ont participé aux séries éliminatoires qu'une seule fois depuis, mais il semble bien qu'on ait fini par trouver le moyen de reconstruire un nouveau noyau de joueurs performants. Le processus n'est pas encore abouti, mais les progrès sont bien réels.

Au cœur de cette relance se trouve le choix de première ronde du club au repêchage de l'été dernier, Matthew Tkachuk. Dans l'ombre de Patrick Laine et d'Auston Matthews, le fils de Keith s'est trouvé une place de choix sur un des meilleurs trios de la LNH. Des sept trios qui ont joué plus de 500 minutes ensemble (selon Corsica.Hockey) au cours de la présente saison, l'unité constituée de Tkachek, Mikael Backlund et Michael Frolik est la plus dominante. 

Ces trois joueurs aident leur équipe à obtenir plus de 57 pour cent des tirs vers le filet et 55 pour cent des « buts prévus » (un indice visant à pondérer les tirs en fonction de leur qualité). Seul le trio constitué de Ryan Kesler, Andrew Cogliano et Jakob Silfverberg se compare à eux. Ils obtiennent 55 pour cent des tirs et 58 pour cent des buts prévus.

Ces performances sont d'autant plus saisissantes que ce trio joue un rôle particulièrement ingrat. À cinq contre cinq, on leur a confié 284 mises en zone défensive contre 138 seulement en zone offensive. Cogliano, Kesler et Silfverberg, qui jouent aussi un rôle défensif, ont eu droit à un ratio de 217 contre 278. À l'autre extrémité du spectre, Artemi Panarin, Artem Anisimov et Patrick Kane ont disputé 230 mises en zone offensive contre 49 seulement en zone défensive!

Il est assez incroyable de constater, dans ce contexte, à quel point ils ont bien fait. Panarin, Anisimov et Kane ont obtenu 30 buts et en ont concédé 19 à forces égales; Tkachuk et ses sbires en ont marqué 27 et en ont accordé 13.

On a par contre encore de la difficulté à stabiliser le reste de l'alignement. Le gros problème est qu'on ne semble pas capable de trouver un ailier droit capable de fonctionner avec Sean Monahan et Johnny Gaudreau. Ces deux surdoués sont presque toujours associés l'un à l'autre depuis le début de la saison, mais on a souvent hésité; ce graphique du site hockeyviz.com en est un exemple frappant. On y constate qu'Alex Chiasson, Troy Brouwer et maintenant Micheal Ferland se sont succédé sur le flanc droit. Seul Kris Versteeg, qui connaît une saison somme toute honorable, n'a pas été appelé à leurs côtés. Il semble qu'on a décidé de réserver le vétéran pour le jeune Sam Bennett. L'absence continue de solution à l'aile droite reste donc une épine au flanc du club et on peut s'attendre à ce que les Flames cherchent à boucher ce trou sur le marché des joueurs autonomes.

La brigade défensive est elle aussi encore en fluctuations, mais on sent que les choses se stabilisent là aussi. Le meneur incontesté du groupe demeure Mark Giordano, qui forme la première paire avec Dougie Hamilton. Le sort de T.J. Brodie est plus difficile. Surtout associé au vétéran Dennis Wideman, on l'envoie maintenant au front avec Michael Stone, acquis dernièrement. Wideman, qui reste désormais dans les gradins même s'il est en santé, semble avoir joué son dernier match avec les Flames (son contrat vient à terme en fin de saison).

Stone représente-t-il une solution à long terme? Je n'en suis pas certain. Tout semble indiquer que Stone, ne prenons pas de gants blancs, n'est pas très bon. Certes, il est jeune (26 ans), ne coûte pas trop cher (4 millions $ et il en est à sa dernière année de contrat) et a obtenu 36 points l'an dernier, mais il semble que ces beaux succès étaient essentiellement le fait d'Oliver Ekman-Larsson. Depuis deux ans, avec Ekman-Larsson, il obtient 50 pour cent des tirs vers le filet, un taux qui plonge à 43 pour cent sans lui (OEL plonge aussi, mais à 47 pour cent). C'est encore plus affreux avec son partenaire de la présente saison, Alex Goligoski; ensemble ils ont obtenu 43 pour cent des tirs, un taux qui demeure identique pour Stone sans Goligoski, alors que ce dernier passe à 47 pour cent des tirs obtenus, lorsque libéré de Stone.

Peut-être que Stone va trouver un meilleur équilibre dans sa nouvelle équipe, mais je ne serais pas surpris qu'à terme, il soit destiné à la troisième paire défensive. Si les Flames ne font pas l'acquisition d'un droitier plus aguerri l'été prochain, c'est qu'on s'en sert donc plutôt comme solution temporaire, en attendant que le jeune Oliver Kylington (qui fait ses classes dans la LAH) soit prêt à monter dans le top-4.

Les Flames semblent en bonne position pour participer au tournoi printanier, leurs 76 points les plaçant confortablement devant les Kings de Los Angeles (68 points), les Blues de St-Louis (67 points) et les Jets de Winnipeg, trois équipes qui performent de manière fort inégale. Ce groupe n'ira peut-être pas très loin au printemps, mais va y glaner une expérience importante qui leur permettra de bâtir sur du solide dès l'an prochain, alors que les Flames seront assurément un club à surveiller.

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