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Les Blues sont-ils en train de rater le train ?

L'équipe qu'on était en droit de placer parmi les favoris en début de saison se trouve maintenant dans une position de plus en plus précaire

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

On attendait beaucoup des Blues de St. Louis cette saison. Entre le départ de David Backes pour Boston, l'arrivée à terme des contrats de Kevin Shattenkirk et Colton Parayko et le départ annoncé de l'entraîneur Ken Hitchcock à la fin de la saison, la pression est forte. On veut gagner, aller loin en séries. Mais rien n'y fait, depuis le début du mois de décembre, l'équipe n'a qu'une seule séquence de deux victoires à son actif. Que se passe-t-il ?

Premièrement, on éprouve de sérieux problèmes de discipline, ce qui plombe d'emblée les résultats des Blues. Sixième équipe la plus punie de la ligue, les Blues ont, au-delà du total brut de pénalités prises, une relation particulièrement destructive à la discipline. L'équipe est cinquième pour le nombre de pénalités mineures et, surtout, au premier rang, ex aequo avec les Sénateurs d'Ottawa pour les pénalités de banc.

Mais le jeu à forces égales, traditionnellement une force des équipes de Ken Hitchcock, traîne lui aussi de la patte. Après un début de saison pénible, les choses se sont replacées, mais sans plus.

Les Blues ont jusqu'ici été frappés de deux maux bien différents. En début de saison, les tireurs de l'équipe sont incapables de profiter de leurs chances de marquer. Et, depuis le mois de novembre, les gardiens n'en finissent plus d'éprouver des difficultés.

À l'échelle de la saison, les résultats sont catastrophiques : 30e pour le taux d'arrêts (90,4 pour cent des tirs sont arrêtés, selon corsica.hockey). Le plus terrible, pour les Blues, c'est qu'on n'est pas ici en présence d'une faiblesse assumée dès le départ. Certes, Brian Elliott, aujourd'hui parti, a donné de très bonnes performances à son équipe depuis cinq ans, plus particulièrement l'an dernier.

Mais Jake Allen devait prendre la relève. Après avoir affiché un taux d'arrêts de 92,8 pour cent lors de sa dernière saison dans la Ligue américaine de hockey en 2013-14 (il est alors âgé de 23 ans), Allen a sauvé 0,14 et 0,20 but de plus qu'un gardien moyen par heure jouée au cours de ses deux premières saisons dans la LNH.

On ne parle pas de performances dignes d'un gardien étoile (les Henrik Lundqvist et Carey Price de ce monde sauvent environ 0,5 but par heure jouée à 5 contre 5), mais quand même de performances nettement au-dessus de la moyenne.

Mais cette saison, Allen s'est complètement effondré et le vétéran Carter Hutton a fait encore pire. Hutton n'a jamais vraiment performé à un niveau proche de la moyenne des gardiens de la LNH, on ne doit donc pas s'étonner de ses résultats.

Tout ça débouche sur une situation des plus épineuses. Allen est encore jeune et a fait ses preuves à tous les niveaux. On doit donc espérer qu'il retrouve ses moyens (à moins qu'il ne cache une blessure ?), mais le temps commence à manquer.

Les Blues se retrouvent coincés dans une lutte impliquant sept clubs pour trois places en séries éliminatoires de la Coupe Stanley.

Troisièmes de la section Centrale, les Predators sont tout juste devant les Blues parce qu'ils ont le même nombre de points et un match en main (qu'ils auront rattrapé lorsque vous lirez ces lignes). Les blessés reviennent tranquillement au jeu, à Nashville, et si Pekka Rinne en arrache, le jeune Juuse Saros semble prêt à faire la différence. Si on ose accélérer le changement de garde, Peter Laviolette pourrait donner un sérieux coup de pouce à ses troupes.

Autre équipe présentement qualifiée, les Flames de Calgary ont eux aussi 51 points, mais ont disputé deux matchs de plus et semblent s'enliser, leurs succès semblant présentement reposer sur un seul trio, celui de Michael Frolik, Matthew Tkachuk et Mikael Backlund.

Viennent ensuite les challengers. Les Canucks de Vancouver (50 points) sont incapables de maintenir l'avantage aux chances et aux tirs depuis le début de la saison, mais sont portés depuis une vingtaine de matchs par un regain de vie inespéré de Ryan Miller. Les Kings de Los Angeles (qui n'ont joué que 46 matchs) sont dans la situation inverse : dominants comme toujours en possession de rondelle, ils doivent composer avec le fait que Peter Budaj, sorti de nulle part, semble maintenant revenir sur terre. S'ils peuvent tenir le coup jusqu'au retour de Jonathan Quick, et si ce dernier revient en février et en santé, ils seront très difficiles à retenir.

Enfin, les Stars de Dallas et les Jets de Winnipeg doivent encore être considérés, même si leurs chances sont beaucoup plus faibles. Winnipeg a 48 points comme les Kings, mais en 49 matchs et leur présent regain de vie semble en partie dû au retour improbable d'Ondrej Pavelec. Peut-il refaire le coup de Budaj ? Quant aux Stars, les remaniements apportés à la défensive au cours de l'été semblent leur avoir sauté au visage. La présence de Jamie Benn, Tyler Seguin et John Klingberg signifie que l'embâcle offensif peut sauter à tout moment, mais ce sera dans un rôle de troubles-fêtes. 48 matchs joués, 19 victoires en temps réglementaire ou en prolongation (les Blues et les Flames en ont 22) et 47 points signifient que le retard accumulé est déjà considérable.

Les Blues, qu'on était en droit de placer parmi les favoris en début de saison, sont donc dans une position de plus en plus précaire, sur la foi d'une contre-performance soutenue d'un joueur pourtant dans la fleur de l'âge. Les autres équipes le voient bien, ce qui rend difficile toute transaction pour enlever un peu de pression sur les épaules d'Allen. Pour reprendre l'expression consacrée : on va devoir trouver des solutions à l'interne.

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